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L'administration s'interroge face aux usages non encadrés de l'IA

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    L'usage de l'IA génère des gains en termes de temps, de qualité, et de réduction des erreurs (Magnific / Ambreen)
  • Selon un rapport de l'IGAS, les agents recourent à l'intelligence artificielle notamment pour automatiser des tâches documentaires. Mais ces usages ne favorisent gère la utualisation au sein de la fonction publique.

    Le « shadow IA » (usage spontané et non régulé de l'intelligence artificielle) pourrait concerner jusqu’à 40 % des agents publics. Selon un rapport publié par l’Inspection générale des affaires sociales (1), ce recours non encadré par la hiérarchie à l'intelligence artificielle révèle deux tendances de fonds : une appétence pour l'IA de la part des agents publics mais aussi des risques majeurs liés à la sécurité des données et à la fiabilité des décisions. 

    De façon très concrète, l'IA est utilisée pour des tâches de synthèse et de traduction. Les agents recourent aussi bien à des solutions généralistes (Gemini, Mistral…) qu'à des outils développées par ministères (« GenIAl », « MIrAI », « PIAG », etc.) ou des solutions métiers spécialisées (lutte contre la fraude, offres d’emploi, etc.). Problème : "dans cette période d’expérimentation foisonnante, la gouvernance et le pilotage nationaux ne favorisent pas les mutualisations" regrettent les auteurs du rapport. L'administration agit sans coordination et sans portage systématique au niveau des directions générales.

    Solutions d’IA documentaire

    Bonne nouvelle cependant, l'usage de l'IA génère bien des gains en termes de temps, de qualité, de réduction des erreurs, et de l'amélioration de la qualité de vie au travail. C'est particulièrement vrai pour le codage informatique et la gestion documentaire. Ainsi, l'utilisation des solutions d’IA documentaire par les agents pour « Services publics + » a permis de réduire les délais de réponse (de 19 à 3 jours en moyenne) tout en augmentant la satisfaction des usagers. De son côté, la direction des affaires juridiques des ministères économiques et financiers a divisé par deux le temps consacré à la recherche documentaire.

    Pour l’Inspection générale des affaires sociales, les usages de l'IA méritent donc d'être ajustés. Le rapport propose 13 recommandations dont la première relève du bon sens : mettre à disposition des agents publics des solutions d’IA « généralistes » sécurisées, dont le cadre d’usage serait défini par les administrations. Et parce que ces dernières sont un service public, les auteurs du rapport préconisent également d'associer les usagers à l'évaluation des gains générés par l'IA.


    (1) Rapport conjoint de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), de l’Inspection générale des finances (IGF) et de l’Inspection générale de l’administration (IGA).

     

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