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Visitez le Centre des Archives diplomatiques de Nantes en photos et en vidéos

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    Sacs postaux en transit dans la salle des arrivées en attendant le récolement réalisé par les archivistes du CADN (Archimag/CJO)
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    Palettes en transit dans la salle des arrivées en attendant le récolement réalisé par les archivistes du CADN (Archimag/CJO)
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    La salle des archives intermédiaires, produites à Nantes, et contenant notamment l’état civil des Français de l’étranger ou les dossiers de paye du personnel. (Archimag/CJO)
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    Éric Lechevallier, responsable du pôle des publics du CADN. (Archimag/CJO)
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    Table de chiffrement rédigée à la main en 1781 servant à coder la correspondance diplomatique du consulat de France à Boston. (Archimag/CJO)
 

Reportage en vidéos et en photos au coeur du Centre des archives diplomatiques de Nantes, un service encore trop méconnu du ministère des Affaires étrangères qui accueille depuis les années 60 les archives des ambassades et des consulats français. En pleine démarche d'ouverture, le centre souhaite désormais faire découvrir ses trésors au grand public.

C'est dans un quartier résidentiel de Nantes, très loin du Quai d'Orsay, que se dresse l'un des deux centres d'archives diplomatiques français. Déconcentré depuis 1966, cette entité du ministère des Affaires étrangères conserve en ses murs les archives rapatriées des services extérieurs (postes diplomatiques et consulaires français) en provenance de tous les continents ainsi que celles produites par les anciens protectorats (Maroc et Tunisie) et mandats (Syrie et Liban).

Il abrite également les archives intermédiaires du service central d'état civil pour les Français de l'étranger qui, en raison des milliers de copies et extraits d’actes d’état civil qu'il délivre chaque jour est surnommé "la première mairie de France".

Les missions du centre d'archives diplomatiques de Nantes (CADN) se distinguent très clairement de celles de son homologue inauguré à La Courneuve, en région parisienne, en 2009, et qui regroupe de son côté les archives produites par l'administration centrale du ministère des Affaires étrangères.

Rendre le centre plus visible

C'est en 1987, lors de la création d'une salle de consultation, que le site de Nantes devient un centre d'archives à part entière, ouvert aux chercheurs, aux enseignants, aux étudiants ainsi qu'à tous les passionnés, profitant de l'émulation de l'université de Nantes, toute proche.

"Nous accueillons un peu plus d'une dizaine de visiteurs chaque jour pour plus de 3 000 communications réalisées par an, explique Eric Lechevallier, responsable du pôle des publics ; si notre public est à 80 % universitaire, travaillant essentiellement sur le 20e siècle, et plus particulièrement sur l'après-guerre, un visiteur sur deux est étranger, venu d'Europe, d'Afrique du nord, des Etats-Unis et de l'Extrême-Orient". 

Un avis de tempête tombé en 2010 a secoué durant deux ans le centre nantais suite au projet de son rapatriement à La Courneuve, finalement classé sans suite grâce à la mobilisation de ses 26 agents et des syndicats. Sous l'impulsion de sa nouvelle directrice, Agnès Chablat-Beylot, arrivée il y a quelques mois du Service historique de la Défense de Vincennes où elle chapeautait le département des fonds d'archives du Centre historique des archives, le CADN souhaite désormais s'ouvrir plus largement au grand public.

"L'objectif est de rendre le centre plus visible à un niveau national tout en faisant rayonner son patrimoine localement, sur la ville et sa région, explique Eric Lechevallier ; notre problématique est celle d'un service de taille moyenne basé en province disposant de fonds d'envergure nationale et internationale".

C'est dans cette optique qu'un nouveau type de visiteurs arpente depuis quelques mois les rayonnages du centre lors de visites guidées et gratuites qui remportent un grand succès, afin de découvrir les trésors historiques qu'ils renferment.

"On est ici dans la grande histoire"

Les plus anciens documents conservés au centre d'archives diplomatiques datent du 16e siècle et concernent la toute première ambassade de France installée à Constantinople (aujourd'hui Istambul, en Turquie) en 1535.

