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"On n'a plus besoin de bibliothèques... Est-ce un problème ?"

  • livre ancien pixabay josealbafotos.jpg

    Vers la fin des bibliothèques ? (Pixabay / josealbafotos)
  • Pour le directeur de la bibliothèque de la prestigieuse Ecole polytechnique de Zurich, les bibliothèques sont "surestimées" et n'ont plus vocation à exister "sous leur forme actuelle"...

    Ce n'est pas un poisson d'avril et pourtant ça y ressemble. Le directeur de la bibliothèque de la prestigieuse Ecole polytechnique fédérale de Zurich, Rafael Ball, estime que le temps des bibliothèques est passé : "après tout, les bibliothèques ne font que collecter des contenus à l’usage des gens. Cette conception ne fonctionne plus. Internet est là. Lorsque l’on cherche des contenus, on n’a plus besoin de bibliothèques"...

    "La bibliothèque n'est pas un havre de savoir"

    Dans un entretien accordé au quotidien suisse germanophone Neue Burcher Zeitung et traduit en français par L'HebdoRafael Ball n'y va pas par quatre chemins : "les bibliothèques sont surestimées. Lorsqu’une bibliothèque communale ferme quelque part, tout le monde fait comme si c’était un morceau de culture qui disparaissait. On redoute que les gens s’abêtissent et ne lisent plus si la bibliothèque n’existe plus. C’est de la pure sottise. D’abord, les gens lisent davantage aujourd’hui, à cause d’Internet justement. Quiconque recourt à la Toile doit lire. La bibliothèque n’est donc pas un vecteur de la culture de la lecture. Deuxièmement, la bibliothèque n’est pas un havre de savoir, elle n’est qu’un havre de livres".

    Pour le directeur de la bibliothèque zurichoise, le sort des bibliothèques est désormais scellé. Elles doivent muter et devenir "des centres d'information et de communication permettant l’accès à des contenus électroniques". Les bibliothécaires, de leur côté, seront délivrés des tâches de gestion des collections pour se consacrer à d'autres fonctions : conseils aux usagers, développement de programmes sur mesure à destination des chercheurs... 

    "Utiliser de faux livres près de l'entrée..."

    Quant aux livres, ils subiront une dématérialisation devenue inévitable : "nous devrons tous les numériser. Et le monde entier y aura accès". 

    A la limite du canular, Rafael Ball estime que quelques ouvrages pourront cependant rester en rayonnage : "on peut aussi utiliser de faux livres: un rayon près de l’entrée et, ensuite, les contenus électroniques"...

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    Commentaires (1)

    • Portrait de Gwenaël

      De la fausse croyance de penser que lire sur Internet, que la pratique de l'écran et que les outils numériques remplaceront toute la diversité des autres supports de culture et ici de lecture. Lisez l'interview complète de cet homme (en fin de commentaire). Qu'un homme de cette "responsabilité" feigne de ne pas comprendre les vertus de la lecture sur un support papier et plus précisément sur le support livre, le volumen, le codex, la table d'argile, bref, le support-matière gravé ou imprimé d'écriture est assez consternant, mais tout n'est ici que discours. Faut-il lui dire que la qualité du livre papier, de l'objet dans l'acception la plus simple de ce concept, c'est précisément d'être un objet non-connecté ou déconnecté ? Si le livre est augmenté, c'est uniquement de la pensée du lecteur, mais il n'a pas d'hyperliens, pas de fenêtres numériques intelligentes, pas de places pour les commentaires ou le dialogue en direct, bref, c'est un livre et pas une extension permanente de soi-même vers ce que disent, pensent ou analysent les autres ou d'autres sur l’œuvre ou les sujets qu'il aborde. Le livre a cet avantage d'être une porte vers la mémoire vive du lecteur et pas celle de son ordinateur. Nulle opposition qualitative dans mon analyse entre deux supports mais une opposition nécessaire d'usage et de sens, pour faire la différence entre deux pratiques de lecture dont la plus moderne ne prend toujours pas le pas sur l'ancienne car ça n'est pas la question. On continue à marcher bien que la voiture existe. Mais le même fantasme du modernisme existait pour le principe de déplacement il y a un siècle, il existait aussi pour la nourriture, la pilule contre les aliments, on peut trouver quantité d'exemples du même tonneau. Mais ne nous y trompons pas. Cet homme qui gagne aussi sa vie en vendant des livres qu'il écrit parle simplement d'économie. Dans son acception la plus réduite: faire des économies. L'économie de comprendre que la culture est un bien public, l'économie du coût des livres pour une bibliothèque, uniquement achetés pour les pauvres qui ne peuvent pas se payer ceux qu'écrit ce monsieur. A quoi bon faire lire les pauvres, la télé et internet existent. Ce n'est pas de la provocation constructive. C'est juste un mépris de classe. http://www.hebdo.ch/hebdo/culture/detail/biblioth%C3%A8que-au-diable-les-livres

      avr 21, 2016

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