Contestée, Hadopi sort ses chiffres

En 2 ans, la Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet a envoyé plus d'1 millions d'e-mails d'avertissement et entamé 14 poursuites judiciaires. Mais le gouvernement entend bien réduire le budget qui lui est alloué.

Guillaume Nuttin Par Guillaume Nuttin,
rédacteur archimag.
06/09/2012
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Critiquée dans la rue, Hadopi voit son budget menacé (anw.fr)

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« 12 millions d'euros et 60 agents, c'est cher pour envoyer un million d'e-mails. » La pique est signée Aurélie Filippetti, la ministre de la culture qui n'a jamais caché, à l'instar du gouvernement, son scepticisme vis à vis de d'Hadopi. Haute autorité pour la diffusion des oeuvres et la protection des droits sur Internet qui a effectivement déclaré, dans le cadre de la présentation de son bilan chiffré pour les deux dernières années, avoir envoyé pas moins de 1,15 millions de mails d'avertissement.

Mais la Haute autorité n'en est pas restée aux menaces puisqu'outre l'envoi de 100 000 seconds mails, elle a convoqué 340 personnes. Convocation instructive car soulignant une méconnaissance de la Toile pour bon nombre d'internautes incriminés, qui revendiquaient leur bonne foi. Enfin, la justice a été saisie du dossier de 14 téléchargeurs illégaux.

« Nous avons rempli notre mission de dissuasion », estime Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la commission de protection des droits, chargée de la mise en œuvre du processus d'avertissement. Et pourtant, Hadopi, et plus précisèment son volet répressif, voit son budget menacé. Pierre Lescure, chargé par le gouvernement d'une mission de concertation sur la culture face aux enjeux du numérique, exclut cependant de fermer Hadopi, mais considère qu'« avec la télé connectée, le piratage sera inarrétable.» Pas une raison cependant pour couper les vivres à Hadopi, souligne Mireille Imbert-Quaretta : « Nous sommes une autorité indépendante. Le ministère ne peut pas supprimer Hadopi ou la priver de moyens, car c'est le législateur qui l'a installé. Ce serait une atteinte à la séparation des pouvoirs. »

 

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