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Panorama de l’offre d’enseignement en infodoc en Belgique francophone

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    IESSID-Bruxelles
    La bibliothèque de l’IESSID de la Haute école Paul-Henri Spaak à Bruxelles (IESSID)
  • Les professionnels belges disposent d’un important dispositif de formations dédiées à l’information-documentation. Doit-il cependant se diversifier pour s’adapter à la nouvelle donne numérique ?

    [de notre correspondant à Bruxelles]

    En Belgique, l’enseignement et la culture sont des matières fédéralisées sur la base de communautés linguistiques. Ainsi, l’enseignement en infodoc est géré, pour les 4,5 millions d’habitants de la Wallonie et les Bruxellois francophones par une institution propre, la Fédération Wallonie-Bruxelles, alors que celui des 6,5 millions d’habitants de la Flandre et les Bruxellois néerlandophones dépend de la Vlaamse Gemeenschap (Communauté flamande). 

    Du côté francophone, les programmes d’enseignement s’inspirent directement des modalités dites de « Bologne », soit une offre de baccalauréats en 3 ans (bac +3) et de masters en 2 années (bac +5). 

    Baccalauréats en bibliothèque et documentation 

    Trois institutions de l’enseignement supérieur non universitaire proposent des programmes de baccalauréats en bibliothèque et documentation : à Bruxelles (Haute école Paul-Henri Spaak – IESSID), à Liège (Haute école de la Province de Liège) et à Namur (Haute école Namur – Liège – Luxembourg – Henallux...). Ces études en cours de jour s’étalent sur 3 ans et permettent, moyennant des cours supplémentaires  -  pouvant exiger une année additionnelle - d’accéder à un programme de master. 

    Deux institutions de promotion sociale organisent également une formation de « bachelier bibliothécaire documentaliste », en horaire décalé sur 4 ans : à Mons (Institut Reine Astrid) et à Bruxelles (Institut Jean-Pierre Lallemand).

    Ces formations s’articulent généralement sur 3 axes : la maîtrise des technologies de l’information, la pratique de langues et un bagage scientifique souvent avec un choix entre orientation scientifique et orientation en sciences sociales et humaines. Bien que n’excluant pas l’approche documentation, elles privilégient davantage la dimension bibliothéconomique. L’initiative de l’Henallux d’offrir un diplôme de spécialiste en « gestion des ressources documentaires multimédia », moyennant une année supplémentaire, est d’autant plus appréciable. 

    Ces études permettent aussi de préparer l’examen de « brevet de bibliothécaire » après la deuxième année, condition indispensable (et minimale !) pour obtenir un poste de bibliothécaire adjoint en bibliothèque publique.

    Masters en sciences et technologies de l’information et de la communication

    Deux universités organisent des masters en sciences et technologies de l’information et de la communication : l’Université libre de Bruxelles (ULB) et l’Université catholique de Louvain (UCL), nécessitant 2 années d’étude après l’obtention d’un baccalauréat.

    Les deux programmes mettent l’accent sur l’acquisition des connaissances techniques de gestion de systèmes d’information et de recherche experte de connaissances. Le premier développe davantage les aspects techniques, le second, les aspects multimédia et humanité numérique.

    À Bruxelles, la Haute École libre Ilya Prigogine organise un enseignement à horaire décalé permettant d’obtenir un master en gestion globale du numérique. 

    Bien que toutes ces formations se donnent dans des réseaux différents (réseau officiel et réseau dit « libre »), ceux-ci sont pareillement subventionnés par les pouvoirs publics et peuvent donc réclamer des frais d’inscription (« minerval ») semblables et relativement accessibles.

    Face aux défis 

    L’enseignement infodoc en Belgique francophone apparaît donc bien structuré, sérieux et disposant d’implantations géographiques couvrant largement tout son territoire. Mais, comme la profession elle-même, il est confronté à l’évolution constante des techniques et pratiques et doit en permanence s’interroger sur les modalités de son offre. Il est d’ailleurs de plus en plus concurrencé par le déploiement de programmes de formation aux techniques de communication et de gestion d’information (infocom). Pour répondre adéquatement à ces nouveaux défis, peut-être devrait-il davantage se diversifier et proposer plus d’options et de spécialisations différentes, au prix d’une certaine rupture avec sa cohérence actuelle...

    Philippe Laurent

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