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300 ans de Richard Hennessy : l’IA pour augmenter les compétences

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    Vue sur le bureau de Richard Hennessy avec défilement de la recomposition d’une lettre de Richard Hennessy adressée à son fils. (Jas Hennessy & Co/Julia Hasse/Et Alors Productions)
  • Pour mieux comprendre la vie de Richard Hennessy, fondateur de la maison de cognac éponyme, le service Patrimoine de Jas Hennessy & Co s’est plongé dans un corpus complexe de 450 lettres avec l’aide de l’IA.

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    D’origine irlandaise, Richard Hennessy s’installe en 1765 dans la ville de Cognac pour y fonder un commerce d’eau-de-vie. 260 ans plus tard, cette activité du groupe LVMH continue de rayonner dans le monde à travers ses cognacs, mais aussi son histoire. Au sein de la maison Hennessy, c’est le service Patrimoine, composé d’une dizaine de personnes, qui œuvre pour la faire vivre et connaître. "Nous gérons l’ensemble des collections, qu’il s’agisse de documents papier, de contenus numériques ou d’objets", explique Marie Wurry, responsable conservation chez Jas Hennessy & Co. "Nous conservons plus d’un kilomètre linéaire d’archives historiques et près de quatre kilomètres linéaires d’archives contemporaines !".

    En 2024, à l’occasion des 300 ans de la naissance de Richard Hennessy, le service Patrimoine a voulu rendre hommage à ce négociant méconnu en se plongeant dans ses correspondances. "Nos archives débutent un peu avant 1765 et nous avons même quelques documents du XVIIe siècle", précise Amélie Giret, chargée des recherches historiques chez Jas Hennessy & Co. Le service Patrimoine dispose notamment d’un corpus de 450 lettres rédigées par Richard Hennessy au comptoir de commerce de Cognac durant ses très nombreux voyages ainsi qu’à sa résidence à Bordeaux. "Nous avions connaissance de ce fonds et une vingtaine de lettres avaient déjà été dévoilées, mais nous ne l’avions jamais exploité pour mieux connaître notre fondateur", reprend Marie Wurry. Après une campagne de numérisation, l’intelligence artificielle (IA) a été utilisée pour décrypter pleinement ces lettres. "Notre directrice, Fabienne Moreau, observait déjà depuis quelque temps les innovations en matière de retranscription d’écritures anciennes", se souvient Marie Wurry.

    rex_cognac_marie_et_amelie.jpgL’équipe se lance dans ce chantier de transcription automatique avec un éditeur spécialisé en IA. "Ce n’était pas magique et il nous a fallu travailler plusieurs mois main dans la main avec notre prestataire", souligne Amélie Giret. "Ce projet s’est déroulé en plusieurs étapes. Nous avons d’abord transcrit manuellement une centaine de lettres pour entraîner l’IA en développement. Nous avons ensuite lancé une première campagne de transcription qu’il a fallu corriger". Pour optimiser cette correction, les relecteurs ont suivi un processus de normalisation, notamment au niveau des annotations ou des abréviations utilisées. "Nous disposions d’un fichier de relecture", indique Amélie Giret. "Et nos cours de paléographie nous ont bien servi !" Car les lettres sont écrites à la main en anglais du XVIIIe siècle, avec un jargon du monde du commerce, des abréviations techniques et même des fautes d’orthographe ! "Il passait aussi de l’anglais au français et nous suspectons une dyslexie…"

    Un entraînement de l'IA long et laborieux

    Toutes les corrections ont ensuite été de nouveau passées à la "moulinette IA". "Nous avons réussi à atteindre un taux d’erreur de moins de 5 %", précise Amélie Giret. "Nous sommes contents de ce résultat, compte tenu de la complexité de ce fonds". "Au fil des mois, nous avons pu rassembler le puzzle de la vie de notre fondateur et le confronter avec l’histoire de la maison Hennessy", poursuit Marie Wurry. "Nous sommes fiers d’avoir mené ce travail, qui a pu être valorisé avec une exposition ouverte au public et, bien sûr, aux collaborateurs."

    Pour Marie Wurry, "l’IA ne remplace pas les humains : elle augmente leurs compétences, mais demande aussi plus de travail. Ce projet a d’ailleurs favorisé la coopération en équipe au sein même de notre direction". De nouveaux projets similaires devraient émerger, notamment pour déceler les secrets des registres de copie de lettres autour des expéditions maritimes de Richard Hennessy. Une façon aussi de se nourrir du passé pour mieux comprendre les enjeux actuels…

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