Veilleurs : veillez (bien) à votre sourcing !

Le 06/03/2018 (Mis à jour le 07/03/2018) - Par Bruno Texier
Il est loin le temps où il fallait se battre pour trouver des informations. Face à la multiplication des ressources, il n’est plus possible de viser l’exhaustivité. (Pixabay/mohamed_hassan)

Sommaire du dossier :

A lire aussi : Réussir sa veille, c'est la professionnaliser (article partenaire)

Dans le cycle de la veille - expression des besoins, collecte, traitement-analyse, diffusion -, le sourcing est à la base de la deuxième étape. Après avoir défini une stratégie de veille, il s’agit de bien choisir les sources qui vont alimenter la recherche d’informations : Béatrice Foenix-Riou en livre les principes de méthode. Les éditeurs proposent des solutions de veille comprenant une présélection de sources : à adapter au cas par cas. Mais attention ! Biais cognitifs et technologie peuvent agir comme des prismes déformants. Pour sa part, l’agence Keep Contact a fait franchir à sa veille le pas de l’intelligence artificielle.

Désinformation, intox, propagande, fake news... Un spectre hante les veilleurs : diffuser des informations erronées à cause d’un corpus de sources frelaté. Il faut le rappeler : à l’heure d’une guerre informationnelle tous azimuts, nul n’est à l’abri de la manipulation et de l’intoxication.

Les professionnels de l’information ont dû se rendre à l’évidence. Ils doivent travailler sur des sources fiables. Plus facile à dire qu’à faire. Pour plus de 60 % des journalistes, la vérification des sources d’information représente un travail considérable : de 20 à 35 % de leur temps consacré à la création de contenus. Ce qui est vrai pour les journalistes l’est également pour les autres métiers de l’information (veilleurs, documentalistes...) qui doivent sélectionner et diffuser des informations dignes de foi.

Lors de la dernière édition du salon iExpo, la question des sources d’information a été posée sous une forme originale : plusieurs experts de la veille se sont interrogés sur les « bulles informationnelles » également baptisées « bulles de filtres ». Ces bulles se présentent sous la forme de biais cognitifs qui poussent les individus à retenir une information parce qu’elle confirme leurs préjugés et à rejeter une autre information parce qu’elle contredit ces mêmes préjugés. « Ce premier filtre, c’est nous-même, expliquait alors Serge Courrier, consultant et formateur en veille et en stratégie éditoriale ; par manque de temps ou par fainéantise, nous choisissons les mauvais mots-clés alors qu’il faut aujourd’hui effectuer des recherches en texte intégral. Les veilleurs doivent absolument repenser leur champ lexical ».

Cette critique est partagée par le chercheur Pascal Frion qui pointe certaines de nos routines intellectuelles : « Les comportements, les attitudes, les dispositions, les schémas mentaux, les styles cognitifs, l’affect, les sensibilités, les aspirations, les motivations, les préférences, les cultures... Une bulle informationnelle s’est créée, nous isolant de la réalité. Nous sommes tombés dans le piège de l’information. À ce jour, nous n’avons pas trouvé la méthode pour nous informer simplement et efficacement ». 

Le sourcing, un chantier permanent

Dans le cycle de la veille - expression des besoins, collecte, traitement-analyse, diffusion -, le sourcing est à la base de la deuxième étape. Après avoir défini une stratégie de veille, il s’agit de bien choisir les sources qui vont alimenter la recherche d’informations : Béatrice Foenix-Riou en livre les principes de méthode.
  ou  Abonnez-vous

À lire sur Archimag