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Au Québec, les syndicats numérisent leurs archives

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    Un seul format de numérisation a été prio- risé, soit des images en TIFF, améliorées au besoin dans Photoshop. « De ces images, nos propres PDF et PDF/A ont été créés », mentionne Yves Lacroix, archiviste à la CSN. (DR)
  • La Confédération des syndicats nationaux du Québec a lancé un important chantier de numérisation de ses archives. Un projet qui donne une visibilité inédite à l’histoire syndicale de la Belle Province.

    [de notre correspondante à Montréal]

    Qui aurait pu imaginer toute la richesse de 22 000 pages d’histoire syndicale ? Archiviste à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) du Québec, et en vue de la préparation du centenaire de celle-ci, Yves Lacroix a piloté un projet de numérisation des archives. La qualité médiocre des microfilms et le manque de recherche en plein texte rendaient le repérage difficile. Quand on demandait à l’archiviste s’il existait un index, il répondait : « L’index, c’est moi » ! La naissance de ce projet est à la fois la conjoncture de cet anniversaire et le besoin crucial d’avoir accès à distance à cette collection. Il fallait rendre publiques et disponibles des séries complètes et ce, sur le site web de la CSN.

    Ces archives regroupent les publications de l’organe officiel, disons le JO de la CSN, et une sélection d’autres périodiques à portée confédérale s’adressant à une clientèle plus ciblée. « L’organe officiel de la CSN est une longue histoire depuis 1924 », souligne l’archiviste. La collection à numériser comptait en tout une vingtaine de publications sur quelque 22 000 pages. Il n’était pas question de numériser les microfilms de mauvaise qualité, mais bien les originaux papier.

    La collection numérisée a été rendue accessible sur les « Archives numériques » du site web de la CSN. « On peut enfin retracer des luttes ou découvrir l’histoire de certains militants marquants », mentionne Yves Lacroix ; « ces recherches étaient laborieuses avant la numérisation ».

    Une préparation à trois temps

    « Oublions la magie de la numérisation », explique Yves Lacroix. Il a fallu garantir l’intégralité des séries. « Pas si simple, quand on ne sait pas ce que l’on ne possède pas », ajoute-t-il. Ce fut un vrai travail physique tel que vérifier et nettoyer chaque page, passer au massicot certaines publications tout en préservant l’intégrité des textes. La préparation intellectuelle a consisté à élaborer un seul fichier par publication, identifié par un code barres, incluant l’attribution des métadonnées. Quant à l’informatique, la préparation rigoureuse d’un fichier Excel a permis de repérer les erreurs de numérotation ou de datation et de numériser chaque publication avec ses métadonnées. Ces dernières furent dérivées automatiquement à l’aide d’un script sur le site web de la CSN.

    Un seul format de numérisation a été priorisé, soit des images en TIFF, améliorées au besoin dans Photoshop. « De ces images, nos propres PDF et PDF/A ont été créés », mentionne Yves Lacroix. Optimiser l’esthétique pour la valorisation de ce patrimoine était incontournable. Les documents en PDF conservés en local ont permis l’ajout de notes et les documents en PDF/A une fois nettoyés furent les heureux élus du site web. 

    C’était le silence complet ! 

    Sur le site web de la CSN, la recherche d’une revendication dans le secteur des garderies, par exemple, va générer à la fois des documents et des publications numérisées, grâce à l’indexation effectuée. La reconnaissance optique de caractères (ROC) permet une lisibilité d’au moins 90 %. « Quand on est parti de 0 % de repérage, on peut être satisfait ! », ajoute l’archiviste. Bien qu’imparfaite, la ROC a permis au moteur de recherche du site web de mieux intégrer les journaux numérisés en PDF/A et de les incorporer aux résultats de recherche. 
     
    « Cette nouvelle collection en infonuagique accessible depuis le site de la CSN est une avancée incroyable », dit l’archiviste. On retrouve dorénavant et beaucoup plus facilement de l’information sur des personnes ou des syndicats disparus, ce qui permet aussi d’identifier des photos jusque-là orphelines.

    « Ce projet a » confédéralisé et québécisé » les collections de l’organe officiel et a contribué à la démocratisation et à la « démontréalisation » de l’information en la rendant disponible en ligne à tous nos membres et au grand public partout au Québec », ajoute Yves Lacroix ; « c’est un bon coup, sachant que le CSN est une des plus vieilles institutions québécoises ».

    Autres projets ? 

    Oui, il faudrait numériser les affiches de nos différentes campagnes et événements et surtout les documents audiovisuels, dont les enregistrements de nos instances. « Ces derniers sont une mine d’or encore dans le coma », dit l’archiviste. « La numérisation des affiches et de la collection audiovisuelle favoriserait la renaissance, en sons et en images, de toute une période très chaude de l’histoire de la CSN », termine Yves Lacroix. 

    Élisabeth Lavigueur

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    Commentaires (1)

    • Portrait de e.fremau@arkhenum.fr

      En France, vous pouvez déjà consulter les archives de la CGT Cheminots : http://archives.cheminotcgt.fr/ ainsi que la CFDT : http://archives.memoires.cfdt.fr/ Bonne lecture L’équipe Arkhênum

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