Comme on pouvait s'y attendre, les vidéos et les images sont très largement utilisées pour répandre la désinformation sur le web. Selon l'Observatoire 2026 de la désinformation publié par l'agence Backbone et l'ONG Respect Zone, 81 % des cas de désinformation reposent sur une vidéo ou une image/photographie. Plusieurs raisons à cela : les contenus visuels ont un impact viral très fort et leur efficacité émotionnelle n'est plus à démontrer. Certains cas étudiés ont généré plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions d’engagements.
Sans surprise, "l'IA constitue un nouveau ressort de la désinformation, sans pour autant remplacer les procédés plus classiques tels que les images sorties de leur contexte, les vidéos recyclées ou les faux documents" constatent les auteurs de l'étude.
Loi de Brandolini
Réalisé à partir de 960 fausses informations ayant circulé au cours des douze derniers mois, cet observatoire fait un constat : près de la moitié de ces cas de désinformation (48,5 %) concerne la géopolitique ou les sujets de société. Dans ce dernier cas, les thèmes relatifs à la sécurité, à la criminalité et à la justice arrivent en tête. Sans oublier les sujets liés à la santé comme la fausse affirmation d’un lien causal entre vaccins contre le Covid-19 et cancers qui a a généré 2,3 millions d’engagements selon les estimations de l'Observatoire 2026 de la désinformation. Moins visées, les entreprises représentent une part minoritaire des sujets de désinformation. Pour autant, elles n'en sont pas moins exposées à des risques réputationnels.
Dans ses conclusions, cette étude rejoint le principe de la loi de Brandolini selon laquelle réfuter une information est beaucoup plus énergivore que la produire. La désinformation est en effet peu coûteuse et virale alors que sa correction demande du temps et des arguments. Une asymétrie structurelle qui joue largement en faveur des agents de la désinformation.










