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Cité de la céramique : un centre de ressources au service de l’art et du patrimoine

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    Delphine Valmalle, chargée de la bibliothèque et de la documentation au sein du service des archives et des collections documentaires à la direction déléguée aux collections. (Archimag)
  • Le service des archives et des collections documentaires du Musée national de la céramique et de la Manufacture de Sèvres conserve précieusement des trésors. Entre les rayonnages, des milliers de dessins, de plâtres, de livres, de documents et d’archives retracent plusieurs siècles d’histoire et de savoir-faire.

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    Lorsque l’on traverse le pont de Sèvres depuis Paris, la bulle de verre de la Seine Musicale, inaugurée en 2017, se dresse sur l’île Seguin, à gauche. À droite, les bâtiments du Musée et de la Manufacture de Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, s’imposent dans un tout autre style et semblent déjà raconter une histoire.

    "La manufacture et le musée sont réunis dans l’établissement public Sèvres - Cité de la céramique depuis 2010", précise Delphine Valmalle, chargée de la bibliothèque et de la documentation au sein du service des archives et des collections documentaires à la direction déléguée aux collections. "En 2012, l’établissement a accueilli le musée national Adrien Dubouché de Limoges et a pris le nom de Cité de la céramique - Sèvres et Limoges".

    reportage_manufacture_de_sevres-dessin_preparatoire.jpgDes fonds qui traversent les siècles

    C’est par la Grande Rue que l’on accède au bâtiment dédié aux archives, à la bibliothèque de la Cité de la céramique et aux collections documentaires, qui conserve des fonds d’une grande diversité sur plusieurs étages.

    Le service est composé de trois personnes : Delphine Valmalle, Véronique Guasco, archiviste et cheffe de service, et Florence Ramousse, archiviste, chargée de collections. "Nous avons la particularité d’avoir en charge des documents, mais aussi des milliers de plâtres et près de 50 000 feuilles d’arts graphiques (dessins et estampes) qui ont servi à la conception des modèles de la Manufacture", explique Delphine Valmalle. "Étant un établissement public, géré avec de l’argent public, nous nous devons de tout conserver." Reconnaissons d’ailleurs que l’étage dédié aux modèles en plâtre est impressionnant et vaut le détour !

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    Le service dispose aussi d’une bibliothèque composée de 10 000 ouvrages, d’une salle de lecture proposant environ 90 mètres linéaires de documentation en accès libre et 700 mètres linéaires d’archives, répartis dans différents magasins. Ces différents fonds traversent le temps : certains, datant du XVIIIe siècle, y sont conservés dans un état impeccable. "Nous avons la chance de disposer d’un fonds d’une telle richesse et qui a fait l’objet d’une préservation très tôt dans l’histoire de l’établissement", s’enthousiasme Delphine Valmalle. "Nous découvrons ou redécouvrons des pépites tous les jours !"

    Un service au cœur de la Cité

    Si certains documents et dessins témoignent des savoir-faire des différents artistes qui ont collaboré avec la Manufacture, le service des archives et des collections documentaires concentre aussi tout ce qui peut se référer aux arts du feu ou encore au marché de l’art. "Nous avons une salle de lecture ouverte au public sur rendez-vous", reprend Delphine Valmalle.

    Ici se croisent des marchands et des experts qui viennent retracer la provenance de certaines de leurs pièces avec des chercheurs et des étudiants en histoire de l’art. "Viennent également des particuliers qui souhaitent en savoir plus sur un objet hérité ou qui réalisent des recherches généalogiques, car nous conservons aussi les registres du personnel. Certains d’entre eux sont très précis, avec des descriptions physiques !"

    Le service des archives et des collections documentaires bénéficie d’une position transversale : il travaille aussi bien avec les services de conservation, de restauration ou des collections du musée qu’avec les ateliers de fabrication de la Manufacture.

    "Certains viennent nous voir pour s’inspirer de modèles passés, d’autres pour préparer des rééditions ou encore pour comprendre les intentions des artistes qui ont travaillé précédemment", complète Delphine Valmalle. En effet, juste derrière la salle de lecture, de larges boîtes accueillent les dessins préparatoires, avec des annotations manuscrites et des tests de couleurs. Ils témoignent aussi de l’évolution des styles artistiques à travers le temps.

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    Les fonds des bibliothèques et des archives ont été regroupés lors de la fusion de la Manufacture et du Musée de la céramique en 2010. "Ceux du musée ont été déménagés dans notre centre de ressources en 2018", poursuit Delphine Valmalle. "C’est ainsi que nous récupéré un fonds de 3 200 catalogues de vente, datant de 1850 à 2014, entassés en vrac dans des caisses, faute de force vive pour les traiter."

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    Ces catalogues sont venus compléter ceux de la Manufacture (7 500 catalogues), qui étaient déjà inventoriés, indexés et cotés sur un registre papier. "Nous sommes régulièrement sollicités pour ce type de documents, tant par les visiteurs du centre de ressources que par nos collègues des autres services. Certains de ces catalogues peuvent aussi être prêtés lors d’expositions. C’est le cas pour celle qui aura lieu en avril 2026 : "Sèvres, une passion Rothschild - De Paris à la Villa Ephrussi"", précise la responsable de la bibliothèque et de la documentation.

    Trier, indexer et numériser

    Le traitement des catalogues de vente du musée a débuté par un dédoublonnage. "Le chantier a démarré en juillet 2025 et s’est achevé mi-novembre", indique Delphine Valmalle. "Les caisses étaient entreposées le long des allées !" Ainsi, un tableau d’enregistrement a été créé, ainsi qu’un numéro d’inventaire et une cote spécifique pour ce fonds. Le service a fait appel à la société Grahal pour l’épauler sur ce chantier.

    "Deux catalogueuses (une seule à la fin de la mission) sont venues chez nous pour travailler sur les 3 200 catalogues de vente", poursuit-elle. "Il fallait les classer par années, ce que j’ai fait avant l’arrivée des catalogueuses, mais aussi les mettre en boîtes, créer chaque notice et les indexer sur notre SIGB. Nous faisons aussi partie du Réseau des bibliothèques des musées nationaux, dont le catalogue collectif est consultable en ligne."

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    Faute de temps et de moyens, le service des archives et des collections documentaires se contente d’offrir les meilleures conditions de conservation possibles aux documents, sans réaliser de restauration. "C’est un travail assez classique pour nous, mais nous avons découvert des pépites, comme à chaque fois", explique Delphine Valmalle. "Les catalogues contenaient parfois des courriers et étaient truffés d’annotations manuscrites très intéressantes". 

    Pour la partie catalogue, le prochain chantier sera consacré au fonds de la Manufacture. "Des fiches cartonnées ont été réalisées au fur et à mesure des catalogues", reprend Delphine Valmalle. "L’étape suivante consistera à les cataloguer de la même manière que le fonds du musée." Sûrement l’occasion de redécouvrir des trésors… 

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