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Christine Nougaret : “J’ai toujours eu plusieurs fers au feu !”

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    Christine Nougaret est aujourd'hui la vice-présidente du Conseil supérieur des Archives. (Archimag)
    Christine Nougaret est aujourd'hui la vice-présidente du Conseil supérieur des Archives. (Archimag)
  • Christine Nougaret est aujourd’hui enseignante-chercheuse à l’école des Chartes et vice-présidente du Conseil supérieur des Archives. Deux fonctions aux multiples tâches et responsabilités. Mais pour l’ancienne élève du lycée Henri IV, la monotonie n’est pas une option.

    C’est lors d’un stage de découverte à la fin de sa première année à l’école des Chartes qu’elle « attrape le virus » du monde des archives, grâce à la volonté et l’enthousiasme de l’équipe des archives départementales du Calvados. À son retour à l'école, nul doute : elle choisit le parcours archives !

    cheffe de service à 23 ans

    Et puis tout s'accélère, tout juste diplômée et alors qu’elle n’a que 23 ans, la ville de Nantes la recrute pour être cheffe de service des archives municipales.

    Loin d’être effrayée, la jeune diplômée le prend comme un défi : « J’étais tellement confiante, puisque j’avais le sentiment d’être bien formée et puis d’être très motivée par tout ce que j’avais vu dans les stages qui avaient vraiment été très passionnants. Je me sentais prête à prendre ces responsabilités ».

    Pendant neuf ans, elle reste à la tête de « ce petit service » et entreprend la refonte de celui-ci. Ainsi, elle se charge de recruter des collaborateurs, lance une politique de collecte et accompagne la création des premiers instruments de recherche informatisés.

    Pour autant, Christine Nougaret reconnaît qu’elle a aussi beaucoup « appris en marchant » : « J’ai complété sur le tas en suivant des formations continues, je n’ai jamais cessé d’apprendre, par exemple l’informatique, que j’ai découverte en 1978 ». Force est de constater qu’il fallait continuellement se mettre à la page.

    des archives publiques aux archives privés

    Pour des raisons familiales, l’archiviste quitte la ville de Nantes et rejoint la direction des Archives de France (dont l’équivalent aujourd’hui est le Service interministériel des Archives de France). Elle a pour mission de « contrôler les instruments de recherches produits ».

    Puis en 1997, en sus de son travail aux Archives de France, Jean Favier, le directeur de l’époque, lui confie la représentation de la France à la commission des normes de description du Conseil international des archives où elle participe à l’élaboration de la norme internationale de description archivistique Isad/G.

    Après trois années passées aux Archives de France, l’archiviste qu’elle est veut retrouver le terrain et rejoint les Archives nationales où on lui confie le Caran (Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales) avant de la nommer responsable de la section des archives privées.

    Elle y découvre un autre aspect de son travail qu’elle considère passionnant : « C’est là que j’ai vu les choses les plus variées, grâce à la diversité humaine. Le travail était moins normalisé qu’aux archives publiques, beaucoup plus cadrées par des procédures, il y avait là plus de place pour les initiatives ».

    « on a redonné vie au concept de for privé »

    Avec deux universitaires, Jean-Pierre Bardet et François Joseph Ruggiu, elle crée le groupe de recherche sur les écrits du for privé qui a pour but de « recenser en France tous les écrits personnels dans lesquels on parle de soi, afin de travailler sur l’intime ». Si le groupe n’existe plus aujourd’hui, il est à la source de multiples mémoires et thèses.

    Depuis 2016, elle est vice-présidente du Conseil supérieur des archives qui a pour mission de conseiller la ministre de la Culture pour la politique en matière d’archives en France. Bien qu’elle n’ait pas encore rencontré la nouvelle ministre, elle a rendu en avril 2017 un rapport sur « La stratégie nationale pour la collecte et l’accès aux archives publiques à l’ère du numérique ».

    Celle qui a « toujours eu plusieurs fers au feu » ne compte pas s’arrêter là.  Elle travaille actuellement sur un projet de plateforme participative pour la transcription des testaments des Poilus qui verra le jour en janvier prochain à l’occasion du Centenaire de 14-18.


    Elle like :

    Son lieu préféré : une île bretonne

    Son oeuvre musicale préférée : King Arthur d’Henry Purcell

    Son livre préféré : Pride and prejudice, orgueil et préjugés (en anglais !) de Jane Austen

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