Après un lancement mondial commencé en mai 2024, c'est au tour des internautes français de pouvoir accéder à la fonction AI Overviews (Aperçus IA). Plus besoin de cliquer sur un lien, l'intelligence artificielle de Google - Gemini - génère un résumé de réponses et dispense les internautes de visiter les sites des éditeurs comme ils le faisaient depuis un quart de siècle avec le traditionnel moteur de recherche. "Ces nouvelles expériences transforment la façon dont vous pouvez poser des questions et explorer le Web" explique Google.
Mais cette annonce n'est pas du goût des éditeurs de presse français qui, en 2024, avaient fait valoir le dispositif des droits voisins pour contraindre les plateformes à les indemniser pour la réutilisation de leurs contenus. Depuis, Google leur a proposé une renégociation de leur contrat mais a décidé de lancer AI Overviews sans attendre l'aboutissement de ces négociations. "J’aurais souhaité un accord préalable" explique Marc Feuillée, président de l’Alliance de la presse d’information générale dans un entretien au Figaro ; "Je regrette cette situation de fait accompli et je m’en inquiète."
Une chute du trafic de 43 % attendue par les éditeurs
De son côté, Google déclare laisser le choix aux éditeur d’apparaître ou non dans ces résumés générés par Gemini. Cette option dite opt-out "n’est pas utilisée comme un signal de classement pour les résultats de recherche" tient à rassurer l'entreprise. Pourtant, un rapport publié de l'agence Reuters au mois de juin dernier fait entendre un autre son de cloche. Les éditeurs estiment que le trafic provenant des moteurs de recherche pourrait diminuer de 43 % au cours des trois prochaines années.
Selon l'Alliance de la presse d’information générale, Google aurait lui-même estimé à 600 milliards d’euros la valeur des contenus produits par les éditeurs de presse en Europe. "La question n’est donc plus de savoir si l’information a de la valeur pour l’IA. Elle est désormais posée, quantifiée, assumée. La question est de savoir comment cette valeur est partagée avec celles et ceux qui la produisent" estime l'organisation qui représente plus de 300 titres en France.










