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Le métier de veilleur vu par les étudiant(e)s

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    Le module W&S intégré à PMB, collecte un ensemble d’informations pertinentes issues de sources telles que des flux RSS, entrepôts OAI, connecteurs Zotero, fichiers et bien d’autres connecteurs. (Grégoire Lannoy/Flickr)
  • Sommaire du dossier :

    1. Cyberdocumentaliste
    2. ​Manager e-réputation
    3. Knowledge manager
    4. Records manager
    5. Document controller
    6. Archiviste cloud
    7. Chef de projet open data
    8. Architecte de l'information
    9. Social media manager
    10. Visualisateur de l'information

    Se projeter sur la réalité du métier auquel on se destine est parfois difficile au début de ses études. Des étudiants en deuxième année d’infocom ont pourtant réalisé, seuls, un véritable projet de veille pour le compte d’une entreprise. Rencontre et premiers retours.

    Pour nombre d’étudiants entamant un cursus universitaire, la veille est un métier abstrait. Étape de l’intelligence économique, elle vise à collecter des informations stratégiques pour anticiper des évolutions, des innovations et des risques. Multisectorielle, la veille relève d’un vaste éventail d’enjeux finaux et est passée en quelques années de la simple compétence au véritable métier. Et même à un « hyper-métier », si l’on en croit l’étude réalisée par l’éditeur Ami Software, l’ADBS et Veille Magazine. Celle-ci révélait en février dernier que 100 % des professionnels interrogés affirmaient remplir jusqu’à cinq fonctions différentes : analyste, contributeur, sponsor, administrateur technique et animateur.

    Cherchez le garçon

    Si le métier de veilleur bénéficie de plus en plus de visibilité, même dans les petites et moyennes entreprises, il reste encore plutôt méconnu des étudiants. Créé en 2000, le Challenge de la veille est un concours national ayant justement pour but de leur faire découvrir les enjeux réels d’une veille stratégique en entreprise. Il a mis cette année en compétition des étudiants suivant l’option « gestion de l’information et du document dans les organisations (Gido) » des différents départements infocom des IUT de Besançon, de Strasbourg et de Toulouse et de celui de Nancy, qui accueillait l’événement. Réunis en équipes, les candidats ont planché dès le mois de janvier sur le sujet de veille informationnelle soumis par le sponsor de l’édition 2014 : la Miroiterie Righetti, la plus ancienne de Lorraine.

    En rencontrant les candidat(e)s des IUT de Nancy et Besançon, les finalistes, on constate au premier coup d’oeil que l’infocom est un secteur de filles. On apprend rapidement que ces étudiantes n’ont pas choisi ce créneau spécifiquement pour la veille, qui fut pour elles une vraie découverte. Ce que confirme Johanna Peche, de l'équipe de Nancy : "si la veille me semble parfois abstraite, j’ai pu constater son intérêt dès le début de mon cursus, explique-telle ; d’ailleurs, c’est un secteur qui recrute, et même si ce n'est pas ce vers quoi je me destine, elle est très intéressante à étudier ».

    Ici, point de veilleuse en devenir, semble-til. En témoignent leurs différents projets professionnels : directrice de création, chef de publicité, journaliste, documentaliste de presse, community manager ou encore chargée de communication.

    La veille, certaines étudiantes l’ont déjà plus ou moins dans la peau. C’est le cas de Claire Bouvet, de l’équipe de Besançon, passionnée de réseaux sociaux : « Accro au web, je fais de la veille sur Twitter, qui est selon moi le média social le plus performant, ajoute-telle ; c'est là que les informations se trouvent et se vérifient en priorité".

    La question du comment innover ?

    De ce premier projet de veille, élaboré pour le Challenge, les étudiantes ont gardé des sentiments multiples : "Nous avons eu du mal à l'organiser, car certaines compétences nous manquaient », estime Johanna Peche. Pour Marie Baini, également de Nancy, l’expérience fut particulièrement formatrice : « En plus de réunir tous les domaines de notre formation (veille, expression écrite et orale, droit, informatique, etc.), ce concours nous a permis d'apprendre à travailler en équipe, expose-t-elle ; il nous a prouvé l'importance du métier de veilleur, balayant le terrain en amont pour répondre à la question, essentielle pour une entreprise, du comment innover ?".

    Le stress du délai et de l’enjeu a l’air d’avoir pesé sur les esprits, ce que confirme Juliette Leuner, de Nancy, qui juge l’approche « enrichissante, stressante, fatigante et émouvante". Bonne joueuse, Morgane Mifsud ajoute : « Nous souhaitions tout faire pour réussir. Et même si nous n'avons pas gagné, nous avons atteint les objectifs fixés par le commanditaire ».

    L’équipe de l’IUT de Besançon est en effet sortie vainqueur du Challenge pour la quatrième année consécutive. Et si aucune des candidates ne se destine - encore ? - au métier de veilleuse, il semblerait qu’elles en aient au moins mesuré l’importance. Ce que conclut Mélina Henning, de l’équipe gagnante : « Impossible pour une entreprise de monter un projet si elle ne surveille pas la presse ou ce que font ses concurrents ! ». Le message du Challenge est donc bien passé !

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