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Les bibliothécaires anglais obligés de devenir auxiliaires de police

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    Selon la police de Norfolk, les bibliothécaires n'hériteront pas d'une charge de travail supplémentaire trop importante, la grande majorité des gens préférant contacter la police par téléphone . (Leo Reynolds via VisualHunt.com / CC BY-NC-SA)
  • Qu'ils adhèrent ou pas au projet, les bibliothécaires n'auront pas le choix : ils devront aider la police.

    Si les services publics britanniques n'étaient déjà pas bien vaillants, le Brexit a achevé de précipiter l'économie de la Grande-Bretagne dans une situation exceptionnellement incertaine. En ces temps d'austérité, un seul mot d'ordre : l'é-co-no-mie.

    C'est dans ce contexte que la police du comté de Norfolk, à l'est de l'Angleterre, vient de lancer un projet plutôt surprenant : s'adjoindre l'aide des bibliothécaires pour enregistrer les plaintes et les signalements des victimes de crimes et d'accidents. Une initiative très loin de remporter l'unanimité des personnels concernés.

    Signaler un crime et gérer les objets trouvés

    Le test durera six mois et débutera dès le mois septembre dans les villes de Thetford et Gorleston. Son objectif : permettre aux habitants d'accéder à plus de services de police dans les bibliothèques.

    Concrètement, les personnes ayant à signaler un crime ou un délit pourront se rendre à la bibliothèque et y recevoir l'aide du personnel pour remplir les formulaires dédiés. Les bibliothécaires pourront également répondre à des demandes de renseignements en ligne sur les objets perdus et trouvés. En cas de besoin, les bibliothécaires auront évidemment la possibilité de composer le 999 pour signaler les situations d'urgence ou composer le 101 pour les incidents moins graves.

    Combler les déficits

    "Nous avons examiné attentivement chacune des enquêtes réalisées en 2015 pour certains types de plaintes, telles que les incidents domestiques, par exemple, et chacune d'entre elles aurait pu être traitée de manière aussi efficace par d'autres moyens, a déclaré un porte-parole de la police de Norfolk ; à la fin du projet pilote, ses premiers résultats seront présentés aux officiers en chef ainsi qu'au conseil du comté de Norfolk pour évaluer si cette approche est couronnée de succès ou pas".

    "Au cours des cinq dernières années, la gendarmerie a réussi à économiser 25 millions de livres pour combler le déficit de son financement, avec un déficit encore à combler de plus de 5 millions de livres, a expliqué Simon Bailey, le chef de la police de Norfolk ; ce type de test est un moyen pour nous de réaliser ces économies grâce à des pratiques de travail plus efficaces avec nos partenaires".

    Source d'information

    Du côté du public, la nouvelle a été accueillie de façon plutôt positive :

    "Ce projet sera une extension naturelle de la façon dont les bibliothèques permettent au gens d'accéder à un très large éventail de services publics dans le cadre de son rôle de confiance et de source d'information pour les usagers par l'intermédiaire de son guichet unique"

    En revanche, les bibliothécaires s'insurgent de le côté contre ce projet qu'ils jugent "alarmant" et dont ils affirment avoir appris l'existence via un communiqué de presse. La plupart craignent que les victimes d'actes criminels puissent se sentir mal à l'aise en révélant les détails des actes qu'ils ont subi dans un lieu public. D'autres affirment qu'ils ont trop de travail par ailleurs pour proposer ce type de service de façon adéquate.

    Sécurité en bibliothèque

    "Personne ne juge cette idée fantastique, explique Corinne Fulford, vice présidente du groupe d'action Safer Thetford ; ce projet renvoie un horrible message ! Comment une bibliothèque pourrait-elle mieux assurer la sécurité de quelqu'un qu'un poste de police ?" Et d'ajouter : "les cyniques suggèrent que ce projet est un moyen de garder les bibliothèques ouvertes en leur donnant plus d'usage".

    Pour certains bibliothécaires, ce n'est pas du côté obscur de la force, qu'ils vont devoir travailler désormais, mais du côté obscur de la farce.

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