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Les Archives nationales de Monaco célèbrent leur premier anniversaire

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    Le Prince Albert II de Monaco avec Michaël Bloche, directeur des Archives nationales, lors de l’inauguration de ces dernières. (Manuel Vitali, Dir. Com (Gouvernement Princier))
  • Le 7 juin 2025, la Principauté de Monaco inaugurait son service d’Archives nationales, créé sous la férule d’un archiviste-paléographe français. Un an après, l’institution patrimoniale monégasque est en passe d’atteindre sa vitesse de croisière.

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    L’année 2025 est à marquer d’une pierre blanche pour le patrimoine documentaire de Monaco, avec la création d’un service d’Archives nationales. Il existait bien, auparavant, un service d’archives au sein du Palais princier depuis près de 150 ans, mais celui-ci ne traitait que les archives relatives à la famille princière et aux anciens fiefs des Grimaldi. Considérées comme des archives privées, celles-ci échappent donc à la catégorie des archives publiques.

    Tout a changé le 7 juin 2025, avec l’inauguration officielle des Archives nationales de Monaco par le Prince Albert II. "Mais il faut remonter à 2021 et à une ordonnance souveraine signée par le prince pour trouver l’origine de ce nouveau service", précise Michaël Bloche, directeur des Archives nationales de Monaco. "Cette ordonnance a créé la mission de préfiguration des Archives nationales, qui a précédé un chantier de quatre années de conception."

    Cette mission de préfiguration a rendu un ensemble de préconisations portant sur de nombreux points : le respect du RGPD, la formation des agents exerçant des fonctions archives dans les services du gouvernement, les conditions de conservation dans les lieux de stockage, la création d’un site internet…

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    Le Prince Albert II de Monaco et Yvette Lambin-Berti, secrétaire d’État, avec Michaël Bloche, en salle de tri et dépoussiérage, lors de l’inauguration des Archives nationales. (Manuel Vitali, Dir. Com (Gouvernement Princier))

    Modernisation des pratiques d’archivage

    Selon Michaël Bloche, cette période de gestation n’a pas été de trop pour donner naissance à un service d’Archives nationales : "L’objectif, durant ces quatre années de conception — et cela continue — a été de renforcer la modernisation des pratiques d’archivage, d’initier une politique active de formation en matière d’archives, d’accompagner les producteurs ne relevant pas du gouvernement princier, de valoriser les archives déjà collectées et lancer une politique de collecte au-delà de l’exécutif, ainsi que de lancer le projet immobilier des Archives nationales."

    Ces quatre années ont également été précédées d’une première phase de modernisation, avec l’appui du cabinet Serda, afin d’élaborer des référentiels d’archivage avec l’Inspection générale de l’administration et le Service central des archives et de la documentation administrative.

    Aujourd’hui, les Archives nationales de Monaco sont dotées de capacités de stockage d’environ trois kilomètres linéaires, dont près de deux kilomètres sont occupés. Comme beaucoup d’équipements dédiés aux archives à travers le monde, celui-ci aura vocation à s’agrandir afin d’accueillir les 10 à 15 kilomètres d’archives qu’il reste à collecter. Des fonds ont en effet été identifiés dans plus d’une centaine de sites, y compris dans des ambassades à l’étranger.

    Autre flux documentaire, les archives nativement numériques sont déjà collectées : messageries électroniques, bases de données, arborescences de fichiers, etc. Après la finalisation d’un marché public, un système d’archivage électronique devrait être déployé d’ici la fin de l’année, pour une mise en production envisagée vers 2028.

    Lire aussi : Les Archives nationales du Luxembourg en mission déménagement

    un chartiste à Monaco

    Diplômé de l’École nationale des chartes et de l’Institut national du patrimoine (conservateur en spécialité archives), Michaël Bloche était auparavant directeur adjoint des archives départementales de Seine-Maritime. De nationalité française, il a pourtant établi des liens particuliers avec la principauté : "En 2015, j’ai lancé, avec les Archives du palais princier, un projet d’exposition et d’ouvrages sur les ancêtres hauts normands des princes de Monaco, les ducs d’Estouteville, seigneurs de Valmont. Le Prince Albert II est venu l’inaugurer et visiter le château et l’abbaye de Valmont, puis la principauté m’a proposé le projet de créer les Archives nationales. Après mûre réflexion, j’ai accepté ce projet très stimulant et unique dans une carrière, et c’est une très belle aventure."

    Dans le cadre de la coopération franco-monégasque, de nombreux Français sont détachés en principauté pour occuper des postes spécifiques. Michaël Bloche, pour sa part, est détaché du ministère de la Culture français. Les Archives nationales de Monaco entretiennent d’ailleurs des relations suivies avec leurs homologues hexagonales. Deux conservatrices des Archives nationales françaises, spécialistes du RGPD, sont venues à Monaco pour développer devant trois cents personnes l’articulation entre le RGPD et les archives, notamment patrimoniales. Dans le public, quasiment tous les représentants des producteurs d’archives publiques et parapubliques de la principauté étaient présents.

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    Registre de demandes de passeports, vue de détail, 1917, Archives nationales de Monaco. (Manuel Vitali, Dir. Com (Gouvernement Princier))

    Les archives, une "maison commune"

    Un an après leur création, un autre chantier occupe les agents des Archives nationales de Monaco. Celui de la numérisation, qui passe par une priorité donnée aux séries stratégiques pour la justification des droits des personnes physiques ou morales, fragiles ou très demandées : généalogie, histoire de l’urbanisme, histoire de l’art… Pour les opérations de grande ampleur, ces chantiers de numérisation sont menés avec le concours de prestataires incluant parfois un traitement documentaire complet : dépoussiérage, classement, reconditionnement, numérisation et indexation.

    De leur côté, les internautes du monde entier peuvent accéder à plus de 30 000 images numérisées, une centaine d’inventaires, des expositions virtuelles et de nombreux contenus éditoriaux. Le site internet des Archives de Monaco attire un large public qui va bien au-delà des généalogistes. Une série propose, par exemple, les demandes de passeports des Monégasques (1917-1931), avec photos, signatures et informations détaillées (état civil, filiation, adresse, profession, signalement physique, etc.).

    Lire aussi : Explosion des données, pression réglementaire, essor du numérique... Les grands enjeux de la fonction d’archiviste

    Un an après l’inauguration officielle, "le bilan est très positif", selon Michaël Bloche : "Le nombre de demandes de recherche est passé de moins de dix par an, en 2021, à plus de cent-cinquante. La consultation à distance et in situ a fortement augmenté, notamment grâce au site internet. Nous fonctionnons comme une "maison commune", en accompagnant les producteurs d’archives publics et parapublics, et, le cas échéant, privés, dans une logique de conseil basée sur la confiance."

    Au cours de cette première année, le site internet des Archives nationales de Monaco a enregistré plus de 15 000 visites, soit près de 60 000 pages consultées. Et les archivistes portent déjà leur regard vers l’avenir, avec la déclinaison en ligne de l’exposition "Préserver la Méditerranée. RAMOGE, un accord pionnier depuis 50 ans". Cet accord intergouvernemental de coopération entre les États français, italien et monégasque œuvre en faveur de la préservation du milieu marin.

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