Permettre aux jeunes d’être entrepreneurs de leur vie

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    Le réseau Étincelle accompagne des jeunes sans diplôme, sortis très tôt du système scolaire, à devenir entrepreneur de leur vie.
  • Le réseau Étincelle forme des jeunes sortis tôt et souvent sans diplôme du cursus scolaire. La devise : allumer l'étincelle de leur désir professionnel, retrouver le goût d'apprendre, se projeter dans l'avenir. Le tout avec un concept totalement innovant.

    Sylvain Breuzard, vous avez créé et êtes président du réseau Etincelle en France, comment l'idée vous est-elle venue ?

    Le concept existait déjà aux Etats-Unis. On est venu me proposer de le créer en France. J'ai tout de suite accepté, mais en adaptant le dispositif aux jeunes décrocheurs. Nous avons démarré dans le Nord-Pas-de-Calais, là où se trouve le siège de mon entreprise.

    Vous êtes entrepreneur. Que fait Norsys et pourquoi vous engager auprès de ces jeunes ?

    Norsys est une société de service en ingénierie informatique orientée sur les nouvelles technologies. J'ai toujours été convaincu de la dimension sociale, sociétale de l'entreprise. J'ai créé en 2002 la Fondation Norsys, dont l’objet est de faciliter l'accès à la connaissance pour mieux vivre, et nous soutenons des projets en France et au Maroc. C'est donc tout naturellement que cet engagement a trouvé son prolongement avec la création du Réseau Etincelle.

    En quoi ce concept est-il innovant ?

    Ce qui est nouveau et original par rapport aux dispositifs existant en France, c'est de partir du jeune, de ses hobbies ou de sa passion. Et ça change tout !

    En quoi consiste le cursus de formation ?

    Partant de la passion du jeune, le cursus se fait en différentes étapes. Aujourd'hui, face à ces jeunes non qualifiés et perdus, personne ne prend le temps de les écouter, et on les oriente vers des jobs tels que plongeur dans la restauration parce qu’ils y ont travaillé quelques semaines en été ou gardien. Le choc est déjà là : découvrir que le jeune a des passions, la pâtisserie, les fleurs, les mangas, la musique… pour lesquelles il est alors capable de se mobiliser. C'est le déclic qui va les mettre en action.

    Ensuite pour rapport à ces jeunes qui sont très loin de l'entreprise : se mettre dans la peau d'un entrepreneur. On utilise alors le processus de création d'entreprise comme vecteur d'apprentissage. Comment je recruterais ? Si j'étais entrepreneur, est-ce que je m'embaucherais ? A travers des jeux de rôle, les prises de conscience se font. On leur donne également des repères économiques : pourquoi lorsqu’on paie 1400 euros net un employé, cela en coûte 2000 à l’entreprise ? Et expliquer que ce coût sert à prendre en charge les frais médicaux, par exemple. Et ils ont l’occasion de s'immerger au sein d'entreprises partenaires.

    Enfin la dernière étape, que l’on appelle la certification, c'est la présentation de leur projet devant un jury bienveillant composé de dirigeants d'entreprise. Pour beaucoup, c'est un véritable défi. Mais quelle fierté dans leurs yeux une fois réussi !

    Comment se passe le partenariat avec les entreprises ?

    Nous avons fait le choix dès le départ de trouver des entrepreneurs privés plutôt que d'aller chercher des fonds publics. Car je suis convaincu que l'engagement auprès de ces jeunes laissés-pour-compte, c'est le problème de tous et particulièrement des entrepreneurs. Nous avons aujourd'hui plus de 30 entreprises partenaires qui nous apportent les fonds nécessaires.

    Mais nous ne sommes pas non plus déconnectés des structures en place. Dans chaque bassin d'emploi, nous nous rapprochons des Missions Locales, des Centres Sociaux ou de Pôle Emploi qui sont nos prescripteurs, et qui nous aident à identifier et contacter les jeunes.

    Ces entreprises sont donc des mécènes ?

    Oui, mais pas seulement : le projet de nous soutenir peut s’enrichir de l’accueil des jeunes pendant leur formation, de visites de l’entreprise, d’échanges avec les dirigeants, et la participation à la certification finale. Les entreprises profitent également des avantage fiscaux dédiés aux associations reconnues d'intérêt général et peuvent déduire 60% de leurs dons directement en crédit d'impôt.

    Quelques histoires à nous raconter ?

    Oui, il y a par exemple ce jeune qui avait un CAP d’électricien et qui avait tout lâché pour des raisons d’environnement social et de santé. Lors de la certification, un chef d’entreprise du jury, complètement impressionné par ce jeune, lui propose de le prendre immédiatement en stage. Ce jeune est en CDI aujourd’hui. Un autre jeune présente son projet lors d’une certification, avec une certaine aisance orale, et le jury apprend au moment du debriefing qu’il ne sait pas lire et qu’il a appris par cœur ce qui se trouvait sur ses diapositives. On crée alors un changement total de regard sur ces jeunes.

