En terme de gestion de l’informationi, toutes les étapes du cycle de vie du documenti – acquisition, traitement et diffusion – peuvent être mutualisées. Si les bénéfices d’une telle démarche restent évidents, chaque situation est unique et requiert un projet adapté à ses spécificités. Un point commun toutefois : pas de mutualisation possible sans réseau, les indispensables individus échangeant et collaborant autour de préoccupations communes. Le réseau apparaît « plus ou moins formalisé, plus ou moins procédurisé, mais toujours présent derrière toute démarche de mutualisation documentaire », explique Françoise Comet, formatrice et consultante indépendante en techniques documentaires.
1. faire usage du bon sens et rationaliser
Rationalisation et bon sens documentaire constituent le degré zéro de toute démarche de mutualisation. Pour la documentationi technique, par exemple, la mise en place de règles de rédaction standardisées permet d’éviter les ressaisies multiples.
Fabrice Barasinski, de 4Dconcept rentre dans les détails : « Nous nous appuyons, pour structurer notre documentation technique ,entre autres sur la normei Dita, édictée par le W3Ci et basée sur le standard XMLi ». Mutualiser les ressources documentaires correspond avant tout à ne pas les multiplier. Problématique comparable dans un tout autre type d’organisation avec le phénomène des consortiums de bibliothèques : plusieurs établissements se regroupent afin de négocier collectivement avec les éditeurs d’abonnement électroniques. Gabrielle van Roten, présidente du consortium national des bibliothèques universitaires suisses met en avant le bénéfice d’une telle organisation pour ses membres : « Un pouvoir d’achat collectif plus important, une acquisition de compétences pour négocier les licences, un seul signataire du contrat, une facturation centralisée… Les professionnels peuvent ainsi consacrer davantage detemps à leur coeur de métier, diffuser l’information auprès de leurs utilisateurs ».
2. diagnostiquer son organisation
Dresser l’état des lieux de son organisation avant d’engager le projet de mutualisation est essentiel. Il permet notamment de mettre en évidence les éléments justifiantl’initiative. Une analyse des besoins– par questionnaires, entretiens ou tout autre moyen pour les recueillir efficacement– constitue la deuxième étape de ce diagnostic. Il convient de n’y omettre aucun niveau : celui des gestionnaires de l’information évidemment, mais aussi celui du système d’information, celui des décideurs et bien sûr celui des utilisateurs. Enfin, il s’agit d’identifier ce qu’on veut mutualiser. Fonds dans son ensemble, thésaurus, bases de données, revues de sommaires, de presse, catalogues, mais aussi listes de diffusions, newsletters, logiciels documentaires, veillei... Un projet présente son périmètre particulier, l'exhaustivité est illusoire.
le catalogue collectifi Révodoc
« La coopération entre bibliothèques n’est plus un service supplémentaire, ni un palliatif à une situation défectueuse mais un mode d’existence normal de toute bibliothèque, qui doit être intégré à sa conception et prévu dans ses règles de fonctionnement ». Enième déclinaison d’un voeu pieu collaboratif dans l’air du temps ? Pas du tout, ainsi s’exprimait le président du Conseil supérieur des bibliothèques Michel Melot en... 1991. C’est donc peu dire que partager les ressources documentaires constitue une démarche inhérente à la nature des bibliothèques. Une expérience née en 1995 dans le Val-d’Oise, le catalogue collectif Révodoc, illustre parfaitement ce paradigme. Révodoc permet d’interroger simultanément les catalogues de vingt bibliothèques du Val-d’Oise et de réserver une partie des ouvrages afin de les faire venir dans la bibliothèque où on est inscrit. Formalisé par une charte que peut signer toute bibliothèque relevant d’une collectivité valdoisienne, Révodoc atteint sa pleine mesure depuis quelques mois et le déploiement de Moccam (Mon catalogue collectif à moi), application libre développée par la société W3 Line mettant à disposition des usagers un outil de recherche efficace et à celle des bibliothécaires un module de gestion commune des prêts.
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