Publicité

Géraldine Sourdot, de la linguistique à la e-réputation

  • 281 3_10 portrait geraldine sourdot BTE.JPG

    Géraldine Sourdot, d'un cursus littéraire au pôle « social média » de SVP, en passant par l'enseignement et la veille e-réputation.
  • Géraldine Sourdot : portrait d'une femme au parcours atypique.

    Son père est un professeur réputé de linguistique générale à La Sorbonne. Sa mère a enseigné les lettres dans les lycées. Son grand-père dévorait la presse quotidienne... « Avec une telle lignée, j'ai plongé très jeune dans le monde des lettres, des mots et des textes ! Et j'ai beaucoup écouté les disques de Boris Vian, Anne Sylvestre, mais aussi ceux de Chantal Goya ! », se souvient Géraldine Sourdot. Aujourd'hui à la tête du pôle « social média » du fournisseur d'information SVP, elle continue à jongler avec les mots : ceux des réseaux sociaux qu'elle suit méthodiquement pour le compte de ses clients, ceux des blogs pour veiller à la réputation des entreprises et des collectivités.

    Mais avant de rejoindre SVP, Géraldine Sourdot a cultivé le tropisme familial pour la linguistique. D'abord avec un mémoire consacré à l'utilisation du point de suspension dans l'oeuvre d'Alphonse Boudard, puis avec une maîtrise décrochée en FLE (français langue étrangère). Un cursus littéraire qui va la mener à l'Alliance française de Madrid dans les années 90 où ses élèves sont essentiellement constitués d'hommes d'affaires espagnols désireux d'apprendre la langue française. Son séjour madrilène lui laisse le temps de visiter les plus célèbres musées de la capitale notamment le musée Thyssen qui abrite une importante collection de la Renaissance italienne : sa période préférée. Bonne nouvelle ! Un poste se libère à... Florence foyer historique de la Renaissance : « Je travaillais à Florence et j'habitais à Bologne, une ville magnifique, mais qui est malheureusement écrasée par Florence. Vivre en Toscane quand on adore Titien ressemble à un rêve. À l'âge de dix ans, je me voyais déjà vivre à Florence ! » 

    « Il y a un côté Chabrol dans le journalisme local... »

    En Toscane, ses activités ne se limitent pas aux cours de français. Elle est également l'assistante d'un photographe de mode, fréquente les milieux du théâtre, fait des rencontres dans le milieu intellectuel et discute avec la philosophe Noëlle Chatelet. On la verra même à la télévision italienne dans une publicité pour les célèbres biscuits Mulino Bianco de Barilla. Aujourd'hui encore, elle s'amuse de se revoir sur YouTube.

    Après un passage par le Proche-Orient, Géraldine Sourdot rentre au bercail, à quelques encablures de sa région d'enfance, à Moulins dans l'Allier : « Ce n'est pas évident de rentrer en France après avoir voyagé et vécu dans différents pays. Le statut d'expatrié est très valorisant. Mais j'ai rapidement trouvé un poste de journaliste... » C'est au sein du vénérable quotidien La Montagne qu'elle va faire ses armes. Pendant trois ans, elle va tout connaître de la vie d'un journaliste localier : les fêtes de village, les élections, les reportages viticoles sur le Saint-Pourçain, les concours de majorettes... Elle se souvient encore de son premier fait divers : une maison brûle sans faire de victime. Pas de quoi faire une page entière, mais son rédacteur en chef lui demande plusieurs milliers de signes. Heureusement, son collègue (« un vieux de la vieille ») lui montrera comment allonger la sauce ! De cette période, elle garde un très bon souvenir : « Tous les jours, nous devions faire la tournée pompiers-hôpitaux-police. C'est particulièrement intéressant. Il y a un côté Chabrol dans le journalisme local... »

    Veille e-réputation

    Malgré l'affection qu'elle porte à sa région natale, Géraldine Sourdot revient vivre à Paris. Au début des années 2000, elle s'installe à Montmartre et travaille comme lexicographe pour les dictionnaires Robert. Puis enseigne le français langue étrangère dans le cadre des célèbres cours de la ville de Paris. Jusqu'en 2004 où elle envoie son CV, en spontané, à SVP. Une initiative couronnée de succès puisqu'elle devient manager du département culturel : « C'était une période charnière où SVP a dû prendre le virage du numérique. Aujourd'hui, à côté de nos prestations traditionnelles de fourniture d'information juridique et sociale, nous proposons un service de veille e-réputation ». Bien évidemment, la liste des clients est confidentielle, mais un oeil rapidement jeté sur son écran d'ordinateur permet de voir des noms de très grandes sociétés et de collectivités. Pour chaque client apparaissent des graphiques, des tableaux, des nuages de mots-clés...

    « Je retrouve dans la veille e-réputation la joie que j'avais dans la presse locale. Chercher et trouver sont dans l'ADN du journaliste et du veilleur ! »

    À lire sur Archimag

    Le chiffre du jour

    91
    des start-up déclarent collecter des données personnelles. Pourtant, selon l'étude réalisée par Mailjet en décembre 2017 et janvier 2018, seuls les deux-tiers d'entre elles indiquent les protéger correctement.

    Recevez l'essentiel de l'actu !

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.