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Vu de Montréal : Bibliothèques et sociétés en mutation

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    La bibliothèque Monique-Corriveau, inaugurée en 2013 dans les murs de l'église Saint-Denys-du-Plateau, à Québec, contenant notamment une ludothèque, un café, une salle multimédia, une salle d'allaitement, ou encore un mur numérique. (WikipediaJeangagnon)
  • Le premier Congrès des professionnels de l'information (CPI) s'est tenu à Montréal au mois de novembre dernier. Fruit du foisonnement de plusieurs associations professionnelles (CBPQ, ASTED et SLA-SEC), ce rendez-vous a rassemblé des experts de l'information du Québec et d'ailleurs.

    [De notre correspondante à Montréal] Que de belles découvertes ! Cette première édition du Congrès des professionnels de l'information a mis en lumière tout ce qui se couve, s’innove et se réalise au Québec. Que de projets, que de bons coups. La bibliothèque du 3e lieu n’est plus un secret. Place à la lumière qui inonde abondamment les salles de la nouvelle bibliothèque de Drummondville ou aux nombreux BiblioLab et LivingLab qui créent des espaces d’immersion et d’expérience humaine. Les usagers n’attendent plus d’être servis, mais deviennent des créateurs, des acteurs et des innovateurs. Les bibliothécaires désormais médiateurs structurent et animent des projets participatifs et n’en sont plus les seuls intervenants majeurs.

    Voici quelques exemples. La bibliothèque de l’École de technologie supérieure de Montréal a mis en place des ateliers d’aide à la rédaction scientifique, avec validation par les pairs et organisation de concours de rédaction. Le succès a été immédiat.

    "L’innovation est désordonnée ! Lancez un produit brut, mettez-le dans les mains des usagers et voyez ce qui se passe".

    C’est en ces termes que Jasmine Bouchard, de l’université d’Ottawa a présenté la réalisation de son plan d'action à la médiathèque. L’approche "maker culture" consistant à créer des objets, a pour but de développer des habiletés en communication et de bâtir une communauté et ce, au sein d’une équipe multidisciplinaire (chercheurs, usagers, étudiants et autres). Des livres dans lesquels les étudiants peuvent colorier, des thèses de doctorat en bande dessinée, des idées d’entreprises concoctées et concrétisées pendant 24 heures ou plus de 55 000 vidéos en ligne, voilà le portrait de cette médiathèque.

    Technologies perturbatrices

    Afin de faire émerger des nouvelles façons de faire, des ateliers d’idées fertiles ont été de vrais tremplins à des innovations dans les bibliothèques de l’université Laval.

    "L’instantanéité et la multiplicité de l’information et l’omniprésence des technologies perturbatrices bouleversent les démarches traditionnelles de veille", souligne Monica Malowan, de l’université de Moncton au Nouveau Brunswick. "Elles ne peuvent plus être linéaires et cartésiennes".

    L’innovation par la coopération fut illustrée par un projet de transformation de manuels scolaires en guides gratuits disponibles en creative commons, révisés par les pairs, impliquant plus 50 professeurs. Voilà encore la preuve du collaboratif et du libre accès à l’information dans les bibliothèques (Edmonton Public Library, Alberta et autres).

    Penser en fonction de l'ère numérique

    "Il n’y a plus aucune audace avec les SIGB", mentionne Richard Dumont, directeur général des bibliothèques, université de Montréal. "Il faut penser en fonction de l’ère numérique".

    La réponse est aujourd’hui dans la mise en place d’un projet de plateforme partagée de services interinstitutions. On parle de catalogage collaboratif, on va voir si un collègue a écrit un document, on y ajoute son grain de sel.

    "Ce répertoire mondial permettra la récupération des talents et renforcera des synergies interinstitutionnelles", souligne le conférencier.

    On est dans l’innovation ouverte.

    BAnQ de son côté multiplie les projets. L’utilisation du modèle Bibframe 2.0 (open source) construit sur le RDF, est un chantier relatif à l’échange de données interopérables sur le web et à la gestion des URI. Plusieurs bibliothèques au Québec participent à cette base de données ouverte.

    Bien d’autres conférences inspirantes ont été données. En nommer, c’est en oublier ! Mais il n’en faut pas plus pour avoir un aperçu de ce qui se trame en sciences de l’information. Un petit bémol peut être ! La gestion de l'information et des documents a vraiment été sous-représentée. C’était une première.

    Déclaration des bibliothèques québécoises

    Enfin, c’est avec une passion communicative que la PDG de BAnQ a parlé du "rôle de passeur, de chef d’orchestre et de proximité" des bibliothécaires. Avec fierté, elle a annoncé le dépôt à l’Assemblée nationale de la Déclaration des bibliothèques québécoises et de la mise sur pied d’une table permanente de concertation des bibliothèques. "La seule chose perpétuelle qui existe, c’est le changement", dit-elle. 

    Dans la foulée de la préparation des fêtes du 375e anniversaire de Montréal, bien d’autres projets sur les bibliothèques sont sur la table à dessin et vont émerger.

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    Commentaires (1)

    • Portrait de AFChampoux

      Petite précision: la Table permanente de concertation des bibliothèques existe déjà, depuis 2002 en fait. C'est la Table qui a élaboré la Déclaration des bibliothèques québécoises, déposée ensuite à l'Assemblée nationale. Le texte de la Déclaration et les messages de personnalités publiques l'appuyant peuvent être consultés sur le site http://mabibliothequejyvais.com/. Je vous remercie, Anne-Frédérique Champoux Animatrice du Regroupement des bibliothèques collégiales du Québec (REBICQ) Membre de la Table permanente de concertation des bibliothèques québécoises

      jan 23, 2017

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