souvenirs souvenirs : Archimag a failli être… une radio libre

 

Né de l’idée d’une bande d’amis, Archimag sort son numéro 0 en juin 1985. Les premiers mois sont turbulents…

Mars 1985 : une bande d'amis se retrouvent dans un café. Signe particulier : une passion pour l'informationi et les documents. Le premier, Julien Travers, est bibliothécaire à Laval. La deuxième, Odile Welfelé, est conservateur d'archivesi. La troisième, Delphine Fournier, termine son DESS d'archivistiquei à Mulhouse. Le quatrième est Pierre Fuzeau, historien-géographe. Et la quatrième, Louise Guerre, qui suit des cours d'informatique et qui commence à trouver long la rédaction d'une thèse de 3e cycle en géographie urbaine - elle ne sera jamais achevée. C'est le printemps, on discute et les esprits s'échauffent sur les radios libres qui sont en plein essor. On parle livres, documentationi, archives, informatique. Et nous nous disons " quels cloisonnements entre ces métiers pourtant si proches ", qui vont, nous le pressentions, tant utiliser l'informatique pour améliorer le traitement et l'accès aux informations. Et nous étions certains que l'information allait du coup bénéficier d'une expansion fulgurante, dans tous les secteurs. Quelle opportunité pour nos métiers !
 
sur une machine à écrire IBM

Qui lance l'idée en premier, personne ne s'en souvient, mais on veut créer une radio libre qui ait une approche transversale de nos métiers. L'un s'occupera de l'antenne, l'autre des sujets, etc. Lundi matin, le calme revient. Qui aurait envie d'écouter une radio libre parler de classementi, information, archives, premiers disques optiques ? Non, vraiment, ce n'est pas raisonnable. Mais alors… et si on créait un journal ? L'idée est vite adoptée et moins de trois mois plus tard, en juin 1985, le numéro 0 de la revue, intitulée Mémoire Vive au début, voit le jour : sans étude de marché, sans business plan, sans prévisionnel de dépenses et à la veille Intelligence économique.  ">i des grandes vacances… Inconscience ou privilège de la jeunesse ?
Les premiers numéros sont bimestriels, et sous-titrés "science et technique archivistique". Tout est fait sur une machine à écrire IBM à bulle appartenant à Bernard Huchet. Deux agrafes tiennent, entre deux magnifiques feuilles cartonnées oranges, vingt-trois pages A4 entièrement tapées à la machine. 1er septembre, sortie du numéro 1, avec une vraie couverture, un nouveau sous-titre, "archives, bibliothèque, documentation, informatique", et Archibald, une petite taupe qui fait office de mascotte. Le magazine se veut le " fil d'Ariane entre les archivistes, les documentalistes et les bibliothécaires ". Le ton est donné… et les premiers résultats sont là : plusieurs centaines d'abonnements avant la fin de la première année. Et un coût de fabrication qui ne devait même pas atteindre les 500 francs de l'époque.
Dans la foulée est monté le centre de formation Serda, avec à son catalogueListe des notices bibliographiques des documents que possède une bibliothèque. Il permet aux usagers et aux bibliothécaires de vérifier la disponibilité d’un document ainsi que de repérer des documents par auteur, titre, sujet, etc.">i une formation phare : savoir utiliser le minitel professionnellement. Et rapidement d'activité conseil se crée et se développe.
Quelques mois plus tard, nous changeons de nom pour Archibald Magazine. Pour une très courte durée car survient une catastrophe : le cabinet d'avocats Roy & Archibald nous informe qu'il a déposé le titre Archibald à l'Inpi dans la classe 16, celle de la presse. Nous décidons de contracter Archibald magazine pour créer Archimag, cette fois-ci déposé illico à l'Inpi. Quelque part, ce sont nos débuts dans ce qui est devenu aujourd'hui incontournable : le droit de l'information. Entre-temps, trois d'entre nous abandonnent le projet, car il est impossible de se rémunérer, et ce sera effectivement le cas pendant les deux premières années. Resteront Pierre Fuzeau, qui, au Service historique de l'armée de terre à Vincennes, est en mission de classement du fonds d'Indochine (période 1945-1954), puis de conseil en ce qui allait devenir le records management auprès des services de l'état major des Armées, et Louise Guerre, qui, après un CDD de catalogagenotices forme un catalogue">i pour enrichir la base de données environnementale Ecotek, est ensuite en mission aux Archives nationalesi pour le classement des documents de l'Orstom, organisme de recherche, avant son déménagement.
 

Le chiffre du jour

44
C'est le pourcentage d'hommes français qui se sont rendus sur un réseau social au cours des trois derniers mois. Il s'agit du plus bas taux en Europe !

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