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Veille : une efficacité relative de l’IA pour la phase de collecte

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    Une évolution du métier de veilleur, moins orienté vers la collecte et plus vers la compréhension du besoin et l’analyse, se dessine. (Magnific)
  • API, logiciels métier et systèmes de surveillance restent privilégiés pour collecter l’information. L’IA agentique ouvre toutefois de nouvelles possibilités sous contrôle humain.

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    Au sommaire :

    - Enquête Archimag : comment les professionnels de la veille voient-ils leur métier ?
    - Quand les besoins informationnels passent par le tamis de l’IA
    - L’aide au sourcing, mais sous condition
    - Une efficacité relative de l’IA pour la phase de collecte
    - En appui de l’analyse, les RAG entrent en scène
    - L’IA renouvelle la diffusion de la veille


    La collecte est probablement la phase du processus de veille où l’intelligence artificielle est la moins utile. Les méthodes traditionnelles et les logiciels métier semblent en effet donner satisfaction aux professionnels, comme Alexandre Sonnet. Sa société, Humind, accompagne les entreprises, de grands groupes et des PME, dans la surveillance de leurs écosystèmes, notamment dans la santé, la chimie, l’agriculture et l’énergie. "Dans un contexte professionnel exigeant, nous limitons volontairement le recours à l’IA pour la collecte primaire", affirme-t-il, privilégiant des systèmes de surveillance structurés, des API et des mécanismes maîtrisés, qui garantissent, selon lui, l’exhaustivité, la traçabilité et la fiabilité des informations. "L’IA intervient davantage comme outil d’enrichissement et de qualification que comme source d’acquisition. Cette approche pourra évoluer avec les progrès technologiques, mais reste aujourd’hui un point de vigilance."

    Un point de vue partagé par Romain Ponceau, directeur général d’Opinion Act : "Ce n’est pas sur la phase de collecte que nous sollicitons le plus l’IA. Nous la faisons travailler à partir du moment où nous qualifions la donnée. Nous pouvons utiliser ponctuellement des IA pour nous aider à ajuster nos processus de requêtage, mais, comme nous avons vingt ans d’existence et une cinquantaine de data analysts qui font ce travail au quotidien, nous disposons d’une expertise interne que nous ne remettrions pas entre les mains d’un LLM pour la collecte."

    Il considère que la place de l’IA se trouve ailleurs : "Nous allons très loin sur la partie qualification des données grâce à des outils développés en interne sur la base de plusieurs LLM. Ils nous permettent de qualifier très rapidement et extrêmement finement les données collectées."

    Lire aussi : Formation et compétences : les métiers de la veille et de la documentation entrent dans l’ère de l’IA utile

    Utiliser des agents IA maîtrisés

    Lors d’une table ronde organisée à l’occasion du salon i-Expo, au mois d’avril dernier, une veilleuse professionnelle tenait un discours un peu différent. À ses yeux, l’IA agentique permet d’obtenir une collecte plus précise et plus exploitable, car l’agent IA comprend la typologie de la veille et la rend opérationnelle. À deux conditions, cependant : utiliser des agents IA maîtrisés et donner à l’utilisateur final la possibilité de garder la main.

    On pourrait ajouter que l’IA est en mesure de signaler les problèmes de qualité avant qu’ils ne se propagent dans le processus de veille. Pour les veilleurs, cela signifie moins de travail manuel, une collecte plus rapide et des résultats plus fiables.

    Pour Arnaud Marquant, directeur des opérations chez KB Crawl, l’apport de l’IA doit être considéré sur l’ensemble de la chaîne : "Si le sourcing est fait en amont, l’IA permet surtout de mieux sélectionner, de mieux travailler un site internet, et d’avoir moins de bruit. Des agents IA découperont mieux l’information afin d’éviter de se retrouver avec des éléments inutiles dans une page que l’on veut surveiller. Pour l’instant, elle ne fait pas beaucoup plus que cela".

    Lire aussi : Rechercher et traiter l’information avec les IA

    Le métier de veilleur moins orienté vers la collecte

    Il y a quelques mois, ChatGPT se dotait d’une nouvelle fonctionnalité baptisée "Tasks", dont l’une des applications peut être l’automatisation de la collecte d’informations. Selon Grégory Jeandot, formateur et consultant en IA générative, l’outil doit être pris au sérieux : "Un utilisateur peut, par exemple, programmer des rapports hebdomadaires ou mensuels sur des thématiques précises (comme les actualités sectorielles ou les tendances technologiques). Cette automatisation garantit une mise à jour constante et structurée, sans nécessiter d’intervention manuelle répétée."

    Une métamorphose du métier de veilleur pourrait alors poindre à l’horizon, si l’on en croit Christophe Deschamps, consultant et formateur en veille stratégique et en intelligence économique : "Cela pose la question d’une évolution du métier de veilleur, moins orienté vers la collecte et plus vers la compréhension du besoin et l’analyse. C’est une chance à saisir, pour aller vers des activités bien plus enrichissantes et valorisantes pour les professionnels !"

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