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Yik Yak, Whisper et Rumr : trois réseaux sociaux anonymes se dévoilent

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    Les réseaux sociaux anonymes ouvrent également la porte à toutes sortes de dérives. (Hans/Pixabay)
  • Sur les réseaux sociaux, une e-réputation se fait et se défait en seulement quelques clics. Loin de la transparence constituant leur ADN, des plateformes sociales émergent avec pour point commun de protéger l'anonymat de leurs membres. 

    Yik Yak
    yikyakapp.com

    Les créateurs de Yik Yak ont souhaité offrir aux internautes une sorte d'ardoise vierge sur laquelle s'épancher ou se faire remarquer sans nuire à leur réputation. Le slogan du réseau social l'affirme : "Vous pouvez être la personne la plus calme sur le campus et le plus populaire sur Yik Yak". Ce babillage virtuel anonyme se double de données GPS limitant l'affichage des messages à un rayon de huit kilomètres. En d'autres termes, Yik Yak encourage le partage d'informations des collectivités réduites (campus universitaire, événement sportif, etc). Le storytelling entretenu par l'application veut qu'un étudiant ayant raté un avion et trouvé son dortoir verrouillé, se soit inopinément vu offrir un canapé par un autre membre. Pourtant, derrière ces bons sentiments, l'usage inapproprié de la plateforme par de jeunes élèves, à qui pourtant elle n'est pas destinée, en a rapidement fait le terrain de cyber-intimidations ou d'alertes à la bombe anonymes. Face à la volonté du maire de Chicago d'interdire son usage au sein de la ville, les créateurs de Yik Yak ont préféré appliquer des barrières virtuelles autour des écoles afin que l'application ne puisse y être utilisée.

    Whisper
    whisper.sh

    "Il n'y a aucun utilisateur célèbre ou de star de Whisper", résumait le site AllThingsD au sujet de l'application phénomène dont le nom signifie "chuchotement" en français. Ici, pas de page profil dont il faut soigner la présentation. Ses membres y postent anonymement quelques lignes de textes auxquelles une image prétexte est proposée automatiquement. Des tags liés sont également suggérés, servant ensuite à les répertorier selon différentes thématiques. Publiquement inavouables en théorie, ces "chuchotements" alimentent un flot ininterrompu venant du monde entier, qu'il est possible de filtrer par localisation. "Quand j'étais enfant, je voulais être exactement comme ma mère. Aujourd'hui, j'ai 22 ans et je ne me supporte plus" ou encore "Je fais toujours pipi dans la piscine. Et j'aime ça" sont des exemples de messages postés. "Sur Whisper, vous avez la possibilité de partager des émotions brutes et authentiques, et la sensation est libératrice puisque c’est anonyme", expliquait un actionnaire. Aussi futiles ou déshonorants soient-ils, aucun message posté ne peut compromettre la moindre e-reputation. Ne souhaitant pas communiquer le nombre de ses utilisateurs, la start-up a pourtant dévoilé quelques chiffres : 20 messages seraient postés chaque seconde aux "heures de pointes" à raison de 3 milliards de pages vues par mois. Neuf membres sur dix ont entre 18 et 24 ans.

    Rumr
    rumrapp.com

    Rumr est une application de tchat anonyme et privé simulant une "conversation dans le noir entre amis". Si l'identité des membres d'un groupe de discussion est connue, chaque personne qui s'exprime le fait en revanche anonymement, se distinguant des autres par la couleur qui lui est aléatoirement et secrètement associée. Un chat peut accueillir jusqu'à 100 participants, mais plus le groupe est important, plus il est évidemment difficile de deviner l'identité des intervenants. Les développeurs affirment avoir créé Rumr pour offrir aux adolescents un espace privé sur lequel ils pourraient poser des questions embarrassantes en toute liberté, sans peur du jugement. Ne soyons pas naïfs, l'application s'appelle "Rum(o)r" (rumeur, en français), un nom riche de promesses plus ou moins nobles. Soit disant garanti, ce précieux anonymat ouvre pourtant la porte à toutes sortes de dérives, comme la diffamation, par exemple. Dans quelles mesures les données conservées par les serveurs de Rumr pourraient-elles être utilisées en cas de poursuites devant les tribunaux ? Si la question ne s'est pas encore posée, les utilisateurs mal intentionnés de la plateforme feraient bien de l'envisager. Rumr a levé 800 000 dollars de financement lors de son lancement en mars 2014. Elle aurait déjà été téléchargée par 35 millions de personnes dans une dizaine de pays.

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