
RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : QUI SONT NOS CHAMPIONS FRANÇAIS ?
Au sommaire :
- Souveraineté numérique : qui sont nos champions français ?
- La gestion de contenu en mode souverain
- Confiance numérique souveraine : un écosystème mature et dynamique
- Facturation électronique : la souveraineté à l’épreuve d’un marché mouvant
- Plateformes collaboratives et messageries "made in France"
- L’archivage électronique souverain : un impératif stratégique
- Veille : en première ligne de la bataille pour la souveraineté numérique
- Start-up françaises : un levier tactique pour l’innovation et la souveraineté
L’Observatoire de la confiance numérique 2025, réalisé par l’Alliance pour la confiance numérique (ACN), place la souveraineté parmi les grands défis à venir. "La nécessité de réduire nos dépendances et de renforcer notre souveraineté numérique et notre autonomie stratégique est plus évidente que jamais", affirme Daniel Le-Coguic, président de l’ACN. Cette filière, qui rassemble des secteurs tels que la cybersécurité, l’identité numérique, la signature électronique ou encore l’IA de confiance, pèse 33,5 milliards d’euros de chiffres d’affaires en France et 107 000 emplois.
"Le marché est mature", constate Philippe Sanchis, secrétaire général de la Fédération des tiers de confiance du numérique (FnTC). "Les technologies et les innovations sont là depuis quelques années et la notion de confiance numérique est rentrée dans les pratiques des organisations". Cette évolution occasionne des mouvements qui permettent aux entreprises françaises de gagner des parts de marché sur leurs concurrents étrangers.
En novembre dernier, le spécialiste de la signature électronique Yousign annonçait un changement de nom. En devenant Youtrust, l’entreprise française compte devenir "la référence européenne de la confiance digitale" et intègre désormais une plateforme complète (vérification d’identité et de documents, cachet électronique, etc.). "Il y a un phénomène de plateformisation chez les éditeurs", confirme Philippe Sanchis. "De grands groupes français et européens optent pour des solutions couvrant de plus en plus de facettes de la confiance numérique pour mieux s’imposer."
C’est le cas de Docaposte et de Tessi ou encore de Vialink, qui a été racheté par Signaturit (ex-Universign), lui-même entré dans le giron de l’Italien Namirial en 2025. "De plus petits acteurs se spécialisent parallèlement sur des segments précis et innovants, comme les start-up Finovox et Meelo, qui officient dans le domaine de la fraude documentaire", remarque le secrétaire général de la FnTC.
Certains éditeurs de solutions, comme Oodrive, Goodflag (ex-Lex Persona), Basylic, Itesoft et CTMS, n’hésitent pas à mettre en avant leurs atouts en matière de souveraineté. C’est aussi le cas de Luminess, qui affirme son rôle de tiers de confiance technologique "face à l’émergence de plateformes globales souvent extraeuropéennes […] en offrant des alternatives éthiques, fiables et compétitives".
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Une approche culturelle différente de la confiance numérique
"Depuis trois ans, les organisations se préoccupent davantage de la notion de souveraineté", estime Philippe Sanchis. Les différentes réglementations - eIDAS, AI Act etc. - ont un impact sur cet enjeu, tout comme l’attractivité du marché européen. "L’Europe dépend beaucoup moins des outils liés à la fraude que les autres régions", déclare de son côté Andras Cser, vice-président et analyste principal chez Forrester. "La détection est rendue moins critique grâce aux normes eIDAS et EUDI Wallet, imposées par l’UE, à l’accessibilité des entreprises via des API et aux registres fiscaux. Les signatures électroniques sont aussi largement répandues dans de nombreux pays. En d’autres termes, l’UE est le “modèle” en matière d’utilisation des identifiants numériques délivrés par les pouvoirs publics dans les administrations et le secteur commercial".
Cependant, comme toute transition, le management du changement n’est pas neutre et la problématique de la souveraineté ne peut être binaire. D’autant plus que la force de frappe de certains éditeurs, d’un point de vue marketing, n’est pas négligeable.
"Notre approche culturelle - qu’elle soit française ou européenne - est un réel atout", conclut Philippe Sanchis. "Elle repose sur une attention particulière aux enjeux de vie privée, de protection des données et des personnes… À la différence d’un fonctionnement anglo-saxon plus juridique".









