les combats de sa vie

 

Dans l’univers plutôt masculin de l’intelligence économique, Josette Bruffaerts-Thomas détonne par sa personnalité et ses engagements. Portrait d’une femme déterminée qui veille à la bonne marche de son entreprise et à celle du monde.

Tous ceux qui ont assisté à une conférence de Josette Bruffaerts-Thomas connaissent son dynamisme et sa volonté de convaincre. La fondatrice et directrice de la société Cim (Competitive Intelligence Management) a organisé sa vie personnelle et professionnelle autour d’une idée force : le combat. « Ma culture créole m’a enseigné qu’il faut faire avec ce que l’on a… et on peut toujours faire quelque chose ! », s’enthousiasme-telle. Ce combat, elle le mène au sein de sa société d’intelligence économique qu’elle fonda, en pionnière, dès 1994. Travail de sensibilisation, accompagnement auprès des PME-PMI, Josette Bruffaerts-Thomas s’est donnée pour mission de porter la bonne parole et les bonnes pratiques en matière d’intelligence économique.
C’est en 1988 sur le campus d’HEC, où elle résidait avec son époux, qu’elle tomba un jour sur un livre consacré à la veille Intelligence économique.  ">i : « Je me suis dit : c’est ça ! Un métier transversal, international, multidisciplinaire et qui porte l’innovation ». Autant de thèmes auxquels cette native d’Haïti est très attachée, elle dont les dix frères et soeurs sont dispersés en France et aux Etats-Unis ou restés sur la terre natale.
 
conquête de marchés
 

À propos d’intelligence économique, Josette Breffaerts-Thomas est intarissable, mais son discours risque de faire grincer quelques dents : « Il y en a assez de l’IE défensive à l’ancienne qui ne parle que de menaces, de prévention et de réductions de coût ! Moi, je promeus une intelligence économique offensive qui vise la conquête de marchés ». C’est pour affirmer cette vision qu’elle a décidé de « bousculer les choses » au sein de la Fédération des professionnels de l'intelligence économique et de la Society of competitive intelligence professionals France, deux instances où elle a titre d’administrateur. Et pour dire le fond de sa pensée, elle regrette que ce soient toujours les tenants d’une intelligence économique traditionnelle qui s’expriment sur l’IE en France…
 
six mille ouvrages
 

Mais le combat de Josette Bruffaerts-Thomas ne se réduit pas à la conduite de son entreprise. Elle, qui a reçu le trophée France-Euro-Méditerranée en 2006 et le Prix de la femme noire chef d’entreprise délivré par la Fédération européenne des femmes noires en 2000, trouve encore le temps de mener de front d’autres projets. À la tête de l’association Haïti futur, elle a fait le choix de miser « sur l’humanité plutôt que sur l’humanitaire », en soutenant des actions d’éducation, de microfinancement et de création de bibliothèques.
Les livres… une autre passion de Josette Bruffaerts-Thomas. Petite fille en Haïti, elle n’avait pas l’argent nécessaire pours’acheter les livres dont elle rêvait. Par une ruse de l’histoire dont elle sourit, elle s’est lancée il y a quelques année dans l’achat du fonds d’ouvrages détenus par le sociologue spécialiste des Caraïbes Gérard Barthélemy. Aujourd’hui, son domicile abrite la plus vaste collection de livres consacrés à Haïti en France : six mille livres historiques, romans, recueils de poésie, archivesi diverses… « Une fierté pour le peuple haïtien et un geste citoyen pour moi », s’exclame cette optimiste née dont la bibliothèque personnelle profite désormais aux intellectuels haïtiens et français qui souhaitent s’informer sur Haïti.
Son combat ne serait pas complet si l’on passait sous silencei l’aide qu’elle apporte aux femmes dans son pays mais également dans les départements français d’outre-mer. C’est elle qui tient à en parler : « Former les femmes à internet">i et à la veille est important car la théorie se transforme vite en action… ».
 

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