Pendant longtemps, l’identité numérique a été perçue comme un outil pratique. Elle permettait de se connecter à un service public, d’ouvrir un compte à distance ou de signer un document sans se déplacer. Utile, mais encore périphérique. Ce temps est terminé.
Les wallets changent l’échelle du sujet. Ils concernent les citoyens, qui doivent pouvoir prouver leur âge, leur identité ou leurs droits sans transmettre partout des copies de documents sensibles. Mais ils concernent aussi les entreprises, leurs dirigeants, leurs salariés, leurs clients, leurs fournisseurs, leurs contrats, leurs délégations et leurs preuves.
C’est le fil rouge de ce troisième numéro de Code Confiance, consacré à l’identité numérique, aux wallets, au Business Wallet, au KYC/KYB, à la preuve, au SI et à la fraude .
Le constat est simple. Nous avons numérisé l’économie, les échanges et les parcours clients, mais nous continuons trop souvent à construire la confiance avec des réflexes dépassés : cartes d’identité envoyées par mail, justificatifs copiés partout, extraits d’immatriculation réclamés en boucle, signatures mal comprises, mandats vérifiés trop vite, changements d’IBAN traités dans l’urgence.
Pendant ce temps, la fraude s’industrialise.
Il n’est plus possible de continuer ainsi. Pas avec des parcours aussi fragiles. Pas avec autant de données copiées, conservées et exposées. Pas face à des fraudeurs capables de fabriquer des dossiers crédibles, d’usurper des entreprises ou de manipuler des validations.
Le wallet ne réglera pas tout. Il ne supprimera ni le phishing, ni l’ingénierie sociale, ni les erreurs de gouvernance. Mal pensé, il pourra même déplacer le risque vers les usages, les consentements, les mandats ou les droits d’accès.
Mais il introduit une rupture utile. Il permet de passer de la copie à la preuve, du document transmis à la donnée vérifiable, de l’identité déclarée à l’identité contrôlée.
Un numéro pour comprendre et décider
Ce magazine n’a pas été conçu pour célébrer les wallets, mais comme un outil de compréhension et d’aide à la décision.
Le dossier central regarde d’abord le risque en face. Le wallet ne supprimera pas la fraude. Il en changera plutôt les chemins. Les attaquants viseront désormais les faux portails, les validations trompeuses, les mandats mal gouvernés, les comptes compromis et les usages faibles.
Ce numéro 3 explique aussi pourquoi le KYC et le KYB vont changer de logique. Vérifier une identité ne consistera plus seulement à collecter une pièce ou un extrait de registre. Il faudra comprendre ce que prouve réellement un attribut, qui l’a émis, s’il est encore valable et dans quel contexte il peut être accepté.
La preuve devient alors un enjeu central. Un wallet n’a de valeur B2B que s’il s’inscrit dans une chaîne complète, reliant identité, mandat, signature, cachet, horodatage, archivage et traçabilité.
Reste la question de l’intégration dans le système d’information réel. Un wallet ne créera aucune valeur s’il reste à la surface des processus. Il devra dialoguer avec les IAM, GED, CRM, ERP, portails clients, workflows et outils de conformité.
Enfin, avec son panorama 2026 des acteurs du marché et son lexique express, ce numéro donne des repères pour comprendre les enjeux, identifier les bons prestataires et préparer les prochains arbitrages.
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