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Archiviste : enquête sur un métier en constante évolution

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    Près de la moitié des archivistes (49 %) se sentent sous-estimés ou peu valorisés dans leur structure. (DC Studio/Freepik)
  • Comment se porte et évolue le métier d’archiviste ? Archimag a mené l’enquête auprès des professionnels pour savoir quelles sont leurs conditions de travail et leurs préoccupations et quels nouveaux outils impactent leur quotidien. Voici les grandes tendances qui s’en dégagent.

    couvgp8182.jpgenlightened RETROUVEZ CET ARTICLE ET PLUS ENCORE DANS NOTRE GUIDE PRATIQUE : Archivage physique et électronique : enjeux, méthodes et outils

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    Le 4e Forum de l’AAF, qui s’est déroulé en mars 2025, a insisté sur l’importance des archives dans notre société. Des thématiques fortes se sont dégagées lors de l’événement concernant l’évolution du métier d’archiviste, "avec une montée en compétences techniques et éthiques, le numérique et l’accessibilité, avec de nouveaux outils et autour des enjeux de conservation, et enfin le rôle citoyen des archives, comme preuves démocratiques et supports de mémoire collective".

    Face à ces grands enjeux, il nous semblait nécessaire d’interroger les professionnels pour connaître leur perception de ces mutations et pour faire un état des lieux de leurs conditions de travail.

    Rencontre avec l’archiviste "type"

    D’après l’enquête menée par Archimag, l’archiviste "type", hommes et femmes confondus, a entre 25 et 44 ans (37 % ont entre 25 et 34 ans et 27 % entre 35 et 44 ans). Il ou elle dispose d’un master 2 (66 %), travaille dans le secteur public (77 %), et ce en CDI (77 %) [voir graphique ci-après]. À noter, toutefois, que les 45-54 ans représentent 23 % de notre panel, que 22 % sont détenteurs d’une licence ou d’un master 1 et que 22 % déclarent être en CDD parmi tous les autres types de contrats (stage : 0,6 %, apprentissage : 0,6 %, intérim : 1,2 %, indépendants : 2,4 %).

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    À la question "depuis combien de temps occupez-vous ce poste ?", les professionnels témoignent de profils assez équilibrés : 23 % sont en poste depuis moins de deux ans, 26 % entre trois et cinq ans, 20 % entre six et dix ans et 25 % depuis plus de dix ans. En matière de rémunération, plus de la moitié des archivistes (57 %) indiquent gagner entre 20 et 34 k€ brut par an. 7 % des répondants touchent moins de 20 k€, 19 % entre 35 et 44 k€, et 16 % plus de 45 k€ brut annuels [voir graphique ci-après].

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    Plutôt satisfaits, mais peu valorisés

    Interrogés sur leurs conditions de travail, les répondants se disent principalement "assez satisfaits" (56 %). 20 % estiment même que leurs conditions sont "très satisfaisantes", tandis qu’à l’inverse, un archiviste sur cinq (21 %) juge les siennes peu satisfaisantes. Les archivistes se montrent assez optimistes sur leurs perspectives d’évolution à l’horizon de cinq ans (65 % ont répondu qu’ils évolueront "probablement" et "certainement").

    Si ces réponses sont globalement positives, la question de la valorisation du métier d’archiviste suscite plus de réserves : seuls 10 % des répondants considèrent que leur fonction est pleinement reconnue au sein de leur organisation et ils ne sont que 0,6 % (!) à se sentir reconnus à l’échelle de la société (médias, politique, événements…).

    Près de la moitié des archivistes (49 %) se sentent sous-estimés ou peu valorisés dans leur structure, un sentiment qui grimpe à 85 % lorsqu’il s’agit de leur place dans la société. Malgré tout, 77 % des répondants sont prêts à recommander leur métier à leur entourage.

    Des mutations technologiques

    Alors que les cas d’usage se multiplient, l’inévitable sujet de l’intelligence artificielle (IA) tient une place importante dans notre enquête. Pour 73 % des archivistes interrogés, les nouvelles technologies (de manière générale) vont engendrer des changements importants, mais graduels, d’ici cinq ans. Selon 15 % de notre panel, elles vont impacter très profondément et totalement le métier, contre 13 % qui n’envisagent peu ou pas de transformations [voir graphique ci-après].

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    13 % des archivistes se déclarent comme étant des utilisateurs réguliers d’IA et 40 % des utilisateurs ponctuels. Un tiers des professionnels souhaiterait l’exploiter davantage dans son métier, contre 14 % qui n’en voient pas l’intérêt. Parmi les principaux outils utilisés, les IA génératives "grands publics" et la reconnaissance optique de caractères (OCR) ont la cote auprès des professionnels [voir graphique ci-après].

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    De façon générale, les professionnels des archives pensent majoritairement (70 %) que les IA ont un impact positif sur leur métier tout en émettant quelques réserves : 10 % d’entre eux craignent notamment qu’elles menacent et suppriment des emplois.

    Par ailleurs, 83 % des archivistes ressentent un manque plus ou moins important de compétences ou de formation pour utiliser les nouvelles technologies (IA, logiciels spécialisés, etc.) dans leur travail (11 % estiment de leur côté être suffisamment formés et, à l’inverse, 6 % n’en ressentent pas le besoin). Cette tendance contraste avec le fait que 75 % des archivistes interrogés déclarent avoir bénéficié d’une formation au cours de ces deux dernières années.

    Parce qu’il n’y a pas que l’IA dans la vie

    Dans cette enquête, nous avons interrogé les professionnels des archives sur les principaux défis auxquels leur métier devra faire face dans les cinq prochaines années [voir graphique ci-après]. Les deux enjeux considérés comme les plus importants s’ancrent parfaitement dans notre ère digitale : 88 % des archivistes placent la préservation de l’authenticité et de l’intégrité des archives numériques au cœur de leurs préoccupations, tandis que la gestion de la masse croissante de données mobilise 76 % des professionnels.

    La sécurisation des données sensibles (67 %) et l’adaptation aux nouvelles technologies (63 %) représentent aussi des thèmes majeurs pour le futur des archivistes, sans oublier l’évolution du cadre juridique et réglementaire.

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    Pour cette question à choix multiples sur les grands enjeux des cinq prochaines années, nous avons également laissé la possibilité aux répondants de déposer des réponses spontanées. Plusieurs sujets remontent de cet espace d’expression : pour certains, il sera important "de faire respecter notre place par les DSI et les éditeurs de logiciels métier", "de réellement mettre en œuvre une politique de sobriété numérique" ou encore "de s’adapter aux besoins des producteurs et usagers".

    D’autres mettent en lumière la question de la pérennité des archives numériques et des stockages dans le temps, mais aussi des budgets. L’un des répondants dénonce "des moyens en baisse d’année en année devant une dématérialisation croissante et irraisonnée", tandis qu’un autre estime que "le changement des processus et la résistance face à ces transformations" constituent des enjeux à suivre.

    Enfin, un archiviste a rappelé combien la transparence et la fiabilité de l’information sont essentielles, s’il fait partie de l’essence même du métier, cet enjeu mérite d’être réaffirmé à l’ère de la post-vérité, face à la diffusion massive des fake news et à la montée en puissance des contenus générés par l’IA. 

    [Enquête réalisée auprès de 164 archivistes entre juillet et septembre 2025.]

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