la bonne solution ?

RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE : SOUVERAINETÉ NUMÉRIQUE : QUI SONT NOS CHAMPIONS FRANÇAIS ?
Au sommaire :
- Souveraineté numérique : qui sont nos champions français ?
- La gestion de contenu en mode souverain
- Confiance numérique souveraine : un écosystème mature et dynamique
- Facturation électronique : la souveraineté à l’épreuve d’un marché mouvant
- Plateformes collaboratives et messageries "made in France"
- L’archivage électronique souverain : un impératif stratégique
- Veille : en première ligne de la bataille pour la souveraineté numérique
- Start-up françaises : un levier tactique pour l’innovation et la souveraineté
Cela fait maintenant près de deux ans que LaSuite est mise à disposition des agents de la fonction publique française. Cet ensemble d’outils collaboratifs en ligne propose à peu près tout ce que l’on trouve dans les digital workplaces commercialisées par les géants "made in USA" : une messagerie instantanée sécurisée (Tchap), une application de visioconférence (Visio), un éditeur de texte collaboratif, un gestionnaire de bases de données, un service d’organisation d’événements et de groupes de travail…
Lire aussi : Proton, garant de la souveraineté des messageries professionnelles en Europe
Mais à la différence de Google Workspace ou de Microsoft 365, LaSuite se positionne d’emblée sur le créneau de la souveraineté : "les outils de LaSuite sont conçus avec la sécurité comme priorité, assurant une protection maximale des données sensibles", explique la Dinum (Direction interministérielle du numérique). "Hébergées uniquement sur des infrastructures SecNumCloud certifiées par l’Anssi, les applications garantissent un niveau de sécurité optimal dans le respect de la souveraineté numérique française." L’intelligence artificielle n’a pas été oubliée, avec un assistant capable de reformuler, de résumer et de générer un contenu adapté aux besoins des utilisateurs.
"Concevoir des logiciels n’est pas le rôle de l’État"
Pourtant, cette suite collaborative d’État laisse perplexe une bonne partie de la filière numérique française : "concevoir des logiciels n’est pas le rôle de l’État", expliquait fin janvier un participant lors de la présentation de l’enquête annuelle du cabinet Lecko consacrée aux enjeux de souveraineté. "Ces digital workplaces d’État viennent percuter le travail accompli depuis plus de vingt ans par les éditeurs français. C’est d’autant plus regrettable que la filière nationale fait preuve de vitalité et propose des outils capables de rivaliser avec les acteurs puissants du marché."
De fait, plusieurs éditeurs se sont imposés sur le marché du collaboratif en l’espace de deux décennies. Né en 2001, Jalios compte désormais plus de 500 clients représentant 2,3 millions d’utilisateurs. Un succès qui repose notamment sur des centaines d’intégrations vers des applications métier tierces : Yousign, Nuxeo, DocuWare, Neoledge… Et même Microsoft 365 ! "Les organisations peuvent choisir la souveraineté : c’est important pour la protection de leurs données", explique le PDG Vincent Bouthors.
Lire aussi : Comment l'intelligence artificielle augmente les digital workplaces
De son côté, Jamespot a récemment fait l’acquisition de SafeBrain afin de consolider son offre d’IA souveraine. Pour son PDG, Alain Garnier, il s’agit de proposer à ses clients "une plateforme collaborative véritablement complète (intranet, réseau social d’entreprise, suite bureautique, messagerie) enrichie désormais d’une IA souveraine, puissante et protectrice de leurs données". Autre atout mis en avant : un hébergement assuré auprès d’acteurs français, comme OVH, Scaleway, Outscale et Orange.
Le dynamisme de la filière française passe également par d’autres alternatives françaises (Talkspirit, LumApps, Whaller, Wimi, CollabNext) qui mettent en avant leur avantage concurrentiel en matière de souveraineté.
Complexité des migrations des messageries
Dans son étude, Lecko dresse un constat : "la messagerie reste le pivot de la collaboration. Les alternatives souveraines (BlueMind, Zimbra, Infomaniak) sont crédibles, mais la migration est complexe (volumétrie, archivage, intégration avec Outlook, habitudes de travail)." Lorsqu’une organisation envisage de changer de messagerie, elle s’y prend en effet à deux fois avant de franchir le Rubicon, tant le chantier s’avère délicat.
Avec plus de 500 clients en production, BlueMind a pourtant résolu le problème à l’Insee, en assurant la migration du fournisseur historique vers son propre outil. Une façon pour l’éditeur d’élargir le thème de la souveraineté en étant "indépendant économiquement et technologiquement".










