Publicité

Sophie Maïsuradzé, la veille en mode multilingue

  • 283 3_10 portrait Sophie_Maïsuradzé CREDIT lenavillaphoto BTE.JPG

    Sophie Maïsuradzé : juriste, polyglotte et veilleuse. Crédit photo : lenavillaphoto.
  • Son enfance s'est déroulée à Tbilissi au coeur du Caucase. La capitale de la république de Géorgie possède une école franco-géorgienne que la petite fille de sept ans fréquente assidûment. Sophie Maïsuradzé y apprend le français et découvre les classiques et les modernes : Victor Hugo, Prosper Mérimée, Le petit prince de Saint-Exupéry... "La France fait partie de ma culture et j'avais déjà la certitude qu'un jour je vivrai en France". Elevée dans une famille de juristes, elle écoute les conseils de sa grand-mère et suit des études de droit pendant quatre ans à Tbilissi. Le domaine juridique l'intéresse, mais la photographie la passionne. Elle joint alors l'utile à l'agréable en se spécialisant dans le droit d'auteur.

    L'idée est judicieuse. Débarquée à Paris, elle gagne un concours grâce à un essai qu'elle a consacré au droit d'auteur. Cette récompense lui permet d'intégrer le cabinet CMS Bureau Francis Lefebvre où elle met à profit ses talents linguistiques : cette polyglotte parle couramment géorgien, russe, français et anglais ! Un atout non négligeable lorsqu'il s'agit de se faire recruter.

    En 2011, elle rejoint Bruxelles et l'association European Digital Rights qui milite pour les libertés à l'ère de la société de l'information. Un an plus tard, de retour à Paris, elle intègre la Quadrature du Net : "Nous étions alors en pleine discussion sur le traité Acta consacré à la propriété intellectuelle. Ce stage à la Quadrature du Net a été une remarquable expérience car il m'a permis de rencontrer des assistants parlementaires européens et leur présenter nos positions sur le droit d'auteur". 

    "J'ai trouvé mon métier"

    Sophie Maïsuradzé décide alors de s'inscrire au master "Communication du savoir, technologies des connaissances et management des connaissances" à l'université Panthéon-Sorbonne. En s'inscrivant sur Linkedin, elle découvre l'impact des réseaux sociaux professionnels. Après avoir documenté sa fiche de présentation, l'algorithme de Linkedin lui suggère de contacter un célèbre éditeur de logiciels dédiés à la veille.

    Elle postule et effectue un stage de six mois chez Digimind où elle paramètre les logiciels pour répondre aux besoins informationnels des clients. Elle s'initie également à l'analyse et mène une veille à 360° : marché, concurrence, e-réputation... Et travaille pour de nombreux secteurs : luxe, industrie pharmaceutique, finance ou tourisme. "Chaque jour, j'apprenais quelque chose de nouveau et je ne me suis pas ennuyée une seule fois. J'ai appris comment une équipe fonctionne efficacement. J'ai trouvé mon métier : la veille, l'information numérique...", dit-elle aujourd'hui.

    Elle restera finalement une année chez l'éditeur avant de rejoindre Linkfluence le spécialiste du "social media intelligence". Sa fonction consiste à tester et étudier les interactions entre le premier écran (la télévision) et les deuxième et troisième écrans (tablette, téléphone). Elle veille alors sur les flux ininterrompus de commentaires laissés par les téléspectateurs sur les réseaux sociaux. Ses clients sont des chaînes de télévision, des sociétés de production et des marques qui veulent savoir ce qui s'écrit sur elles dans les territoires numériques.

    Aujourd'hui, elle occupe un poste de chargée de projets de veille au Crédit Agricole. Elle crée des projets de veille pour les différentes entités de la banque. Le métier rentre.

    Deux fois par an, elle retourne en Géorgie pour rendre visite à sa famille et à ses amis. Quand elle est à Paris, elle arpente les rues un appareil photo à la main : "J'adore marcher dans Paris pour repérer des scènes intéressantes". Une autre façon de faire de la veille.

    ________________________________________________________________________________________________________________________________

    Elle like

    Son lieu préféré : les grands espaces, les océans ("j'aime voir l'horizon").

    Son film préféré : Black Mirror, une série britannique de sept épisodes consacrée à la science-fiction.

    Son disque préféré : les albums de Irakli Charkviani, un chanteur très populaire en Géorgie, mort en 2006.

     

    À lire sur Archimag
    Les podcasts d'Archimag
    Saison 2, Ép. 2 - Fondateur du label The Lost Recordings, Frédéric d’Oria-Nicolas parcourt le monde à la recherche d’enregistrements d’artistes de légende. En créant son propre système de restauration, le pianiste exhume des trésors inédits dénichés (la plupart du temps) dans les archives des radios. Pour Archimag Podcast, Frédéric d'Oria-Nicolas revient sur son parcours.

    Serda Formation Veille 2023