Vu de Bruxelles : Le CBBD, un écrin pour la bande dessinée

Le 03/08/2017 - Par Phillipe Laurent
Le CBBD dans un superbe bâtiment bruxellois art nouveau./ Daniel Fouss

Au cœur de Bruxelles, le Centre belge de la bande dessinée propose un parcours richement documenté sur le 9e art. ​[de notre correspondant à Bruxelles]

La Belgique, et Bruxelles en particulier, se devait de disposer d’un lieu mettant en lumière l’importance primordiale qu’ils jouèrent – et jouent encore - dans l’histoire de la bande dessinée. Le Centre belge de la bande dessinée (CBBD)  remplit ce rôle avec un grand succès.

Situé au cœur du Bruxelles historique au sein d’un superbe bâtiment bâti en 1906 par Victor Horta, l’architecte emblématique de l’Art nouveau dans la capitale belge, il offre une vaste...

...panoplie de services et d’activités orientées vers le 9e art : activités muséales, bibliothèques spécialisées, conservation et numérisation des planches originales, ateliers pédagogiques, missions d’expertise...

À signaler qu’une visite virtuelle du musée est devenue possible via Google Street View, ainsi que sur le site du Google Cultural Institute. Le Centre dispose d’un personnel équivalent à 17 temps pleins, dont 3 affectés spécifiquement à la gestion de la bibliothèque et 2 et demi à la conservation des œuvres. Le bâtiment abrite également une vaste brasserie ainsi qu’une des plus importantes libraires de bandes dessinées de Belgique.

Un centre muséal et de conservation

Il est devenu l’un des principaux musées de la ville. Ses expositions permanentes et temporaires attirent en effet chaque année plus de 200 000 visiteurs belges et étrangers. Son site internet, en 4 langues, est consulté par plus de 250 000 visiteurs par an, provenant de 190 pays différents (dont 47 000 Français).

Le CBBD abrite un nombre considérable de documents originaux de valeur, soit plus de 7 000 planches originales, illustrations, archives d’auteurs et objets divers dont la plupart ont fait l’objet de prêt ou dépôts à long terme avec leurs propriétaires (éditeurs, auteurs ou collectionneurs).

Il en assure la conservation dans les meilleures conditions grâce à ses salles de conservation spéciales qui garantissent une température et un taux d’humidité adéquats et constants. 

Toutes les planches présentées lors des expositions sont systématiquement numérisées et décrites avec précision. Le CBBD recourt à cet effet à son propre équipement de scanning et à un nouveau logiciel de gestion open source (Collective-Access), avec l’ambition de développer progressivement une importante banque de données d’œuvres numérisées consultable en ligne. 

Parallèlement, le CBBD se préoccupe de la conservation des œuvres publiées. Pour ce faire, il distingue deux statuts pour chaque publication dont il dispose : l’exemplaire « conservé » et l’exemplaire « de travail ».

Le premier est conservé dans un lieu dédié à la conservation (situé proche du CBBD) accessible seulement aux bibliothécaires du centre, le deuxième est proposé en lecture au public. 

Une bibliothèque d’étude

Outre une salle de lecture avec un vaste choix de BD dans une vingtaine de langues, le CBBD dispose d’une bibliothèque d’étude gérant plus de 100 000 documents spécialisés. Sa BDthèque est probablement la plus importante au monde. Elle propose également une large collection de revues et plus de 5 000 ouvrages théoriques. 

La consultation des documents se fait obligatoirement sur place, mais le CBBD peut fournir des photocopies ou des scans à la demande. Le choix récent du logiciel libre PMB permet la consultation en ligne du catalogue.

À toutes ces activités, il faut encore ajouter des missions d’expertise et de collaboration avec des centres belges et étrangers qui font appel à son expérience et savoir-faire.

Un bilan plus que positif pour un organisme de statut privé, dont le budget annuel dépend à près de 90 % de recettes propres (dont 75 % générées par les entrées).

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