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Vu de Bruxelles : La Cinematek de Belgique en version numérique

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    Face à une croissante annuelle du stock de plus de 2 000 titres (5 000 copies), le programme actuel de numérisation porte seulement sur 300 titres par an. (Photo via Visual hunt)
  • La Cinémathèque royale de Belgique vient de lancer un vaste programme de numérisation de ses collections. Ce chantier s'apparente à une course contre la montre en raison du nombre de copies à digitaliser.

    [De notre correspondant à Bruxelles] Fondée en 1938, la Cinémathèque royale de Belgique (Koninglijk Belgisch Filmarchief, en néerlandais) est une des plus anciennes et des plus importantes d’Europe. Elle répond à trois objectifs précis et coordonnés : la gestion d’un musée du cinéma, le développement d’un centre de documentation, la conservation et restauration de films.

    Rebaptisé Cinematek en 2009 afin de rappeler sa vocation nationale et biculturelle, le musée du cinéma dispose d’une salle permanente à Bruxelles (contiguë au Palais des Beaux-Arts) et programme des présentations journalières à partir des documents filmés en sa possession. Régulièrement des séances sont aussi organisées dans les principales villes du pays.

    Un centre de documentation spécialisé

    Son centre de documentation, proche du musée, vise à réunir la documentation la plus large possible concernant le domaine cinématographique, et à assurer sa conservation et son catalogage. Il possède actuellement plus de 60 000 livres, 750 000 photographies, 3 millions de coupures de presse, 3 000 périodiques ainsi qu’une riche collection de catalogues de festivals, d’affiches ou de scénarios de films. Ce qui constitue l’une des principales collections mondiales dans ce domaine. Une salle de lecture permet la consultation sur place.
    Il développe actuellement un vaste programme de numérisation. Réalisé en interne et en externe, il offre déjà plus de 1,2 millions de références consultables en ligne. La rénovation de son infrastructure informatique est en cours et devra permettre prochainement de disposer d’un système central plus performant (progiciel Organon).

    Conservation et restauration de films

    La conservation des collections acquises constitue la priorité principale de la Cinémathèque. Elle dispose de trois dépôts (avec température stable de 5%), deux à Bruxelles  pour les films couleur et récents et un à Namur, dans les caves d’une ancienne citadelle, pour les films sur pellicule à base de nitrate qui sont hautement inflammables, totalisant près de 13 000 mètres carrés.

    Le stock conservé atteint actuellement plus de 77 000 titres, dont 10 000 "belges" (soit 190 000 copies) y compris des films datant du début du cinéma avec des reportages effectués par des opérateurs des Frères Lumières dans les principales villes belges en 1897.

    La Cinémathèque jouit d’une expérience reconnue internationalement dans la restauration de films. Ces activités se font en interne sur plusieurs postes de travail, d’abord afin de sauvegarder le patrimoine belge, ensuite sur des films étrangers dont une seule copie existe encore et, finalement, à la demande de producteurs étrangers ou de cinémathèques étrangères. 

    Un Digilab

    Pour assurer leur sauvegarde et leur conservation, un important programme de numérisation est en cours de développement et a suscité la création d’une entité spécialisée Digilab en 2012. Celle-ci utilise principalement deux scanners, l’un (de 2K, soit environ 2048×1080 pixels) offre la possibilité de numérisation en temps réel, le second (de 4K, soit environ 4096×2160 pixels) permet des interventions plus pointues. Mais ce programme se heurte à certains défis tels que son coût élevé, l’absence de normes techniques harmonisées ou des aspects techniques spécifiques (comme, par exemple, le maintien du spectre colorimétrique de l’analogique au numérique). Sans oublier la question des droits d’auteur !
    Une base de données est aussi en cours de réalisation. Outre les métadonnées standards, elle offrira des possibilités de recherche via un vocabulaire contrôlé, basé sur les normes de l’International Federation of Film Archives (FIAF). 

    Une course contre la montre

    Face à une croissante annuelle du stock de plus de 2 000 titres (5 000 copies), le programme actuel de numérisation porte seulement sur 300 titres par an. Seul un accroissement significatif de son budget, provenant de pouvoirs publics ou de mécènes, et le développement d’une collaboration plus intense avec d’autres cinémathèques pourraient lui permettre de répondre pleinement à ce défi.

    Mais, grâce à l’enthousiasme et à la compétence de son personnel, la Cinémathèque royale maintient son statut d’institution de référence et poursuit une politique ambitieuse dans la réalisation de ses missions. 

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    Commentaires (2)

    • Portrait de e.fremau@arkhenum.fr

      Bonjour, sur les 750 000 photographies détenues par la Cinemathek, plus de 100 000 sont en cours de numérisation par le prestataire Arkhênum. Vous pouvez voir ce projet en action en image : https://www.facebook.com/arkhenum/posts/879065838870681 Cordialement Arkhênum

      aoû 29, 2016
    • Portrait de FILMFORLIFE

      La Cinémathèque devrait contacter www.celluloid-angels.com (crowdfunding pour la restauration des films) il y a sûrement des collections qui peuvent intéressées le grand public

      sep 05, 2016

    Le chiffre du jour

    44
    C'est le pourcentage d'hommes français qui se sont rendus sur un réseau social au cours des trois derniers mois. Il s'agit du plus bas taux en Europe !

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