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Les réseaux sociaux : premiers distributeurs de presse en ligne

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    “Il y a une Twitter et une Facebook dépendance de la presse”. (DR)
  • Sommaire du dossier :

    Les internautes sont de plus en plus nombreux à s'informer via les réseaux sociaux. Si les sites de presse bénéficient de cette nouvelle source d'audience, ils perdent en échange une partie de leur indépendance.

    Facebook possède plus d'un milliard d'utilisateurs et Twitter quelques centaines de millions. Véritable mine d'or d'audience, les éditeurs de presse en ligne ont plongé dans le monde des réseaux sociaux pour promouvoir et partager leurs contenus auprès du plus grand nombre.

    A tel point que les réseaux sociaux sont devenus les principaux canaux de distribution de l'information sur le web. Le Pew Research Center, un think tank américain, révélait dans une étude en septembre 2014 que 30% des américains s'informent désormais via le réseau social Facebook et 8% par Twitter.

    ​Arnaud Mercier, chercheur pour l'Observatoire du webjournalisme de l'Université de Metz, analyse en ce moment-même "la circulation et le partage des informations sur les réseaux socionumériques". Il confirme que la tendance de s'informer par le biais des réseaux sociaux est aussi valable en France. "Les rédactions reconnaissent que de plus en plus du trafic de leur site web est généré par les réseaux sociaux", confie-t-il.

    Le quotidien 20 minutes estime sa part d'audience venue des réseaux sociaux de 15% et Le Monde d'environ 10%. Une augmentation principalement due à la consommation d'information sur mobile. 

    Le mobile, espace privilégié des réseaux sociaux

    Les Français passent en moyenne deux heures par jour sur internet depuis un terminal mobile. Le développement de la 4G, les offres illimitées à très haut débit et la hausse des équipements mobiles favorisent la consommation de médias en mobilité. Un Français sur deux est équipé d'un smartphone et un foyer sur trois possède une tablette.

    "L'entrée en mobilité se fait d'abord par les applications des réseaux sociaux", explique Arnaud Mercier. Les réseaux sociaux sont très bien implantés sur mobile. Facebook y réalise 73% de son chiffre d'affaires publicitaire et Twitter 89%. L'information, considérée comme un pôle d'attraction très important, se développe énormément sur ces plateformes.

    Facebook a ainsi sorti sur son application "Instant Articles" qui propose aux éditeurs de presse d'héberger leurs contenus afin que les utilisateurs puissent les lire sans quitter l'application. Le magazine Elle a utilisé le réseau de partage de photos et de vidéos éphémères Snapchat pour couvrir le festival de Cannes. Pour garder les utilisateurs sur leurs applications, les réseaux sociaux se transforment en véritables plateformes de publication.

    Les applications dédiées des entreprises de presse se trouvent de ce fait court-circuitées par les réseaux sociaux. Tout le développement que les éditeurs de presse mettent dans leurs applications devient caduc et cela vaut aussi pour leurs sites web.

    ​Les réseaux sociaux transforment la circulation de l'information

    Les réseaux sociaux ont transformé notre mode de consommation de l'information au détriment des 

    éditeurs de presse en ligne. "Plus personne n'entre sur un site d'information via sa home", avance Arnaud Mercier, "on passe de lien en lien par les recommandations de ses amis sur un lien coup de gueule ou coup de coeur grâce aux réseaux sociaux".

    Notre consommation se fait de manière horizontale et non de manière verticale. On ne cherche plus l'information, elle vient à nous directement sur notre fil d'actualité. Or la logique des médias est de fidéliser le lecteur en proposant une offre de contenus assez alléchante pour qu'il veuille s'abonner.

    Mais le lecteur "entre sur un site via une recommandation, lit l'article, puis repart aussi tôt", commente le chercheur, "c'est un vrai défi pour les éditeurs de presse".

    Adaptation des pratiques journalistiques

    Pour Arnaud Mercier, la presse doit indispensablement "plonger dans le monde des réseaux sociaux" et adapter ses pratiques journalistiques à ce nouvel écosystème. Cela passe, entre autres, par le "développement des community managers" et "l'adaptation de la titraille sur les réseaux sociaux" pour le référencement et pour attirer les lecteurs.

    "C'est évident qu'il y a une Twitter et Facebook dépendance", analyse le chercheur. Une dépendance qui fait peur à de nombreux journalistes. Ils pointent du doigt Facebook qui a, par le passé, changé plusieurs fois l'algorithme qui détermine quels contenus sont montrés dans le flux personnel des utilisateurs.

    Les éditeurs de presse sont donc soumis aux changements stratégiques des réseaux sociaux. Ils peuvent contrôler leurs contenus et décider lesquels favoriser. Un pouvoir gigantesque qui ne subit aucun contrôle. 

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