1. Vous ignorez à quelle législation vos données sont soumises
La plupart de ces services hébergent leurs données hors de l'Union européenne, ou chez des sociétés soumises à des législations extraterritoriales comme le Cloud Act américain. Ces solutions ne sont pas illégales, mais elles ne garantissent pas la souveraineté des données selon les standards français. Une question simple reste alors sans réponse : dans quel pays se trouve le document que vous venez d'envoyer, et qui peut légalement en demander l'accès ?
2. Vous ne détenez pas les clés de chiffrement
Ces services chiffrent bien les données, en transit et sur leurs serveurs. Le point n'est pas là : ils détiennent aussi les clés, donc ils peuvent techniquement déchiffrer vos fichiers. Un véritable transfert de fichiers sécurisé repose sur une architecture dite Zero Knowledge : le document est chiffré sur votre poste, avant le moindre envoi, et l'hébergeur n'a aucun moyen de le lire. Chiffré ne signifie pas maîtrisé.
3. Le lien de téléchargement circule sans vous
Le lien généré à l'envoi ouvre le fichier à quiconque le possède. Transféré par erreur ou laissé dans une boîte partagée, il reste actif, et personne ne vérifie l'identité de celui qui le clique. Vous avez adressé un document à un destinataire nommé, mais c'est une adresse web anonyme qui en gouverne l'accès.
4. Vous ne pouvez pas prouver qui a reçu le document
C'est le point le plus sensible pour un service d'archives ou une direction juridique. Un accusé de téléchargement indique qu'un fichier a été récupéré, pas qui l'a récupéré, ni depuis où. En cas de litige ou de contrôle, vous ne disposez d'aucune valeur probante : ni preuve de dépôt, ni preuve d'envoi, ni preuve de lecture opposable. Vous avez la conviction que le document est arrivé, pas la démonstration.
5. La durée de conservation ne vous appartient plus
Votre référentiel de conservation fixe des durées, des sorts finaux, des règles de destruction. Le service, lui, applique sa propre politique de rétention, qu'il peut modifier sans vous prévenir. Un lien expiré ne prouve pas que le fichier a été détruit : il prouve que vous n'y accédez plus.
6. L'envoi ne laisse aucune trace exploitable
La CNIL a retenu 6 167 violations de données en 2025, en hausse de 9,5 %, et un incident sur deux relève d'un piratage. Sa présidente relève que ces violations impliquent souvent des prestataires. Or un envoi effectué depuis un service grand public ne produit aucune piste d'audit consultable. Le jour où il faut documenter un incident, il n'y a rien à produire.
Ce qui change avec une solution maîtrisée
Ces six risques se traitent ensemble, à condition de reprendre la main sur toute la chaîne. BlueFiles, édité par la société française Forecomm, chiffre le document sur le poste de l'utilisateur en AES-GCM 256 bits : l'hébergeur ne voit jamais son contenu. L'accès du destinataire est protégé par un code à usage unique. Le logiciel est certifié par l'ANSSI au titre d'un Visa de sécurité, et l'hébergement est assuré par 3DS Outscale, qualifié SecNumCloud et HDS. Chaque envoi produit une trace horodatée : vous voyez qui a ouvert le fichier et vous révoquez un accès à tout moment, depuis Outlook.
Trois questions à poser dans votre service
Où sont hébergés les documents que nous envoyons à l'extérieur, qui détient les clés permettant de les lire, et que pourrions-nous produire si l'on nous demandait la preuve d'un envoi effectué il y a six mois ? En 2026, la CNIL consacrera la moitié de ses contrôles et de ses actions répressives à la sécurité des données. Autant connaître ses réponses avant qu'on ne vous les demande.










