Une sérénité numérique en trompe-l'œil dans les entreprises

  • serenite_numerique-konica.jpg

    serenite-numerique-trompe-lœil-entreprises
    85 % des entreprises se déclarent sereines face au numérique (Freepik Premium / leikapro)
  • A quelques mois de l'entrée en vigueur de la réforme de la facturation électronique, l'on assiste à un décalage entre les discours et la mise en œuvre opérationnelle de la transformation numérique. L’IA, quant à elle, s'impose progressivement dans les entreprises mais en dehors de tout règlement spécifique.

    Alors qu'elles sont confrontées à d'incessants bouleversements, où en sont les entreprises françaises dans leur transition numérique ? Si 85 % d'entre elles se déclarent sereines face au numérique, elles sont encore 70 % à ne pas disposer d'une stratégie numérique formalisée. Un écart saisissant entre le déclaratif et l'opérationnel qui interroge : "cette confiance affichée apparaît moins comme le signe d'une maturité acquise que comme celui d'une sous-estimation des risques réels, voir d'un décalage entre perception et réalité opérationnelle" estime Jonathan Leyva, PDG de Konica Minolta Business Solutions France.

    Selon une étude menée par l'Institut Occurrence pour Konica Minolta, la facturation électronique illustre parfaitement cette sérénité paradoxale. Alors qu'elle doit entrer en vigueur à partir du 1er septembre prochain, la réforme de la facture électronique est désormais connue de 75 % des 500 répondants. Mieux, elle figure aujourd'hui comme la priorité n°1 pour 56 % des entreprises. Problème : le niveau de préparation stagne à un niveau préoccupant de 2,4 sur 5. "Ce décalage entre prise de conscience et capacité de mise en œuvre met en lumière un besoin d'accompagnement opérationnel devenu critique" souligne l'étude. A y regarder de plus près, le niveau d'anticipation diffère entre les ETI (84 % ont initié un travail de préparation) et les PME (71 %).

    Une économie sur les frais d’archivage

    Alors qu’elle n’est pas encore entrée en vigueur, la loi sur la facturation électronique suscite déjà des attentes de la part des entreprises. Quasiment la moitié (49 %) estime qu’elle permettra d’automatiser des tâches chronophages. 42 % pensent qu’elle va entraîner de fait une accélération de la numérisation au sein de l’entreprise et générer un gain de temps appréciable pour déclarer la TVA. 

    Autre point positif, l’économie réalisée sur les frais d’archivage est mise en avant par un tiers des répondants. Considérée comme une contrainte par les PME, cette réforme apparaît davantage comme un atout par les ETI.

    Un usage de l'IA en dehors de tout règlement d'entreprise

    Pour sa quatrième édition, le baromètre Konica Minolta de la sérénité numérique aborde également le recours à l'intelligence artificielle dans les pratiques professionnelles. Sans surprise, l'IA est aujourd'hui considérée comme un accélérateur de progrès pour 41 % des entreprises. Elles ne sont plus que 7 % à la percevoir comme inutile, une baisse de 11 points en une année. Trois usages se détachent au sein des entreprises : assistant personnel, création de contenus, et applications métier. "Cette adoption progressive des outils fait évoluer les rôles au sein des organisations. L'expert en solutions métier et le DSI sont les deux interlocuteurs de référence pour implanter l'IA dans les entreprises" précise l'étude.

    Pour autant, 82 % des entreprises ne disposent à ce jour d'aucun règlement spécifique encadrant l'usage de l'IA. Là aussi, les auteurs de l'étude constatent un net écart entre les PME (90 %) et les ETI (61 %). Au risque de voir des salariés utiliser des outils non validés et nourrir les services d'intelligence artificielle avec des données d'entreprise.

    Enquête réalisée par l'Institut Occurrence pour Konica Minolta auprès de 500 entreprises (400 PME, 100 ETI) du 25 juillet au 15 septembre 2025. Typologie des fonctions interrogées : 34 % de directeurs des services informatiques, 30 % de dirigeants, 28 % de directeurs administratifs et financiers, 8 % autres.

    À lire sur Archimag
    Les podcasts d'Archimag
    Pourquoi parle-t-on autant d’éthique quand il est question d’intelligence artificielle - et de quoi parle-t-on exactement ? Pour les Podcast d'Archimag, nous avons rencontré Enrico Panai, éthicien de l’intelligence artificielle. Avec lui, on clarifie ce que recouvre vraiment le mot "éthique" - au-delà des slogans - et pourquoi l’IA rend ces questions plus visibles, plus urgentes, et parfois plus confuses. On parlera aussi de l’entreprise : ses valeurs, ses contraintes, ses arbitrages… et de la manière dont une démarche éthique, quand elle intervient dès le départ, peut devenir un outil de décision et même un moteur d’innovation.
    Publicité