| RETROUVEZ CET ARTICLE DANS NOTRE MAGAZINE Professionnels du patrimoine : quelles innovations pour aujourd’hui et demain ? |
Riche d’un patrimoine numérique d’envergure, le Musée national de la soie de Chine, situé à Hangzhou, dans la province du Zhejiang, s’est récemment équipé d’une solution de Dam. Selon Einden, l’éditeur français fournisseur de l’outil Ephoto Dam, et chargé de l’implémentation, l’objectif était de "connecter les ressources aux besoins concrets du terrain". Ici, l’intelligence artificielle (IA) a été mobilisée pour organiser les collections et identifier des pistes narratives, aider à la conception d’expositions esthétiques et immersives, ainsi que pour accélérer les recherches scientifiques sur le patrimoine culturel textile.
Aujourd’hui, difficile d’imaginer des outils qui ne proposent pas de fonctionnalités d’IA. La technologie est presque devenue un standard pour l’analyse, la description ou encore pour la détection de mots-clés et l’automatisation de tâches. En 2025, dans le dernier guide pratique Archimag consacré à ces solutions, "Dam : bien maîtriser ses ressources multimédias", 25 éditeurs sur 26 déclaraient proposer de l’indexation et de la classification automatiques. Selon l’éditeur Armadillo, l’enjeu est désormais d’aller plus loin. "Nous cherchons aujourd’hui à développer des grilles et des thésaurus avec l’aide directe de l’IA", explique Édouard Brianceau, directeur commercial et marketing de l’éditeur de solution de Dam. "La fonctionnalité est en cours de développement, car c’est un vrai "game changer" pour les clients". Selon lui, elle pourra les aider notamment pour la vitesse d’archivage ainsi que pour l’analyse de photos et de données, qu’il s’agisse de vidéo, d’audio, d’image, et donc, pour leur faire gagner du temps pour la partie indexation. Cette évolution suppose que les solutions de Dam soient capables de supporter des "assets" de plus en plus volumineux. Chez Armadillo, le défi est autant fonctionnel que technique : "Aujourd’hui, nous gérons, par exemple, la base de données du ministère de la Défense, qui concentre plus de dix millions d’images", indique Édouard Brianceau. Ce volume est voué à croître avec l’arrivée de nouveaux formats (vidéo, audio, 3D, etc.).
Vers l’IA agentique, mais toujours avec l’humain
L’heure est aussi à l’IA agentique. De plus en plus d’éditeurs mettent en avant des agents spécialisés, capables d’intervenir à différentes étapes du cycle de vie des contenus : enrichissement automatique, transformation des médias, contrôle de la marque et de la conformité, gouvernance des données ou automatisation et orchestration de tâches répétitives. L’éditeur Bynder a, par exemple, mis en place un tableau de bord permettant de suivre l’utilisation de son agent d’enrichissement. Un moyen de comprendre le taux d’acceptation des suggestions et de l’activité, mais aussi de mesurer l’impact des métadonnées générées par l’IA.
La possibilité de recherche en langage naturel constitue également une fonctionnalité différenciante de nos jours et à l’avenir. Quand certains éditeurs proposent une "IA maison", d’autres offrent la possibilité de choisir son outil. Notamment pour répondre à des besoins de souveraineté des données. "Tout l’enjeu est de comprendre comment "faire entrer" l’humain - à savoir l’expert -, dans l’IA pour qu’elle soit réellement adaptée à un utilisateur", soulignait dans notre guide pratique Philippe Carré, professeur à l’Université de Poitiers, Laboratoire CNRS XLIM et codirecteur du DamIA Lab. "C’est une vraie question de recherche à l’heure où l’intelligence artificielle soulève des interrogations autour de la destruction d’emploi".












