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Innovations au sein des portails de diffusion : les apports du IIIF et de l’IA

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    Le portail Marius diffuse aujourd’hui plus de 27 000 documents. (Ville de Marseille)
  • En quelques décennies, les portails de diffusion ont accompli de fulgurants progrès en matière d’interopérabilité et de trouvabilité. Le protocole IIIF et l’IA sont désormais embarqués dans de nombreux projets.

    C’est au début des années 1990 que sont apparus les premiers portails de diffusion avec l’essor d’internet et la numérisation des premiers fonds documentaires. Trois décennies plus tard, le mouvement s’est amplifié, avec des bibliothèques numériques toujours plus performantes et ergonomiques. Portés par des technologies de pointe, les prestataires sont aujourd’hui en mesure de proposer des portails adaptés à chaque institution.

    "Nous mettons en place des bibliothèques numériques permettant de diffuser tous types de fonds", explique Emmanuel Fremau, responsable marketing chez Memorist. "Ce ne sont pas uniquement des fonds 2D, cela peut être de l’iconographie, des documents variés. Sur l’un de nos sites de référence, les utilisateurs peuvent consulter des dessins et des estampes, accéder à différentes typologies de documents. Ils peuvent également consulter les notices, atteindre le document lui-même, zoomer, comparer des documents, partager des extraits d’images, annoter, télécharger si l’établissement l’autorise, ou encore partager sur les réseaux sociaux ou par e-mail."

    Interopérabilité des données

    Une technologie a permis cet important bond en avant : le protocole IIIF ou International image interoperability framework (prononcez "trois-i-f"), un standard international qui permet l’interopérabilité des données. Exemples d’applications concrètes : exposer dans la même interface deux manuscrits conservés dans des pays différents pour les étudier ensemble, explorer les détails d’une carte ancienne ou d’une enluminure sans temps de chargement excessif, etc.

    Le IIIF a l’avantage de s’appliquer à tous types de fonds : papier, iconographie, grands formats, 3D, audio, vidéo… "Il s’est fortement développé ces quatre ou cinq dernières années", précise Emmanuel Fremau. "Il n’est pas encore systématiquement pris en charge par tous les logiciels d’archives ou de catalogage, car il est davantage orienté vers la diffusion de documents numériques, qu’ils soient natifs ou numérisés".

    C’est ainsi qu’une quinzaine de portails de bibliothèques développés par Memorist sont moissonnés par Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF. Même interopérabilité pour des services d’archives qui sont également répertoriés par le portail FranceArchives. Dans ces deux cas, ce sont Gallica et FranceArchives qui récupèrent les données via le protocole IIIF.

    Catalogue transversal

    Autre innovation, la possibilité d’intégrer sur un même portail des fonds et des collections provenant de plusieurs institutions. C’est ce que propose le portail Marius, développé par la ville de Marseille et ses institutions patrimoniales : services archives, bibliothèques, musées et muséums ont conjugué leurs efforts pour offrir leurs trésors dans une seule interface. Refondu en 2025, ce portail diffuse aujourd’hui plus de 27 000 documents dans une magnifique interface épurée : photographies, cartes postales, affiches, gravures, cartes et plans, œuvres et objets d’art…

    Présenté par la ville de Marseille comme "un vaste catalogue transversal", ce portail des collections patrimoniales de la cité phocéenne est enrichi d’un moteur de recherche avec filtres et listes. Il est également possible de parcourir les collections par établissement de conservation et de partager des fichiers depuis la visionneuse.

    Améliorer l’indexation et la recherche

    Alors que le nombre de documents mis en ligne explose, la question de leur trouvabilité se pose à toutes les institutions. Comme on pouvait s’y attendre, l’IA est désormais embarquée sur de nombreux portails de diffusion, comme sur la fameuse POP (Plateforme ouverte du patrimoine) du ministère de la Culture, qui donne accès aux bases de données patrimoniales créées par le ministère de la Culture depuis la fin des années 1970. Couplée au protocole IIIF, l’intelligence artificielle est appliquée à la connaissance des collections afin d’améliorer l’indexation et de la recherche dans les fonds d’images parmi les plus de 4 millions de notices exposées sur POP.

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