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Quelques jours après le lancement de Fable 5 et Mythos 5, Anthropic désactive l’accès à ses derniers modèles d’IA pour se mettre en conformité avec les nouvelles directives du gouvernement américain. “En invoquant ses prérogatives en matière de sécurité nationale, le gouvernement américain a émis une directive de contrôle des exportations visant à suspendre tout accès à Fable 5 et Mythos 5”, explique Anthropic.
Cette directive concerne ainsi tous les ressortissants étrangers, qu’ils se trouvent sur le sol américain ou en dehors, mais aussi tous les employés étrangers de la société spécialisée dans l’IA. Pour Anthropic, le “tri” de ses utilisateurs semble impossible. “Nous avons dû désactiver brutalement Fable 5 et Mythos 5 pour tous nos clients afin de garantir notre conformité”, déclare Anthropic.
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Pour justifier cette fermeture administrative, le gouvernement de Donald Trump estime qu’une faille de sécurité permettrait de contourner les garde-fous des modèles Fable 5 et Mythos 5. Pour l’entreprise pilotée par Dario Amodei, l’argument ne tient pas la route. “Si la norme était appliquée à l’ensemble de l’industrie, nous pensons qu’elle aurait pour effet d’arrêter pratiquement tous les nouveaux déploiements de modèles de l’ensemble des fournisseurs”, conteste Anthropic.
D’autant plus que l’entreprise américaine adopte un lancement prudent pour ses modèles, les plus puissants de sa gamme de produits. Certains la taxent même d’opérer un “marketing de la peur”. Pour Yann LeCun, chercheur en IA et ancien directeur scientifique de l’IA de Meta : “les ridicules discours alarmistes de Dario Amodei sur Mythos/Fable (et l’IA en général) ont fini par porter leurs fruits”.
Dépendance technologique
De son côté, une source proche du dossier a affirmé au Wall Street Journal que “la décision de l’administration Trump de suspendre toute utilisation à l’étranger des modèles d’IA les plus performants d’Anthropic fait suite à des discussions entre Andy Jassy, PDG d’Amazon.com, et des responsables américains, dont le secrétaire au Trésor Scott Bessent”.
La guerre des IA est-elle déclarée ? Au-delà de la question centrale de la sécurité des données et des garde-fous mis en place pour éviter toute utilisation malveillante, la situation inquiète outre-Atlantique. Cette fermeture administrative redonne un coup de projecteur à la dépendance technologique des Européens et met en lumière le pouvoir d’un État sur le bon fonctionnement, ou non, d’un service numérique.
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“La décision des États-Unis de réserver l’accès aux derniers modèles d’IA d’Anthropic aux seuls utilisateurs américains envoie un message clair”, a déclaré Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique. “Les grandes puissances considèrent désormais les technologies stratégiques comme des instruments de puissance. Cette réalité conforte l’Europe dans le choix qu’elle a fait : construire son autonomie technologique. [...] Plus que jamais, la souveraineté numérique européenne est une nécessité.”












