Hadopi, pour les e-books aussi !

Le Syndicat national de l'édition, craignant que l'essor du marché des liseuses ne s'accompagne d'une généralisation du téléchargement illégal d'e-books, enclenche le processus Hadopi.

Guillaume Nuttin Par Guillaume Nuttin,
rédacteur archimag.
18/01/2011
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développement des liseuses = essor du téléchargement illégal ? (J*)

Le bruit fait cet automne par la polémique concernant le téléchargement gratuit de La carte et le territoire - dernier roman de l'innénarable Michel Houellebecq et prix Goncourt 2010 -, pouvait le laisser présager : après le multimédia, c'est désormais le livre qui fait appel à Hadopi.

Le SNE (Syndicat national de l'édition, qui regroupe près de 600 éditeurs), par le biais de sa déléguée générale, Christine de Mazières, exprime ses intentions avec fermeté, motivées notamment par l'essor des liseuses : « Il est aujourd'hui indispensable que l'édition rejoigne le dispositif de la Hadopi. Le marché du livre électronique se développe avec l'arrivée des tablettes. Le risque de voir se répandre le téléchargement illicite va augmenter de manière exponentielle. »

Concrètement, le SNE s'est mis en contact avec les prestataires techniques labellisés (parmi lesquels les sociétés Advestigo et TMG) afin de rechercher les infractions au droit d'auteur commises sur les réseaux peer-to-peer, via la collecte des adresses IP. Prochaine étape avant de pouvoir saisir les instances de riposte graduée, le dépôt du dossier à la Cnil.

Seulement voilà, étant donnée la taille négligeable des fichiers e-book (par rapport aux fichiers multimédias), la question de la pertinence d'un piratage par les voies du peer-to-peer se pose. Qu'à cela ne tienne ! Pour le SNE, il sagit d'une question de principe et d'éducation de l'internaute : « C'est avant tout un moyen de faire de la pédagogie, de rappeler aux intrenautes l'importance de la propriété intellectuelle pour la création » explique Christine de Mazières.

Décidément le monde de l'édition et le monde des bibliothèques ne sont pas tout-à-fait sur la même longueur d'onde concernant  Hadopi, ce dernier s'inquiétant des prérogatives de surveillance des postes publics que la loi s'apprête à lui imposer.

 

 

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