Jean-Michel Besnier : "Face au transhumanisme, ne soyons pas des esclaves !"

Le 10/10/2017 - Par Bruno Texier
"Nous devons nous préparer à être les opérateurs des machines, et non pas leurs esclaves" Jean-Michel Besnier / Karine Patte

Jean-Michel Besnier est philosophe et professeur émérite à La Sorbonne (chaire de philosophie des technologies d'information et de communication). Il est également le coauteur avec Laurent Alexandre de l'ouvrage "Les robots font-ils l'amour ? - Le transhumanisme en 12 questions" (éditions Dunod, 2016).

Le transhumanisme donne lieu à de multiples définitions parfois confuses. Quelle est la vôtre ?

Ma définition du transhumanisme est assez commune : il s'agit d'un vaste courant d'opinion qui, dans les sociétés technologisées, réunit les gens qui considèrent que les sciences et les techniques ont les moyens de réaliser toutes les aspirations de l'espèce humaine. Y compris l'immortalité... Ce n'est pas une idéologie car les idées y sont trop informelles, ce n'est pas une philosophie non plus car les thèmes manquent de rigueur, et ce n'est pas non plus une religion même si certains transhumanistes le revendiquent parfois.

Le transhumanisme effraie certaines personnes, pourtant cette hybridation homme-machine est déjà une réalité, avec le cœur artificiel, par exemple… Est-ce déjà du transhumanisme ?

Il faut être rigoureux dans les définitions : l'humain augmenté que les transhumanistes mettent en avant est encore embryonnaire. Gardons-nous de penser que le porteur de lunettes ou d'une prothèse de hanche serait augmenté, il n'est que réparé. Cette réparation est banale depuis l'origine de la médecine et elle est plus opérationnelle que jamais car nous disposons de moyens de plus en plus sophistiqués pour l'obtenir. L'augmentation quant à elle sera... 

Discrète la gestion de contenu ? Il est vrai que depuis quelque temps, on entend plus facilement parler de dématérialisation ou de transition digitale que d’ECM. Pourtant, les éditeurs du domaine sont loin d’avoir mis la clé sous la porte et semblent même bien se porter. D’autant que les métiers eux-mêmes en sont devenus adeptes. Signe que, face aux nouveaux besoins des entreprises et à la concurrence des technologies du cloud, la gestion de contenu a su évoluer pour rester indispensable.
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