Article réservé aux abonnés Archimag.com

La veille au défi des limites humaines et technologiques

  • limites_humain.jpg

    homme-limites
    Les moteurs de recherche ne sont pas les seuls outils à faire l’objet de critiques. Les réseaux sociaux sont, eux aussi, accusés de présenter une information orientée sous l’influence des algorithmes. (Pixabay/Lysons_editions)
  • Sommaire du dossier :

    A lire aussi : Réussir sa veille, c'est la professionnaliser (article partenaire)

    Les veilleurs sont confrontés à leurs propres biais cognitifs et à l’emprise des algorithmes sur les réseaux sociaux. Accéder aux signaux faibles ressemble alors à un sport de combat…

    C’est une histoire de clowns qui a fait le succès de nombreux cirques à travers le monde. Un premier clown entre sur la piste et voit un autre clown qui cherche quelque chose dans un rond de lumière. Le premier demande : « Que cherches-tu ? » Le deuxième lui répond : « Je cherche mes clés ». Le premier clown poursuit : « Tu les as perdues ici ? » Le deuxième lui répond : « Non... » Le premier clown insiste : « Alors pourquoi les cherches-tu ici ? » Le second clown répond : « Parce qu’ici il y a de la lumière ! » Rires du public.

    Sans le savoir, ce pauvre clown est victime d’un biais cognitif. À ses yeux, il n’y a point de salut en dehors du rond de lumière et il ne lui serait jamais venu à l’esprit de chercher ses clés ailleurs que dans la partie éclairée de la piste. Ce numéro de cirque très ancien résume assez bien ce que sont les biais cognitifs.

    Ce mécanisme psychologique très répandu se présente sous différentes formes :

    • le biais de représentativité : considérer un élément isolé comme représentatif d’une totalité ;
    • le biais égocentrique : surestimation de soi-même ;
    • le biais de confirmation : ne retenir que les informations qui valident un point de vue ou un préjugé...

    Autant le dire tout de suite, personne n’échappe à ces biais.

    Vers un auto-endoctrinement

    Eli-PariserDans le domaine de la veille, ces biais cognitifs sont désormais bien connus. On les appelle « bulles de filtre », « bulles informationnelles » ou bien « bulles de confort ». Pour Eli Pariser, auteur d’un ouvrage sur le sujet, ces bulles nous mènent inéluctablement à une vision erronée du monde : « Vous vous endoctrinez vous-même avec vos propres opinions. Vous ne réalisez pas que ce que vous voyez n’est qu’une partie du tableau. Et cela a des conséquences sur la démocratie : pour être un bon citoyen, il faut que vous puissiez vous mettre à la place des autres et avoir une vision d’ensemble. Si tout ce que vous voyez s’enracine dans votre propre identité, cela devient difficile, voire impossible ».

    Au-delà des biais cognitifs, Eli Pariser vise également tous les outils dont les veilleurs se servent quotidiennement. À commencer par les moteurs de recherche. Le plus connu d’entre eux, Google (plus de 90 % des parts de marché en France), remonte des résultats différents selon les profils des intern....

    Cet article vous intéresse? Retrouvez-le en intégralité dans le magazine Archimag !

    Couverture-Archimag-311
    Dans le cycle de la veille - expression des besoins, collecte, traitement-analyse, diffusion -, le sourcing est à la base de la deuxième étape. Après avoir défini une stratégie de veille, il s’agit de bien choisir les sources qui vont alimenter la recherche d’informations : Béatrice Foenix-Riou en livre les principes de méthode.
    Acheter ce numéro  ou  Abonnez-vous

    À lire sur Archimag

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.

    Le chiffre du jour

    C'est le nombre d'avis émis par la Commission d'accès aux documents administratifs depuis 1978.

    Recevez l'essentiel de l'actu !