Ammareal : des engagements sociaux et environnementaux au service des performances économiques

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    Libraire de livres d’occasion en ligne, Ammareal affiche un fort engagement social et environnemental. (Ammareal)
  • La seconde main a le vent en poupe ! Tout comme les meubles ou les vêtements, les livres connaissent, eux aussi, une seconde vie grâce au libraire digital Ammareal, qui collecte des ouvrages auprès de bibliothèques, associations et particuliers. Mais loin de se contenter de les revendre, l’entreprise s’engage également à recycler les invendus et à reverser une partie de son chiffre d’affaires à des associations caritatives luttant contre l’illettrisme. Renan Ayrault, dirigeant de la société, présente l’équilibre qu’il a trouvé pour mêler engagements RSE et croissance économique.

    ammareal-renan-ayrault.jpgEn quoi consiste l’activité d’Ammareal ?

    Renan Ayrault : Ammareal est un libraire de livres d’occasion en ligne, avec une particularité : nous avons un engagement social et environnemental très marqué. Nous sommes pleinement dans l’économie circulaire : les livres que nous ne revendons pas sont donnés, ceux qui ne sont pas donnés sont recyclés. Nous nous engageons également à reverser une partie du prix de vente des livres à des associations caritatives, et ce depuis le lancement de l’entreprise. Nous avons une dimension sociale et environnementale très forte, très marquée, qui fait partie intégrante d’Ammareal. J’ai lancé l’entreprise fin 2013, seul dans mon garage, et aujourd’hui nous regroupons une vingtaine de salariés, avec pas loin d’1 million de livres en stock et plusieurs centaines de milliers de ventes par an.

    Cet engagement fort a-t-il toujours été une priorité pour vous ?

    R. A. : Dès la création, cela faisait partie du plan d’affaires que j’ai présenté à mes associés et investisseurs, dont le Réseau Entreprendre, qui m’a soutenu. Ces engagements faisaient déjà partie intégrante de qui je voulais que nous soyons. J’avais la volonté de développer une entreprise qui nous permette d’aller plus loin que les profits. Certes, faire du profit est important, mais ce n’est pas une fin en soi ; cela doit être un moyen de développer une organisation qui apporte quelque chose d’autre. 

    Je voulais une dimension humaniste et humaine qui soit beaucoup plus forte qu’une entreprise “classique”. Sans le savoir, j’avais déjà en tête ce qui s’est par la suite appelé, avec la loi Pacte, une “entreprise à mission”, ce que nous sommes devenus fin 2021. De la même façon, j’avais déjà en tête l’Entreprise Solidaire d’Utilité Sociale, ce que nous sommes aussi devenus avec l’agrément ESUS obtenu début 2022. J’ai voulu concrétiser ces engagements quand je travaillais sur notre lancement, mais sans m'appesantir sur le théorique. C’est bien après que j’ai réalisé que nous étions précurseurs.

    Une entreprise doit malgré tout faire du profit. Quel est le modèle économique d’Ammareal ?

    R. A. : Au lancement de l’entreprise, nous avons proposé aux bibliothèques municipales, départementales ou universitaires, et aux associations de reprendre les livres dont elles ne voulaient pas ou plus. De nombreuses bibliothèques cherchent à faire du “désherbage”, c’est-à-dire déstocker les livres dont elles ne veulent plus pour faire place à des nouveautés et faire vivre leur fonds documentaire. Nous proposons à ces bibliothèques une offre à moindre frais : nous leur envoyons des palettes et des cartons dans lesquels elles vont entreposer les livres, puis nous nous occupons du transport. Nous reversons également 10 % du produit de la vente de chaque livre vendu à la bibliothèque partenaire.

    Nous faisons la même chose avec les associations, qui ont des trop-pleins de livres dont elles ne savent pas quoi faire. Notre premier partenaire a d’ailleurs été Emmaüs Les Ulis, en plein plateau de Saclay, qui récolte des livres de professeurs d’université ou d’étudiants qui n’intéressent pas mais que nous allons pouvoir récupérer. Ammareal est donc un débouché pour les bibliothèques et les associations qui devraient, sinon, mettre ces livres en recyclage, voire à la benne. 

