60 bibliothèques de recherche allemandes s'allient et boycottent Elsevier

Le 19/12/2016 - Par Clémence Jost
Les universités allemandes ont essayé de négocier un contrat qui aurait inclus l'accès ouvert automatique pour tous les articles publiés par des chercheurs dans leur établissement. (biblioteekje via VisualHunt / CC BY-NC-SA)

Des dizaines de grandes institutions allemandes tentent une action collective pour paralyser Elsevier.

Plus de 60 grandes universités et organismes de recherche allemands se préparent actuellement à vivre sans accès au texte intégral des revues académiques et scientifiques publiées par le groupe d'édition Elsevier. Cette décision d'annuler tous leurs abonnements a été annoncée le 13 décembre dernier en réponse au refus d'Elsevier d'adopter des "modèles d'activité transparents" et à "rendre les publications plus ouvertement accessibles". Ce boycott prendra effet le 1er janvier 2017.

La plupart de ces institutions sont adhérentes du Projet Deal, qui négocie un accord de licence à l'échelle nationale avec Elsevier dans le but de soulager les budgets d'acquisition des institutions et d'améliorer l'accès à la littérature scientifique de manière large et durable.

Hausses de prix 

"Il y a quelques jours, Elsevier a proposé une première offre pour une licence à l'échelle nationale qui ne respecte pas les principes de l'Open Access, explique la Bibliothèque nationale et universitaire Göttigen, qui fait partie du Projet Deal ; malgré sa marge bénéficiaire actuelle de 40 %, l'éditeur a toujours l'intention de poursuivre encore plus des hausses de prix" 

"Tous les participants à ce processus sont conscients des effets imminents que cela a sur la recherche et l'enseignement, ajoute l'institution ; cependant, ils partagent la ferme conviction que, pour le moment, la pression accumulée par l'action conjointe de plusieurs institutions de recherche est le seul moyen de parvenir à un résultat avantageux pour la communauté scientifique allemande".

Cercle vicieux

Ces grandes universités et organismes de recherche dénoncent le cercle vicieux dans lequel elles sont enfermées : obligées de payer des coûts très élevés pour accéder aux revues dans lesquelles les travaux ou les écrits de la recherche publiques qu'elles produisent sont publiés. Elles souhaitent donc négocier un contrat incluant l'accès ouvert automatique à tous les articles publiés par des chercheurs dans leur établissement. 

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