Publicité

Sébastien Dobrowolski, 27 ans, archiviste itinérant

  • Sebastien_Dobrowolski.JPG

    Sebastien-Dobrowolski
    Sébastien Dobrowolski : "Les longs trajets me permettent de décompresser" (DR)
  • Portrait de Sébastien Dobrowolski, archiviste itinérant dans le Nord, geek sur les bords et passionné de musique. 

    On pourrait le croire sédentaire, car Sébastien Dobrowolski n'a jamais quitté son Nord-Pas-de-Calais natal. Mais c'est avant tout un affectif : très attaché au patrimoine industriel de sa région, et en particulier à la ville de Douai où il a grandi. Il porte en lui l'héritage de ses grands-parents, émigrés polonais et mineurs de fond dans les puits des bassins du Nord.

    Si cet attachement se mue au fil des ans en une profonde curiosité historique, le jeune homme, alors encore lycéen, se cherche au point de passer un bac technologique en comptabilité. "Je n'avais pas été pris là où j'avais postulé à l'époque, explique-t-il ; du coup c'était ou ça ou rien". Réalisant qu'il était alors à mille lieux de ses centres d'intérêt, il s'inscrit après le bac en licence d'histoire "parcours droit" à l'Université Lille 3.

    "J'ai dû pas mal m'accrocher pour réussir, se souvient-il ; car un bac technologique est rarement suffisant pour affronter une licence générale !" C'est lors d'un stage dans une petite collectivité qu'il met pour la première fois les pieds dans un service d'archives : "J'ai effectué un jour une recherche d'acte de décès pour un avocat, se souvient-il ; ce fut une véritable révélation".

    Être au bon endroit

    Malgré son bagage fragile en archivistique, Sébastien Dobrowolski décroche son entrée au master archives de Lille 3. Durant ces deux années, les stages qu'il réalise à La Poste, aux Archives nationales du monde du travail de Roubaix (ANMT) et surtout aux Archives départementales du Nord le confortent dans son choix.

    "J'avais enfin le sentiment d'être au bon endroit", s'enthousiasme-t-il.

    Ses études terminées, il vient renforcer l'équipe des cinq archivistes itinérants du Centre de gestion de la fonction publique territoriale du Nord (CDG59), où il exerce depuis deux ans. Établissements publics à caractère administratif, les centres de gestion sont issus du processus de décentralisation impulsé au début des années 80 par le gouvernement de Pierre Mauroy. Véritables partenaires des communes et établissements publics à un échelon local, ils ont pour vocation première la gestion des personnels territoriaux et peuvent être également amenés à développer, sous l'impulsion de leurs élus dirigeants, différents services spécifiques répondant aux besoins de collectivités démunies en moyens et personnels.

    En 2003, le CDG59 a fait le choix de proposer une assistance technique et d'apporter des solutions concrètes aux collectivités du département en matière d'archivage.

    "Nous réalisons des missions d'assistance à la demande des collectivités, explique-t-il ; certaines n'ont aucun service d'archives, d'autres ont nommé un de leurs agents "référent archives" que nous faisons monter progressivement en compétence. Mon rôle est de les aider et de les former sur ces questions".

    Un peu "geek" sur les bords

    Selon l'ampleur de ses missions, il peut arriver que Sébastien Dobrowolski en mène une demi douzaine de front.

    "Les longs trajets me permettent de décompresser, explique-t-il ; je me retrouve parfois dans des situations un peu extrêmes, notamment lorsqu'une collectivité n'ayant jamais mis en place de politique archivistique fait appel à nous. Une bonne heure de route peut me permettre de souffler un peu".

    Passionné de rock des années 70 et de théâtre contemporain, collectionneur de vinyles et de jeux vidéo rétro, un peu "geek" sur les bords, Sébastien Dobrowolski s'amuse de son profil atypique, loin de l'image poussiéreuse qui circule encore parfois sur son métier, et met un point d'honneur à évangéliser ses interlocuteurs sur les bonnes pratiques :

    "Il est souvent difficile de faire comprendre aux gens qu'un document numérique peut, dans certains cas, avoir la même valeur que le papier (et vice-versa), explique-t-il. La pédagogie est essentielle, tout comme le suivi. En cas de besoin ou de question, je reste d'ailleurs à la disposition des gens même quand la mission est terminée".

    Très attaché à son quotidien sans cesse renouvelé, Sébastien Dobrowolski n'est pas encore prêt à faire rimer archivistique et sédentarité.

    "Faire des kilomètres pour classer des archives me plaît encore trop pour arrêter demain", explique le jeune homme.

    Les nombreuses collectivités en attente de l'intervention d'un professionnel apprécieront.

    Il like :

    Son jeu vidéo préféré : le tout premier Mario. "J'y joue encore de temps en temps".

    Son style de musique préféré pour travailler : le black métal. "Le métal permet d'exprimer des sensations intérieures et m'aide à me concentrer".

    Sa pièce de théâtre préférée : Le bruit des os qui craquent, tiré du livre de Suzanne Lebeau par la compagnie Tourneboulé. "Le sujet est lourd, puisqu'il traite des enfants soldats, mais c'est le plus beau spectacle que j'aie vu".

    À lire sur Archimag

    Le Mag

    Tout Archimag, à partir de 9,50 €
    tous les mois.

    Le chiffre du jour

    30 000 euros, c'est l'amende infligée par la Cnil à l'OPH de Rennes Métropole

    Recevez l'essentiel de l'actu !


    Indispensable

    Bannière BDD.gif