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Patrimoine : Safran centralise son histoire pour mieux la valoriser

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    Films conservés après reconditionnement au sein de l’espace patrimoine de Safran en 2015. (DR)
  • Sommaire du dossier :

    Retour sur le projet du groupe Safran d'optimisation et de valorisation en interne de la gestion de son patrimoine archivistique. Preuve que si le groupe industriel est résolument tourné vers l'avenir, il n'en renie pas moins son passé.

    Cela fait dix ans que le groupe Safran a décidé de s'investir dans la conservation, la gestion, la communication et la valorisation de son patrimoine en créant un service dédié : l'espace patrimoine Safran. Sa mission : regrouper puis valoriser l'ensemble des fonds iconographiques et audiovisuels de toutes les sociétés appartenant au groupe afin d'optimiser leur gestion, de partager les compétences, ainsi que d'en simplifier l'accès et la valorisation en interne comme en externe.

    De 2008 à 2013, le responsable de ce service, Dominique Prot, s'attache donc à mettre en place des conventions bilatérales entre Safran SA et les onze sociétés de rang un du groupe pour le transfert de leurs fonds patrimoniaux iconographiques et audiovisuels au sein de l'espace patrimoine. Un travail de titan au regard des nombreux établissements dépendant chacun de ces onze sociétés mères ainsi que de la diversité des fonds à récupérer (photos argentiques, négatifs, diapositives, plaques de verre, films vidéo, cassettes, etc.).

    "Au départ, j'étais seul pour tout gérer avec l'aide d'apprentis ou de stagiaires, explique Dominique Prot ; aujourd'hui nous sommes deux et avons réussi à récupérer au fil de l'eau les deux tiers des fonds. Mais la démarche comme les volumes sont exponentiels".

    Numérisation externalisée

    C'est sur le site de Villaroche, en Seine-et-Marne, à cinquante kilomètres de Paris, que sont réceptionnées les archives, où elles sont ensuite récolées et reconditionnées dans des contenants adéquats. La numérisation commence en 2008, dès la récupération des premiers documents. Pour ce faire, Safran fait alors appel à différents sous-traitants, selon les fonds à numériser.

    La numérisation des archives vidéo et audio est confiée au laboratoire de la société VDM, basée à Issy-les-Moulineaux. Afin d'éviter de consacrer un temps déraisonnable au visionnage de toutes les archives, il a été décidé qu'aucun choix ne serait réalisé entre les documents. 2 000 bobines de films de 8 mm, 16 mm et 35 mm, 150 bandes son des mêmes formats, 4 800 cassettes vidéo et 240 cassettes audio sont alors traitées.

    "VDM assure la transcription des bandes, permettant de réinjecter les mots-clés directement dans le logiciel, s'enthousiasme Dominique Prot ; certes, le système n'est pas fiable à 100 %, mais on arrive à remonter beaucoup d'informations".

    L'ensemble de ces archives est aujourd'hui dématérialisé, à l'exception de quelque 300 cassettes vidéo restant encore à numériser. 

    Du côté des fonds iconographiques, seuls 10 à 20 % des 1 300 000 supports feront, à terme, l'objet d'une politique de numérisation. Actuellement, c'est la société Everial, basée à Châlon-sur-Sâone, qui se charge de leur traitement et de celui des 500 microfilms. Les plus anciens datent de 1920. Et sur les 12 000 documents papier récupérés (revues, plaquettes, notices, etc.), Everial est également chargée d'en numériser 8 500 (soit 500 000 pages). Au programme de la prise en charge : une numérisation haute définition avec livrables multiples (formats et poids de fichier) sur disque dur, et une indexation technique selon la nomenclature de Safran. 

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    Valorisation en interne

    Afin de valoriser toutes ces archives, Safran disposait déjà en interne du logiciel de gestion de photothèque numérique Ajaris d'Orkis. La mise à disposition sur une médiathèque interne pour tous les employés du groupe de l'ensemble des documents iconographiques et papier a donc été particulièrement aisée et couplée avec la valorisation d'une partie d'entre eux dans l'onglet "histoire" de l'intranet. Une médiathèque externe est aussi disponible pour les chercheurs.

    "Nous pouvons désormais mettre nos documents à la disposition des chercheurs bien plus facilement qu'avant, explique Dominique Prot ; à leur demande, nous pouvons en quelques secondes leur envoyer une quinzaine de photos miniatures pour qu'ils puissent faire leur sélection".

    En revanche, les fonds audiovisuels sont, eux, uniquement mis à la disposition des services communication, en consultation et en téléchargement.

    Aujourd'hui, 2 000 mètres linéaires d'archives iconographiques et papier occupent les locaux de l'espace patrimoine de Safran. Le fonds de film, lui, est pour le moment stocké chez un prestataire. 

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    Nombre d’entreprises ont dans leurs armoires et leurs serveurs un véritable trésor : leurs archives. Prenant conscience de leur potentiel, des projets de valorisation se montent.
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