    Louise Guerre, pourquoi Archimag et le groupe Serda que vous présidez soutiennent-il ce projet ?

    J'adhère complètement à cette vision d'une entreprise qui n'a pas uniquement un rôle économique, mais aussi social et sociétal. L'entreprise ne vit pas sur une île déserte : il est primordial de regarder autour de nous, d'identifier ce que nous pouvons apporter à notre environnement, à notre société, et de s'engager. Et les événements de début janvier dernier viennent encore renforcer cette nécessité. Je pense aussi que la taille de l'entreprise importe peu : que l'on soit une grande entreprise ou une PME, chacun peut agir avec les moyens à sa disposition.

    Qu'est-ce qui vous a séduite dans ce projet ?

    La démarche, tout d'abord. Cette idée de créer une étincelle, de partir de chaque jeune, c'est essentiel. Ensuite la pédagogie : c'est un apprentissage par l'action, tout se fait de manière vivante et interactive, en mettant les jeunes en situation. Pas de cours théorique ! Puis le réseau de formateurs est très professionnel, avec des personnes qui suivent un véritable parcours avant de pouvoir encadrer et accompagner 12 jeunes.

    Enfin, le modèle économique : chaque jeune formé a nécessité un investissement moyen de 1000 euros seulement. Au-delà d’être innovant, c’est un dispositif très compétitif dans notre pays, au regard  de ce que peut coûter un jeune décrocheur à la société lorsqu'il tombe dans l’oisiveté ; on peut donc former un grand nombre de jeunes.

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    + repères

    Le réseau Étincelle en bref

    Le réseau Étincelle a vu le jour en 2010 dans le nord de la France. Il accompagne des jeunes sans diplôme, sortis très tôt du système scolaire, à devenir entrepreneur de leur vie.

    Le programme est organisé en sessions de 60 heures, sur une durée de 9 semaines. Chaque session accueille 12 jeunes maximum, pour être le plus possible à leur écoute.

    Le réseau Étincelle intervient aujourd'hui dans 4 régions : Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Ile-de-France, et tout récemment les Pays-de-la-Loire. D'autres régions vont ouvrir.

    • Statut

    Le réseau Etincelle est une association Loi 1901, reconnue d'intérêt général depuis 2011. Le délégué général Olivier Vigneron forme et anime le réseau de formateurs et le réseau de délégués territoriaux.

    • Chiffres-clés

    - 40 sessions depuis 2011

    - 400 jeunes "Etincelles" formés

    - 30 entreprises partenaires

    - 20 formateurs agréés

    • Résultats obtenus

    Ce que les jeunes ont le plus apprécié dans leur parcours : retrouver la confiance en soi, révéler ses talents, découvrir et mieux comprendre le monde professionnel et travailler en équipe.

    La moitié d'entre eux a retrouvé le chemin de l'emploi. Et sur ces 50% : 34% sont en emploi, 15% ont repris une formation professionnelle, et 2% ont créé leur propre entreprise. L'autre moitié continue d'être suivie par les prescripteurs, telles les Missions Locales et le Pôle Emploi. Au total, 93% des jeunes se sont remobilisés en termes d'action et de prise d'initiative.

    • Pour en savoir plus

    Film de présentation

    Si vous souhaitez nous soutenir et devenir mécène : louise.guerre@serda.com ;  01 445 345 00.

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.

    Le chiffre du jour

    76
    des répondants à notre grande enquête sur les professionnels de l'information et l'entrepreneuriat affirment être attirés par le statut d’entrepreneur (créateur d’entre-prise, indépendant, freelance, etc.).

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    archiviste ; e-archiviste

    [Avril 2019]

    • E-archiviste : 21 mois d'expérience (CDD/CDI à temps plein)
    • Archiviste papier : 15 mois (stages, contrat de professionnalisation)
    • Records manager : connaissances théoriques (master Archives Paris 8)
    • En bibliothèque, équivalent agent de catégorie C : 14 mois (stage, service civique)
    • Veilleuse active sur l'archivage, la valorisation patrimoniale, la data, l'Intelligence Artificielle, le cadre législatif et normatif français et européen...

    Archiviste

    Madame, Monsieur,

    Archiviste de formation, je travaille au sein d'un établissement d'enseignement supérieur depuis 10 ans. Je suis titulaire de mon poste en tant qu'assistant ingénieur (personnel itrf, BAP F). Je souhaite aujourd'hui apporter à votre établissement mon expérience acquises depuis 2009.

    Je me tiens à votre disposition pour toutes informations complémentaires et envisager tout projet de mutation ou détachement qui correspondrait à mes qualifications.

    Cordialement

    Adrien Flamme

     

     


    Bibliothécaire (cat. A)

    Après des années consacrées à la recherche, je souhaite aujourd’hui revenir au monde des bibliothèques.