    Par ailleurs, il y a 3 mois, nous avons lancé un flux de reprise de livres auprès des particuliers de 2 façons différentes : 

    • via une application mobile qui va permettre de scanner les livres et d’identifier directement ceux qui seront repris ou non ;
    • via des librairies indépendantes et avec les librairies Furet du Nord et Decitre. Nous travaillons ainsi avec une trentaine de librairies partout en France.

    Qu’arrive-t-il aux livres qui vous sont remis ?

    R. A. : 95 % des livres que nous reprenons auprès des particuliers sont remis en vente. Pour les bibliothèques et associations, nous sommes plutôt sur 1/3 mis en vente et 2/3 recyclés ou donnés, comme c’est le cas pour plusieurs dizaines de milliers de livres chaque année. Notre recyclage est réalisé à 100% en Europe, dont au moins 80% en France, dans un souci de limitation de la consommation de CO². Quant aux livres remis à l’achat, ils sont en grande majorité rachetés par des particuliers. 2 % sont achetés par des institutions ou des professionnels, dans le cadre d’expositions ou pour la rédaction d’un livre, d’un article ou d’une thèse, notamment.

    Au-delà de l’aspect environnemental, quels sont vos engagements sociaux ?

    R. A. : Les deux engagements principaux mis en place concernent les dons. L’année dernière, nous avons donné 100 000 euros à 4 associations que nous soutenons, pour certaines depuis 2014 :

    • Mots et Merveilles, qui lutte contre l’illettrisme ;
    • le Secours populaire Français, qui mène des actions de soutien et d’accès à la culture ;
    • Lire & Sourire, l’ex-Fonds Decitre, visant à faciliter l’accès à la lecture ;
    • Bibliothèques sans frontières, militant pour l’accès à la connaissance.

    Nous donnons également des dizaines de milliers de livres par an, principalement aux associations, aux bibliothèques ou aux personnes qui s’engagent à redistribuer les livres. Par ailleurs, nous étions basés à Grigny jusqu’à récemment, qui est la ville la plus pauvre de France. Nous nous engageons à embaucher uniquement en CDI, généralement des personnes éloignées de l’emploi, avec des parcours professionnels accidentés et des périodes de chômage long.1/3 de nos salariés sont issus de quartiers prioritaires de la politique de la ville, et 80 % d’entre eux étaient sans emploi auparavant.

    Vos engagements n’ont-ils pas une incidence sur vos performances économiques ?

    R. A. : L’entreprise poursuit sa croissance à deux chiffres. Nous avons toujours été rentables. Notre objectif était d’avoir un modèle vertueux, c’est-à-dire une capacité à assurer notre croissance et notre pérennité économique, tout en ayant une dimension sociale et environnementale forte, qui fasse que l’on se lève le matin pour autre chose que simplement gagner de l’argent. Nous avançons ainsi en étant extrêmement rigoureux dans notre gestion et exigeants vis-à-vis de l’ensemble de nos partenaires et prestataires et leur demander qualité et résultats. Cela nous permet de contribuer à nous développer tout en étant généreux auprès des organisations caritatives que nous accompagnons.

    Quelles sont vos perspectives d’évolution ? 

    R. A. : Nous continuons à fortement nous développer dans nos domaines historiques, auprès des particuliers et des bibliothèques et associations. Nous embauchons des talents pour nous aider à soutenir cette croissance, et nous allons accélérer en particulier notre développement auprès des libraires indépendants en leur proposant des services de reprise de livres de qualité pour leurs clients, adaptés à leurs spécificités. Un certain nombre d’entre eux sont déjà venus à nous pour demander ce type de service, donc c’est une excellente chose !

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    Contact
    Ammareal

    Virginie Gesbert
    Responsable Relations Partenaires
    partenaire@ammareal.fr
    01 69 39 49 56
    4 avenue Arago, 91420 Morangis
     

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