Alors que la France s'apprête à rendre hommage à Marc Bloch fusillé par les nazis le 16 juin 1944, le monde des bibliothèques se souvient que l'historien fut un usager compulsif des salles de lecture. Lui-même se constitua tout au long de sa carrière une bibliothèque professionnelle dont les livres furent spoliés par l'occupant dès 1942, emportés en Allemagne ou vendus. Les ouvrages qui échappèrent à la spoliation furent ensuite dispersés dans plusieurs bibliothèques.
Il est aujourd'hui possible d'accéder au recensement de ce patrimoine documentaire grâce au Laboratoire de Médiévistique occidentale de Paris qui s'est lancé dans un vaste chantier : "Reconstruire la bibliothèque de Marc Bloch". Cette reconstruction se présente sous la forme d'une base de données qui recense les 2 928 documents de la bibliothèque de l'historien. "Ces ouvrages, périodiques et tirés à part sont conservés dans plusieurs bibliothèques de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (Centre d'Histoire moderne, Halphen, IDHES, Lavisse) et de l'École normale supérieure, ainsi que dans des collections privées" précisent les auteurs du projet ; "certains livres sont perdus, mais sont mentionnés dans des listes de restitution ou dans les registres d'acquisition des bibliothèques."
Au-delà des monographies, cette bibliothèque reconstruite numériquement signale également les comptes rendus écrits par Marc Bloch ainsi que des notes de lecture.
De son côté, la Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne propose une exposition consacrée à Marc Bloch et ses livres jusqu'au 15 juillet.











