
RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : QUI SONT NOS CHAMPIONS FRANÇAIS ?
Au sommaire :
- Souveraineté numérique : qui sont nos champions français ?
- La gestion de contenu en mode souverain
- Confiance numérique souveraine : un écosystème mature et dynamique
- Facturation électronique : la souveraineté à l’épreuve d’un marché mouvant
- Plateformes collaboratives et messageries "made in France"
- L’archivage électronique souverain : un impératif stratégique
- Veille : en première ligne de la bataille pour la souveraineté numérique
- Start-up françaises : un levier tactique pour l’innovation et la souveraineté
La réforme de la facturation électronique s’appliquera progressivement à partir du 1er septembre 2026 et plus d’une centaine de plateformes agréées par l’État (101 au 16 janvier 2026, selon la DGFiP) se partagent désormais un marché plein de promesses. "Cette réforme va forcément garantir un gros volume d’adoption", confirme Sandrine Hilaire, présidente de Bestways Consulting, responsable du groupe de travail "Confiance numérique" d’eFutura et coprésidente de la commission de normalisation de la facturation électronique à l’Afnor. Et Thierry Hardion, vice-président de l’association Simplification et dématérialisation des données des sociétés (SDDS) de compléter : "Nous allons passer de moins de 200 millions de factures électroniques circulant en France à certainement quatre milliards de factures ! Les enjeux sont considérables et touchent des millions d’entreprises."
Les éditeurs de solutions de facturation électronique ne sont pas nouveaux. Si de gros acteurs, pas forcément français, occupaient le terrain, le paysage s’est largement agrandi en attirant d’autres profils : experts-comptables, banques, et plus largement tous ceux qui voient dans ces nouveaux flux de données une matière première exploitable.
Dans ce paysage éclaté, plusieurs éditeurs français se distinguent. Certains viennent historiquement de la gestion documentaire et de la dématérialisation (Open Bee, Tessi, Itesoft, TX2 Concept, Cecurity, etc.), d’autres du monde comptable et financier (Cegid, Pennylane, Sellsy, etc.), ou encore des plateformes de services et d’échanges (Doxallia, Abby, etc.). "Ce point de convergence de toutes les données des factures via les plateformes intéresse énormément de monde, d’autant plus avec le développement de l’intelligence artificielle", constate Thierry Hardion. "Toute la vie d’une entreprise peut se résumer au contenu de ses factures : ce qu’elle vend, à qui, à quel prix et ce qu’elle achète. La facture électronique pose donc de vraies questions de sécurité et de souveraineté."
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Une concentration du marché
Pourtant, selon Sandrine Hilaire, le "made in France" n’est pas valorisé. "Nous n’avons pas d’alliance française, ni de mise en avant spécifique d’une souveraineté ou encore de levées de fonds coordonnées", regrette-t-elle. "Sur le site de la DGFiP, il est impossible d’identifier rapidement les entreprises françaises, les filiales d’un groupe américain ou toute autre entité étrangère… Il faut faire des recherches poussées."
Car une réalité "marché" commence déjà à se dessiner et risque d’être marquée par des rachats et des arrêts d’activité. "Quelques acteurs captent à eux seuls une très large part des adhésions sur toutes les plateformes agréées disponibles", confirme Sandrine Hilaire. "La concentration du marché est déjà en cours et des leaders vont émerger. Certains groupes internationaux ont des capacités colossales en matière de marketing, d’investissement et de positionnement, par rapport à de plus petits acteurs français." Selon Sandrine Hilaire, les champions français de demain devront être en mesure de créer des services à valeur ajoutée, de traiter toute la chaîne de valeur et, bien sûr, de s’interconnecter avec les ERP et autres logiciels.
Enfin, un hébergement souverain des données constitue un autre argument, de taille, à mettre en valeur. "Si un éditeur est soumis à une juridiction américaine, peu importe que les données soient hébergées en France ou en Europe : elles peuvent rester accessibles", conclut Sandrine Hilaire. "C’est encore un angle peu intégré par les entreprises, qui s’attachent davantage à l’hébergement qu’au droit applicable à leurs prestataires."










