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Le Maroc face à ses défis de veille économique

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    La majorité des prestataires de services de veille sont des acteurs étrangers ou des institutions à but non lucratif visant la seule promotion de la recherche et de l’information et le soutien des entreprises. (Visualhunt.com)
  • L'économie marocaine se convertit aux pratiques de veille et de nombreuses institutions plaident en faveur d'une intelligence économique conquérante.

    [De notre correspondante à Tanger] Le Maroc est à ce jour une plaque tournante de l’économie nord-africaine et même africaine. Le pays s’est en effet inscrit dans une stratégie d’expansion vers le continent. Sans compter son idéologie économique, basée sur les courants mondialiste et globaliste, qui aura ouvert le pays au monde entier. Cette dernière situation soulève la question et en même temps la préoccupation des entreprises marocaines : comment se faire une place au soleil sur les différents marchés (y compris nationaux) dans un contexte où tout se joue à l’instant et en temps réel ? D’où l’importance de l’information – de la bonne information – gage d’innovation, mais aussi de protection.

    L’enjeu semble être compris par les entreprises marocaines. Elles n’ont jusque-là pas manqué de s’intéresser à des disciplines telles que l’intelligence économique ou la veille qui est désormais considérée comme incontournable. Le domaine de la veille au Maroc n’a pas été laissé à l'abandon et de nombreuses institutions ont été créées pour accompagner les acteurs de la veille. Nous pouvons citer l’Imist (l’Institut marocain d’informations scientifiques et techniques), le CNRST (Centre national pour la recherche scientifique et technique), le CMPE (Centre marocain pour la promotion des exportations), l’Amie (Association marocaine pour l’intelligence économique) ou encore le CND (Centre national de documentation).

    Visite à DocExpo

    La majorité des prestataires de services de veille sont des acteurs étrangers ou des institutions à but non lucratif visant la seule promotion de la recherche et de l’information et le soutien des entreprises. Une visite à DocExpo, le premier salon virtuel marocain de la veille et de la documentation sous la tutelle du CND, permet de s'en s’en rendre compte. 

    Ainsi, les halls veille du salon font apparaître près de douze acteurs dont Digimind, FLA Consultants, iScope, l'Association internationale francophone d'intelligence économique (AIFIE), Qwam Content Intelligence, Sindup… tous français. Le Centre africain de veille et d'intelligence économique (Cavie) dont le siège social est implanté à Yaoundé (Cameroun) et Ileads Consulting, pionnier de la veille stratégique en Côte d'Ivoire, se positionnent également. Veille Maraacid-CND est le seul acteur purement marocain dans le lot. Par ailleurs, bien d’autres agences de communication de la place proposent des services en veille. Sans oublier les cellules de veille en interne des PME et des grandes entreprises marocaines, qui ne tardent pas à se vulgariser.

    Pas reconnue au niveau de l’organigramme

    Les chiffres parlent plus que les mots, dit-on, alors parlons chiffres ! D’après une enquête effectuée auprès de 30 entreprises marocaines par la CGEM (Confédération générale des entreprises marocaines), 61 % des PME interrogées estiment que l’activité de veille est importante, mais elle n’est pas reconnue au niveau de l’organigramme. Et pour 90 % des grandes entreprises interrogées, la direction est fortement impliquée dans la veille. Nous pouvons donc constater l’existence d’un réel marché. Parmi les entreprises qui utilisent la veille, citons la CDG (Caisse de dépôt et de gestion), la Poste Maroc, Maroc Telecom, Caciopée, l’OCP (Office chérifien de phosphate), Maroc Export, etc.

    Large spectre d'outils

    Les outils de la veille au Maroc couvrent un large spectre qui commence avec des outils basiques et gratuits offerts par internet ; ceux-ci permettant de se procurer l’information blanche, utile, mais guère pertinente. Viennent ensuite les plateformes de veille payantes permettant de remonter de l’information grise (information pertinente nécessitant des techniques plus poussées). C'est le cas par exemple de la plateforme de Digimind, Digimind 8. Enfin, d’autres techniques moins formelles permettent d'entreprendre la quête de l’information noire : le renseignement d’origine humaine (Rohum) et les techniques d’entrevues.

    La veille au Maroc est indubitablement incontournable. Sans ambages, les entreprises marocaines le savent, l’un des seuls moyens existants, à même de garantir leur survie dans un environnement aussi tumultueux. Ce qui donne lieu à un marché large et qui promet d’être encore plus large à l’avenir. Aux prestataires donc d’adapter leurs offres aux besoins de ce nouveau marché.

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    Commentaires (2)

    • Portrait de bamine

      Il manque un site dans cet article qui est celui de Veille.ma. Sauf erreur de ma part il est le premier portail au Maroc qui a traité le sujet de la veille stratégique. Sinon bon article au passage. Amine

      juin 09, 2017
    • Portrait de Ikram

      Le site de veille.ma est un annuaire de la veille et de l’Intelligence Economique. C'est un moyen de suivi, Il traite uniquement les actualités permanentes sur le sujet. Mais l'article ci-dessus est plus axé sur les pratiques, les outils (les plus répandus sur le marché) et les prestataires de la veille au Maroc. Merci Amine !

      juin 12, 2017

    Le chiffre du jour

    C'est le nombre de documents relatifs aux attentats du 13 novembre 2015 et mis en ligne sur le site des Archives municipales de Paris.

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