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Veille : comment utiliser les données bibliométriques ?

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    Les technologies de collecte et d’agrégation des données statistiques n’ont pour la plupart d’autres vocations que la seule évaluation. (Tom Murphy VII)
  • Si elles ne peuvent se suffire à elles-mêmes, les analyses bibliométriques permettent aux chercheurs, aux bibliothécaires et aux entreprises d’identifier les auteurs les plus en pointe sur un sujet donné, leurs réseaux d’influence, et les revues les plus courues...

    Qui dit bibliométrie dit analyse statistique des publications. Et qui dit bibliométrie agite souvent un chiffon rouge au nez des chercheurs, nombreux à regretter une trop grande importance accordée aux seuls indicateurs « quantitatifs » dans l’évaluation de leurs travaux de recherche. Car la bibliométrie n’est pas infaillible : le chercheur français Cyril Labbé en a fait une démonstration caricaturale en 2010. Il a créé de toutes pièces un pseudo-spécialiste en science informatique, dénommé Ike Antkare, qu’il a réussi à faire entrer dans le top 100 des auteurs les plus influents sur Google Scholar sur la foi d’une centaine d’articles bidonnés.

    Plus récemment, Arturo Casadevall, chercheur à l’Albert Einstein College of Medicine (New York), s’est, lui, inquiété d’autres dérives. Celles conduisant les têtes pensantes des plus grandes universités à délaisser leurs priorités scientifiques afin de n’écrire « que » sur des sujets susceptibles d’intéresser des revues à fort « facteur d’impact » (Science, Journal of American Medicine...). La course aux citations a ses écueils. Dont acte.

    Mais s’il est permis de douter de l’« obsession bibliométrique » de certains chercheurs, et de leurs bailleurs de fonds. N’oublions pas que les technologies de collecte et d’agrégation des données statistiques n’ont pour la plupart d’autres vocations que la seule évaluation. Thomson Reuters, l’un des principaux pourvoyeurs de technologies, préfère ainsi présenter son outil InCites 2.0 comme « une plateforme de valorisation et de pilotage ». Celle-ci utilise des indicateurs normalisés et les données de la plateforme de recherche bibliographique Web of Science (ex- ISI, pour « Institute for Scientific Information », créée en 1961 et tombée dans son giron en 1992). Outil dont il affirme qu’il se distingue par son objectivité. « N’étant pas partie prenante dans l’édition nous sommes par nature totalement neutres et indépendants vis-à-vis des revues que nous sélectionnons et donc des publications analysées », remarque Nicolas Noquet, responsable grands comptes France chez Thomson Reuters.

    Détecteur de tendances

    Également très présente sur le marché, la base de données Scopus (50 millions de références dans plus de 21 000 revues internationales) de l’éditeur scientifique Elsevier. Elle permet à la fois d’évaluer les retombées des contributions individuelles de certains chercheurs ou groupes de recherche (« Leurs articles sont-ils cités ? Par qui et dans quelles conditions ?... ») et d’identifier « ce qu’il se passe dans le monde la recherche, ou les sujets qu’il pourrait être intéressant d’explorer ou d’approfondir », explique Cameron Ross, directeur « product management » Scopus chez Elsevier. Entre autres exemples, les données brutes Scopus sont déjà sondées par des institutions telles que le Conseil européen de la recherche ou l’OCDE. Elles le sont afin de faire des analyses de tendance, de productivité, ou pour jauger la pertinence de certaines collaborations scientifiques – « Quelle est, par exemple, la valeur d’une recherche conduite en Europe en partenariat avec d’autres chercheurs basés en Chine ? »

    À l’avenir, Elsevier,...

    dont les outils de bibliométrie Scopus.com et les solutions d’analyse SciVal sont déjà très utilisés dans les sciences dures (médecine...), espère améliorer ses performances dans les sciences humaines et sociales. Pour ce faire, Elsevier souhaite ajouter davantage de livres au corpus de sources analysées (les recherch....

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