Publicité

Vu de Belgique : le Mundaneum, un lieu où passé, présent et futur se côtoient

  • Mundaneum.jpg

    Mundaneum
    Le site du Mundaneum à Mons en Belgique. (Mundaneum)
  • Il y a plus d'un siècle, le bibliographe belge Paul Otlet imaginait un projet documentaire sans précédent : regrouper, classer et diffuser tout le savoir humain. Retour sur une idée qui n'a pas échappé à la sagacité de Google.

    [De notre correspondant à Bruxelles] Peu avant la Première Guerre mondiale, Paul Otlet, un visionnaire épris de pacifisme, envisagea un projet particulièrement ambitieux : regrouper tout le savoir humain, le classer et le mettre à la disposition du public le plus vaste possible, espérant de la sorte contribuer à l’instauration d’un monde plus éclairé et donc plus pacifique.

    Un passé futuriste…

    Avec l’aide d’un ami, Henri La Fontaine - qui recevra le prix Nobel de la Paix en 1913 -, il entama en 1895 la création d’un Office international de bibliographie à Bruxelles, qui prit ultérieurement l’appellation de Mundaneum et qui aura pour vocation la constitution d’un vaste fonds documentaire conçu dès le départ "multimédia", puisque traitant non seulement les livres et articles imprimés, mais aussi les affiches, les dessins, les journaux, les photos ou tous autres supports, et d’un Répertoire bibliographique universel qui comptera plus de 18 millions de fiches indexées selon la classification décimale universelle (CDU) qu’il développa à cette fin. Sa conception permet de considérer cette initiative comme le premier moteur de recherche développé.

    Ses réflexions l’amèneront à envisager les possibilités de diffusion de ces informations auprès d’utilisateurs éloignés grâce à la combinaison de postes de téléphone et de télévision, deux technologies qui se développaient à peine à cette époque ! Avec le recul, il apparaît comme un précurseur de l’internet et du web, ce qui justifie la qualification de "Google de papier" utilisée par Le Monde (19 décembre 2009).

    Victime de son ambition démesurée et des circonstances économiques et politiques, le Mundaneum cessera ses activités en 1934. Ses collections furent alors conservées de manière minimale à Bruxelles dans divers locaux disponibles, sans cependant leur assurer une gestion et un accès correspondant à leur valeur.

    Un présent dynamique

    Heureusement, sous l’influence d’anciens collaborateurs d’Otlet, la fédération Wallonie-Bruxelles prit conscience de l’importance de la sauvegarde d’un tel patrimoine et le transféra en 1998 à Mons dans un bâtiment superbement rénové et aménagé à cette intention. Le Mundaneum renaît ainsi sous la forme d’un espace muséal, d’un centre d’archivage et d’un espace d’animation et d’exposition. Il bénéficie du support d’une équipe de 14 personnes, dont 4 affectées plus spécifiquement à l’archivage et à la gestion documentaire.

    Il  expose 12 millions des fiches rédigées par Otlet et ses collaborateurs, conservées dans plus de 200 meubles en bois originaux. En sous-sol, il archive, sur 6 kilomètres de rayonnage, l’héritage patrimonial accumulé par Otlet, y compris une édition originale du Traité de documentation qu’il écrivit en 1934.
    Le Mundaneum organise aussi régulièrement des expositions ou des colloques, particulièrement dans les thématiques qui étaient les plus chères à Otlet (le pacifisme, le féminisme et l’anarchie) ou qui mettent en lumière le caractère novateur et actuel du projet initial.

    Un futur numérique

    En collaboration avec le programme "Google arts et cultures", le Mundaneum a déjà mis en ligne 11 expositions virtuelles thématiques ainsi qu’une visite de ses installations. Il propose également à ses visiteurs un jeu vidéo éducatif sur tablette (Mundaneum Web 1895) qui les guide à travers tout l’édifice de manière ludique et interactive. 

    Un vaste programme de numérisation des collections est aussi en cours en interne (au moyen d’un scanner Copybook Cobalt d’I2S Digital). À ce jour 10 % de ce programme est déjà accompli. En parallèle, il élabore un cahier des charges pour l’acquisition prochaine d’un nouveau logiciel de gestion de son catalogue. Ainsi l’ensemble des fonds archivés pourra être directement consulté et ses documents seront téléchargeables en ligne.
    L’utopie d’Otlet devient ainsi progressivement réalité, tout en conservant son but initial et son propos fondateur, le progrès technologique au service de la société.

    À lire sur Archimag

    Formulaire de recherche

    Le chiffre du jour

    C'est le nombre de documents relatifs aux attentats du 13 novembre 2015 et mis en ligne sur le site des Archives municipales de Paris.

    Nous suivre

    Publicité

    Recevez l'essentiel de l'actu !

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.