"Ces archives sont une mine d'or, s'enthousiasme Eric Lechevallier, responsable du pôle des publics ; nous n'avons qu'à nous baisser pour y trouver de vraies pépites. Car on est ici dans la grande histoire, celle des grands événements et de la grande politique !". 

Comment ne pas s'extasier en effet devant une table de chiffrement datant de 1781 contenant les 1 201 mots et syllabes utilisés pour "coder" la correspondance diplomatique du consulat de France à Boston avant l'invention du télégraphe ? Ou encore devant les archives des renseignements généraux sur "les Européens et les Israëlites de Tunisie", successivement volées pendant la Seconde guerre mondiale par les Allemands, puis par les Russes et qui n'ont été rapatriées de Moscou que cinquante ans plus tard ? 

La préservation des documents et leur communicabilité au public étant essentielle, le centre dispose en son sein d'un atelier de reliure et de restauration des archives.

Le réseau diplomatique français est le troisième plus étendu au monde, derrière les Etats-Unis et la Chine. Rien de surprenant donc à ce que l'ensemble du CADN compte aujourd'hui 45 kilomètres linéaires d'archives. Ses archives intermédiaires courent sur 16 kilomètres linéaires (pour 19 de capacité) et ses archives historiques sur 29 (pour 36 de capacité). 

"Cela nous laisse jusqu'à 2020 environ avant de devoir éventuellement nous étendre", confie Agnès Chablat-Beylot, dont le centre est évidemment tributaire des rapatriements d'archives de l'étranger qui ont eu tendance à augmenter ces dernières années. Les prévisions pour 2016 dépassent d'ailleurs les 800 mètres linéaires rapatriés en 2015.

Valise diplomatique

Et c'est ce type de collecte très particulier, réalisée dans le monde entier, qui fait toute la spécificité du site. Tout d'abord, le CADN abrite quelques "archivistes globe-trotters", chargés de se rendre dans les postes diplomatiques afin de superviser des versement importants. 

Mais le quotidien, c'est surtout la réception de palettes filmées et scellées ou de sacs postaux contenant des archives préalablement préparées, conditionnées, inventoriées au quatre coins du monde et qui voyagent jusqu'à Nantes par la valise diplomatique. Celle-ci assure la préservation du patrimoine, mais aussi la sécurité des informations diplomatiques de l'Etat. 

"Certes, la logistique est lourde et contraignante, mais elle est indispensable, explique Agnès Chabat-Beylot ; si des documents venus de certaines ambassades tombaient entre de mauvaises mains, c'est à la fois la sûreté de l'Etat et la vie de personnes ayant travaillé pour la France qui seraient menacées". 

Compte tenu de la diversité des provenances, le constat d'état est primordial lors de l'arrivée à Nantes des archives rapatriées. 

"Nous sommes très attentifs à l'examen des boîtes, poursuit la directrice du CADN ; les problèmes d'humidité, de sable ou de poussières sont fréquents. Et en cas de moisissure ou de contamination des documents par des champignons ou des insectes, nous disposons d'un autoclave nous permettant de les désinfecter en interne". 

Il ne faut pas négliger non plus la mouvance du réseau diplomatique. Celui-ci suivant de très près l'évolution politique mondiale, il arrive que certains postes soient obligés de fermer, parfois même en urgence.

"En cas de crise, le personnel des postes diplomatiques sait exactement ce qu'il doit faire des documents, explique Eric Lechevallier ; laisser les documents à l'abandon lorsqu'une ambassade ferme étant impossible, tout doit donc être mis en oeuvre pour les rapatrier dans les conditions les moins mauvaises possibles". 

Si le temps manque, le personnel n'a d'autre choix que de procéder alors à une destruction exceptionnelle d'urgence des documents, les faisant tomber à tout jamais dans l'oubli.

Retrouvez l'intégralité de notre entretien avec Agnès Chablat-Beylot et Eric Lechevallier ici :

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