
RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE MAGAZINE - IA ET AUTOMATISATION : VERS LA FIN DE LA VEILLE ?
Au sommaire :
- Enquête Archimag : comment les professionnels de la veille voient-ils leur métier ?
- Quand les besoins informationnels passent par le tamis de l’IA
- L’aide au sourcing, mais sous condition
- Une efficacité relative de l’IA pour la phase de collecte
- En appui de l’analyse, les RAG entrent en scène
- L’IA renouvelle la diffusion de la veille
L’intelligence artificielle sonne-t-elle le glas des livrables bureautiques traditionnels ? La question est aujourd’hui posée. NotebookLM, par exemple, est en mesure de générer une vidéo, une présentation graphique ou un fichier audio à partir d’un document textuel classique. Ce n’est guère écologique, mais le résultat est bluffant. "Nous sommes sur de nouveaux modes de consommation de l’information", confirme Romain Ponceau, directeur général du cabinet de veille et d’études Opinion Act. "Cela a commencé avec les podcasts. Au lieu de fournir un PDF aux dirigeants du Cac 40, nous leur adressons désormais le matin, sur leur compte WhatsApp, Signal, ou Telegram, un podcast au format journalistique de deux minutes ou plus qui leur explique la veille réalisée pour eux. "L’idée est de proposer des formats percutants et facilement consommables par ces dirigeants qui ont peu de temps à consacrer aux notes d’analyse qu’ils reçoivent toute la journée. Bien évidemment personnalisables, ces podcasts sont particulièrement adaptés à l’écoute dans les transports sur le chemin du travail. Ils ouvrent également des perspectives aux prestataires de veille sur le plan de la créativité.
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Opinion Act propose également des data personas à ses clients. Il s’agit de personas synthétiques avec lesquels il est possible d’échanger sur la base des données qualifiées. Pour Romain Ponceau, un mouvement est en cours : "Nous sommes peut-être en train de délaisser le rapport PDF pour interagir directement avec l’information au travers de ces personas synthétiques. Derrière, il y a un travail d’analyste, car il faut garantir la confiance et la fiabilité de ces nouveaux livrables". Selon lui, le principal défi est là : "On prend souvent pour acquis ce que les LLM remontent, avec peu de regard critique. Notre valeur ajoutée réside dans la pertinence de l’analyse et la certitude que le veilleur apporte sur la donnée sous-jacente."
Gain de productivité
Pour le consultant en intelligence économique Alexandre Sonnet, directeur de la société Humind, le constat est différent : "Les livrables traditionnels restent globalement similaires, avec des alertes, des tableaux de bord, des rapports d’acteurs, de marchés, de produits, de thématiques réglementaires et d’innovation". Selon lui, la différence tient à l’automatisation et à la vitesse : davantage de rapports, produits plus vite, à partir de plus de données. "Le gain principal est la productivité", explique-t-il. "Le travail humain consiste à vérifier, à corriger et à compléter. L’IA enrichit aussi considérablement les données (profils d’entreprises, fiches thématiques ou produits), qui deviennent dynamiques, plus complètes et plus faciles à maintenir à jour."
Parallèlement, Humind note de nouveaux besoins avec l’émergence des assistants conversationnels d’entreprise et les systèmes d’aide à la décision combinant IA, jeux de données qualifiées et validation humaine. "L’IA facilite enfin la production de benchmarks, de matrices d’analyse, de scénarios prospectifs et de recommandations opérationnelles", poursuit Alexandre Sonnet. "Chaque information peut être contextualisée, mise en perspective et reliée à des actions potentielles, ce qui renforce sa valeur pour les décideurs. La veille devient un véritable outil d’aide à la décision, au service des équipes opérationnelles dans leur mission : innover, produire et vendre."
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À l’heure où certains veilleurs s’interrogent sur leur avenir, l’IA appliquée aux livrables pourrait presque faire office de planche de salut. "Aujourd’hui, l’IA est là pour aider à mieux communiquer", estime Arnaud Marquant, directeur des opérations de l’éditeur KB Crawl. "On le voit bien, dans un contexte économique difficile, la veille peut être fragilisée dans certaines structures si le veilleur n’est pas un bon communicant et ne valorise pas correctement son travail. Des difficultés budgétaires peuvent alors apparaître pour certaines cellules de veille."
L’éditeur travaille déjà à la production de nouveaux formats : l’idée d’un lien sur un site internet permettant d’écouter un podcast est de plus en plus présente. "Très demandé, le podcast est clairement une tendance."









