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Belgique : une prise de conscience politique sur les archives et le numérique

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    Afin de conscientiser les pouvoirs politiques, l'AAFB (Association des archivistes francophones de Belgique) s'est fortement mobilisée lors des élections législatives fédérales belges de 2019. (Pixabay/creativesignature)
  • Retour sur la mobilisation des archivistes et de l’Association des archivistes francophones de Belgique (AAFB) autour des élections législatives fédérales de mai 2019.

    [Vu de Bruxelles] Dans notre société, les enjeux numériques ne peuvent plus être occultés par les acteurs politiques. Afin de conscientiser les pouvoirs politiques, l’AAFB a publié son mémorandum et a organisé trois débats en vue des élections législatives fédérales de mai 2019.

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    Vers une meilleure gestion des archives et des données numériques

    Les résultats de cette mobilisation sont révélateurs de la prise de conscience du monde politique pour les enjeux numériques et la préservation des archives.

    Feuille de route des gouvernements pour cette mandature, la déclaration politique de la Région wallonne (DPR) et la déclaration politique de la Fédération Wallonie Bruxelles (DPC) sont teintées d’une intention des pouvoirs politiques de garantir une meilleure transparence et une démocratie culturelle renforcée, en passant par une meilleure gestion des archives et des données numériques.

    Les échos de nos revendications dans ces déclarations mettent en lumière les conséquences timides mais positives de la mobilisation de tout un secteur.

    Décret sur les archives publiques

    En Belgique, les centres d’archives privées souffrent d’un manque de financement. Les revendications et les interpellations lors des débats allaient dans le sens d’un besoin de revoir la législation en vigueur et son financement.

    Le politique a entendu nos besoins en affirmant la volonté de « développer une vision patrimoniale coordonnée en actualisant les décrets relatifs au patrimoine mobilier et immatériel et aux centres d’archives privées (…) ».

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    Les archives produites par les pouvoirs publics sont également concernées par la DPC. Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite veiller à « adopter un décret sur les archives publiques et à veiller à ce que les documents et les données publiques produits par les autorités publiques soient conservés de façon pérenne et valorisés le plus largement possible ».

    La plus grande satisfaction de la mobilisation de l’AAFB est la prise en compte par le gouvernement wallon de la volonté de la création d’un centre d’excellence de préservation du numérique dédié à la gestion électronique de l’information. Le gouvernement wallon a en effet repris notre revendication pour l’intégrer dans sa DPR :

    « Au regard des défis technologiques que pose la préservation pérenne des données et documents engageants des administrations et entreprises, la Wallonie développera, le cas échéant en collaboration avec la Région de Bruxelles-Capitale et la Fédération Wallonie-Bruxelles, un centre de recherche et d’excellence en matière de gestion de l’information intégrant les dimensions juridiques, organisationnelles et techniques ».

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    Formations adaptées aux réalités du terrain

    En matière de formation, la Fédération et le gouvernement wallon souhaitent que les formations soient mieux adaptées aux réalités du terrain et aux transformations sociétales.

    Nous ne savons pas si le secteur des archives est compris dans cette volonté. Cependant, L’AAFB restera attentive à cette intention afin de permettre une meilleure formation des archivistes et gestionnaires de l’information.

    Malgré ces avancés, nous devons également relever les points d’attention que sous-tendent la DPR et la DPC.
    Le politique souhaite « développer un programme de formation spécifique dédié à intégrer la culture du numérique dans les différentes tâches des agents » de la fonction publique.

    Une meilleure formation des agents est, certes, un élément positif, mais il ne faut pas que le gouvernement utilise cette voie afin d’éviter d’engager des gestionnaires de l’information dans les organisations publiques.

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    En tant qu’association professionnelle, nous défendons une meilleure identification des profils de fonction au niveau des administrations par la diffusion d’un référentiel des métiers de la gestion de l’information.

    Sarah Lessire
    coordinatrice de l’AAFB
    www.archivistes.be

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